Le fromage : allié des coureurs de longues distances

Véritable élément de notre patrimoine culinaire, le fromage est très apprécié par les français. C'est un aliment qui contribue à la couverture des besoins nutritionnels mais qu’il est bon de consommer avec modération… Sauf en course. Décryptage.

fromage

Le fromage et ses apports nutritionnels

Comté, Abondance, St Nectaire, Camembert, Chèvre, Tomme de brebis… Le fromage a une réputation d’aliment diabolique favorisant la prise de poids du fait de sa teneur en graisses. Ce qui est le cas lorsqu’il se rajoute à une alimentation au préalable déséquilibrée, associant pain et alcool en excès.

Mais le fromage contribue chez ceux qui en consomment, à la couverture de leurs besoins nutritionnels. C’est en effet une source de calcium, de phosphore, de sodium et de vitamines A, D et B6. Mais c’est aussi un aliment qui fournit une part non négligeable de protéines, dans lesquelles figurent tous les acides aminés y compris les huit – acides aminés – indispensables au fonctionnement de l’organisme.

Et sa réputation de rendre accro ?

Comme d’autres aliments, il stimule un système de récompense (« j’aime et j’éprouve du plaisir à en manger et en remanger ») dans le cerveau. Il contient en effet des casomorphines, petits fragments de protéines, issues de la digestion de la caséine, protéine du lait. Ces substances se déposent dans le cerveau sur des récepteurs à drogues.

Parler d’addiction à propos du fromage est quand même exagéré mais on peut évoquer à son sujet, comme pour d’autres aliments, un comportement alimentaire de nature addictive. Il est vrai qu’associé à un vin de choix, ou dégusté avec une belle tranche de pain artisanal, cet aliment déclenche une satisfaction bien réelle : le plaisir à avoir du gras et de l’onctuosité en bouche, les odeurs d’un fromage affiné, le souvenir de son goût sont autant de stimuli qui entretiennent l’envie d’en manger et provoque une forme d’addiction comportementale chez certaines personnes.

Et pour les coureurs ?

Pour les coureurs et particulièrement ceux qui participent à une épreuve de longue durée, cet aliment est un véritable allié. C’est pourquoi il figure sur les ravitaillements. Il réunit en effet toutes les caractéristiques propres à une alimentation durant l’effort. Le fromage apporte du gras (ce qui contribue à fournir du carburant énergétique), des protéines (y compris des BCAA), du sel (ce qui casse l’écœurement du sucré) et d’autres minéraux (dont calcium, sodium : limitant ainsi les pertes sudorales en électrolytes) et en plus, il procure du plaisir lors de son ingestion (voir paragraphe précédent).

Mon conseil : La portion habituelle de fromage s’élève à 30 g. Évitez d’en manger à chaque repas, car c’est un aliment riche en sel et en lipides en majorité saturés. Les dîners plateaux fromage/charcuterie sont à limiter, adoptez en alternative le plateau fromages/fruits (raisin, poire, figue…). En revanche, manger du fromage plutôt au petit-déjeuner et de temps en temps est un bon moyen de gérer son poids tout en bénéficiant de ses protéines et de son calcium. En course, sur les postes de ravitaillement, n’hésitez pas dans la mesure où votre estomac le permet, à piocher régulièrement dans cette manne alimentaire pour la gestion énergétique de vos efforts.

Corinne Peirano (Expert Lepape-info Diététicienne-nutritionniste, http://corinne-peirano.wix.com/dieteticienne-paris)

Réagissez