La Loire à Vélo : d’Angers à Tours au bord du grand fleuve

La Loire à vélo est sans doute l’itinéraire cyclotouriste le plus célèbre de France. En terme de fréquentation, il est même le second d’Europe derrière la route qui suit le Danube. Avec son patrimoine architectural, ses châteaux, ses vignobles et bien sûr la majesté du plus grand fleuve de France, cette vélo-route a plus que des atouts pour attirer encore et encore. Nous avons testé l’itinéraire sur la portion Angers-Tours, en ce début de printemps pluvieux.

Vélo Loire Sylvain Bazin

La Loire à vélo est un grand classique. Elle attire, depuis un peu plus de dix ans, des milliers de cyclistes venus de France mais aussi d’Europe, d’Amérique et maintenant d’Asie. Partie intégrante de l’Euro-véloroute 6, qui va jusqu’en Roumanie, elle est le parcours cyclo touristique le plus emprunté en France: plus de 800 000 cyclotouristes chaque année! Bien entendu, ce succès a généré beaucoup d’aménagements spécialement conçus pour le bon accueil et le confort des cyclistes: hébergements labélisés “accueil vélo”, signalétique, pistes cyclables protégées, stations de gonflage et de réparations… Tout est bien pensé pour la pratique du vélo! Je n’avais encore jamais vraiment parcouru un tronçon de cette célèbre vélo-route. En ce début de printemps, un passage chez mon frère était la bonne occasion pour combler cette lacune. Il habite Bouchemaine, près d’Angers. Dix heures du matin, un samedi pluvieux, c’est parti pour une balade de 130 kilomètres environ qui doit me conduire jusqu’à Tours.

De Bouchemaine à Saumur : calmes bords de fleuve et verts vallons

Il fait vraiment un temps à ne pas mettre un cycliste dehors lorsque nous enfourchons nos montures mon frère Florent, notre ami d’enfance Xavier et moi, depuis les bords de la Maine, sur la rive de Bouchemaine. Ce ne sera sans doute pas la foule des grands jours sur la Loire à vélo!

La pluie n’est certes pas la meilleure alliée du cycliste. Nous sommes assez vite trempés, malgré notre équipement adapté aux conditions. Néanmoins, ce début de parcours, la plupart du temps le long de pistes cyclables agréables entre le fleuve et la campagne, ne nous fait pas regretter d’être partis.

Dans cette première partie de notre parcours, nous suivons plutôt, après les Ponts de Cé, les bords d’un petit canal latéral que ceux du grand fleuve, mais le paysage est calme et reposant. Les premiers villages du parcours offrent des architectures typiques du Maine et Loire et des toits d’ardoises. Un peu plus tard, nous doublons la petite ville de Saint-Mathurin sur Loire. Là, nous rejoignons à nouveau les bords du fleuve, qui semble entièrement envahi par la brume. Cela reste beau, presque poétique, mais bien entendu ça serait plus agréable sous le soleil!Loire vélo Sylvain Bazin

Toutefois les rives sont bien paisibles en ce frais matin de début de printemps. Quelques tours de roues plus tard, le soleil daigne enfin se montrer, timidement d’abord, derrière les nuages. Le fleuve apparaît ainsi mieux éclairé : nous pouvons en détailler les contours, les petites îles et les bancs de sable. Le débit est bon : c’est vrai qu’il a bien plu ces derniers temps.

Nous roulons assez bien, à près de 20 km/h de moyenne, ce qui est assez rapide pour une randonnée. Mais je ne dois pas trop traîner car l’étape est plutôt longue et je dois reprendre le dernier train où il est possible de monter avec un vélo pour Poitiers, à 18h30. La pluie ne nous encourage pas non plus à des arrêts et des contemplations trop longs et fréquents. Nous prenons quand même le temps d’apprécier les lieux, d’admirer aussi les premières belles propriétés viticoles et les villages historiques qui commencent à fleurir de plus en plus en bordure des rives. Le Saumurois s’annonce.

Après Montreuil-Bellay, un choix d’itinéraire s’impose à nous : passer par la rive gauche ou la rive droite pour atteindre Saumur. Nous optons pour la deuxième solution, qui s’avère être assez largement la plus sportive des deux: les kilomètres suivant nous font grimper assez haut sur les coteaux, le fleuve n’est alors plus très souvent en vue mais la campagne est belle, redescendre puis remonter encore.

Mes deux compagnons doivent me quitter un peu avant Saumur. Mon frère est victime d’un petit souci mécanique. Nous en profitons pour pique-niquer rapidement et je les laisse réparer tranquillement: je ne peux pas m’offrir aujourd’hui de pause trop longues. Néanmoins, cette petite halte improvisée dans les bois n’est pas désagréable et le soleil brille enfin.

Quelques petites pentes plus tard (c’est sans doute une des zones les plus « sportives » de la Loire à vélo, mais on reste loin du grand prix de la montagne!) et me voici à l’entrée de la ville de Saumur. C’est jour de marché.  Je descends un instant de mon vélo pour me faufiler entre les badauds dans les rues piétonnes du coquet centre-ville de la cité du cadre noir et des vins de Loire.  J’admire un petit instant les monuments, puis le château qui domine la Loire.

De Saumur à Tours: entre grottes et châteaux.

Il est temps ensuite de poursuivre mon périple fluvial. Le parcours de la Loire à vélo fait cependant quelques infidélités, là encore, aux rives du fleuve, pour mieux faire découvrir les maisons troglodytiques et les belles demeures des domaines viticoles qui se comptent dans les environs immédiats de Saumur.Loire Vélo Sylvain Bazin

Ensuite, elle emprunte des pistes cyclables très calmes tout au bord du grand cours d’eau. Je peux en admirer les bords sauvages, la majesté de ce large fleuve qui semble encore couler librement dans toute l’étendue de son lit. Les îlots le peuplent, les méandres et les bancs de sable l’animent. Je roule aussi sur quelques portions de chemins de terre, assez boueuses aujourd’hui, qui donnent un petit côté « VTT » à ma randonnée. La nature s’éveille doucement au printemps. Les jeunes feuilles, d’un vert très clair, ponctuent les branches des arbres.

C’est vrai, mon après-midi se déroule sous un bon rythme, un peu plus rapide que celui du cyclotouriste classique. Je m’arrête tout de même parfois pour admirer le fleuve, les beaux villages ou les belles propriétés. Peu avant Tours, une belle vue sur le fameux château de Villandry s’offre à mes yeux. Pour la visite des jardins, ce sera pour une prochaine fois car je dois encore rouler jusqu’au centre-ville de Tours, à une petite quinzaine de kilomètres de là.

L’entrée dans la ville se fait très agréablement, par des pistes cyclables et des bonnes pistes qui emmènent les cycliste jusqu’au centre presque jamais au contact du trafic automobile.

De quoi rouler sereinement et apprécier encore les derniers kilomètres, qui ne délaissent guère le fleuve, jusqu’à rejoindre la capitale de la région Centre Val-de-Loire, dans laquelle j’étais déjà venue à vélo cet été, mais par l’autre côté, en venant de la vélo-route du St Jacques. Mon petit doigt me dit que je reviendrai encore à Tours sur deux roues, tant il est bon de rouler au bord de la Loire!

La Loire à vélo d’Angers à Tours en bref

  • 140 kilomètres
  • Une grande majorité de pistes cyclables, quelques tronçons sur route (“partageons la route” disent les panneaux), quelques tronçons sur chemins stabilisés.
  • Parcours assez plat et facile (un peu moins par la rive droite avant Saumur)
  • Très bon balisage
  • Quelques sites remarquables : Bouchemaine, Angers (château et vieille ville), Saint-Mathurin sur Loire, château de Brissac, château et centre-ville de Saumur, propriétés viticoles des vins de Saumur, maisons troglodytiques, Fontevreau l’Abbaye, Chinon (variante), château d’Azay-le-rideau (à proximité), château de Villandry, centre-ville de Tours.

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