Jean-Pierre Watelle : « Je n’ai pas l’impression que le cross meurt »

Alors que les courses sur route et le trail semblent faire recette au détriment du cross, l’exemple du cross de l’Acier, qui s’est déroulé ce dimanche à Leffrinckoucke (59) montre que la course dans les labours peut encore avoir un avenir. C’est en tous les cas ce que pense Jean-Pierre Watelle, directeur de la Ligue d’athlétisme des Hauts-de-France, organisateur du cross de l’Acier.

Le cross de l'Acier 2016 © Romain Donneux
Le cross de l'Acier 2016 © Romain Donneux

Lepape-info : Jean-Pierre, que représente tout d’abord le cross de l’Acier ?

Jean-Pierre Watelle : Le cross de l’Acier est une institution dans le Nord-Pas-de-Calais. Ça fait 27 ans qu’il existe. Ce cross a été mis sur pied par l’association du cross de l’Acier, présidée par Raymond Obert. Quand Raymond a souhaité passer la main, la Ligue d’athlétisme du Nord-Pas-de-Calais (aujourd’hui Ligue des Hauts-de-France) s’est montrée intéressée.

Lepape-info : Quel est le bilan de cette édition 2016 ?

J-P. W : On n’a pas révolutionné ce cross. On a fait des petits changements qu’on estimait intéressants. Ça semble marcher puisqu’on a eu deux courses élites très fournies avec 60 femmes et 130 hommes. Et on a surtout eu 800 coureurs qui ont participé à la course populaire. Sur l’ensemble de la journée, ça fait 2 300 inscrits. Pour nous, c’est quelque chose de très positif. On a de très bons espoirs pour que le cross continue à exister encore au moins vingt ans !

Lepape-info : Quels sont ces petits changements dont vous parlez ?

J-P. W : On a surtout communiqué sur le fait qu’on ouvrait les courses des As à tout le monde. On a également concentré le programme pour éviter que ça ne dure trop longtemps en incluant la course populaire entre les deux courses des As. Enfin, les inscriptions étaient gratuites et on a offert un t-shirt et une récompense à tous les participants. On essaie que ce soit quelque chose de convivial.

Lepape-info : Ces changements ont pour objectif de relancer le cross qui semble mourir à côté des nouvelles pratiques comme le trail ou les courses sur route ?

Je n’ai pas l’impression que le cross meurt. Aujourd’hui (dimanche 27 novembre), avec 800 coureurs au départ du cross populaire, on ne peut pas dire que le cross meurt. Le trail marche, les courses Nature marchent, donc pourquoi le cross ne marcherait-il pas ?

Le cross reste une course nature. Il n’y a aucune raison pour que ça ne fonctionne pas. Il faut simplement communiquer différemment. Il ne faut pas dire aux gens : « le cross c’est difficile, c’est quelque chose d’inabordable ». Evidemment que c’est abordable pour tout le monde ! Ce n’est pas plus compliqué de faire cinq ou six kilomètres en cross que de faire un 20 km sur la route. S’il y a 40 000 personnes qui font un marathon, on ne va pas me dire qu’il n’y a pas 40 000 personnes qui peuvent faire au moins un cross par an.

Lepape-info : Quelles sont vos ambitions pour les années futures concernant ce cross de l’Acier ?

J-P. W : L’objectif est qu’on le fasse vivre. Quand on a repris ce cross, le but n’était pas dans faire quelque chose de moins bien. Je n’ai pas la prétention d’en faire quelque chose de beaucoup mieux, mais si on y arrive, tant mieux. L’objectif est d’en faire une vraie fête populaire.

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