Julien Wanders : « J’assume ma tactique »

Article écrit par Quentin Guillon, à Lisbonne

10,22km en 30 minutes pile. Soit un passage aux 10 bornes en 29’25’’ et quelques sur ce parcours spectaculaire lisboète : cela dit la performance affolante et le rythme impressionnant imprimé par le Suédois Robert Fsiha, pas un inconnu puisqu’il avait pris la 17e place (et 1er Européen) des Mondiaux l’année dernière. Julien Wanders avait dynamité la course, dès le départ, à environ 2’50’’ au kilo. Il a ensuite connu un énorme trou noir, de deux tours, avant de revenir sur la fin, pour terminer à quelques secondes du podium. Virevoltant (comme la semaine dernière lors de la course de l’Escalade à Genève où il avait estoqué l’Ethiopien Barega -12’52’’ sur 5 000 m), et ahurissant sur la route, parfois même trop, il est moins à son avantage en cross.

Photo : swissathleticsfederation
Photo : swissathleticsfederation

Comment analysez-vous votre course ?

C’était très dur. J’ai payé au prix fort ce départ rapide. J’étais bien et d’un coup, j’étais KO pendant deux tours. J’étais spécialement à l’aise dans les montées, moins dans les descentes. Sur la fin, j’ai retrouvé le souffle du semi-marathonien et j’aurais encore pu faire un tour. J’ai un petit regret, il ne manque rien pour revenir sur Yema (Yemaneberhan Crippa), et terminer sur le podium. J’ai poussé très fort pour le rattraper. Mais l’arrivée était en descente : même s’il était cramé, il a pu finir troisième. 

 

La course aurait-elle été différente si vous étiez parti plus lentement ? 

Je n’aime pas refaire la course. C’était ma tactique, j’assume. Evidemment, cela m’a mis dans le dur, mais j’ai mis aussi mis dans le dur d’autres coureurs, comme (Filip) Ingebrigtsen (vainqueur l’an dernier, et 12e cette année) qui aime finir fort. On ne saura pas. 

 

Vous vous étiez préparé pour ces championnats d’Europe ?

Je n’avais pas vraiment fait de séances spécifiques. A Iten, les terrains sont très vallonnés. Je suis donc quand même habitué à ces relances. Je n’ai pas préparé ces championnats d’Europe comme un gros objectif. C’était comme ça, en passant..

 

Cela faisait quatre ans et une 12e place chez les juniors à Hyères-Toulon que vous n’aviez pas participé aux championnats d’Europe de cross. Qu’est-ce que cela fait de retrouver les labours ? 

C’est sympa mais c’est très dur. J’avais oublié que c’était très différent de la route, avec beaucoup de montées et de descentes. Il faut constamment changer de rythme. Depuis quatre ans, je voulais changer et aller sur la route. Là, j’avais envie de changer de nouveau et de revenir au cross pour voir pour voir à quel point j’avais progressé. 

 

Qu’est-ce qui différencient la route et le cross ? 

Je me sens mieux sur la route : ma foulée est assez longue, assez relâchée. Sur le cross, j’ai encore du mal à changer de rythme, mais c’est en train de s’améliorer. 4e, c’est de loin mon meilleur résultat international. Même si ce n’est pas le podium, j’ai fait de gros progrès. Les meilleurs européens, les spécialistes de cross, sont là. Je commence à aimer ça depuis que je suis au Kenya. Il y a encore du travail.

 

Quels sont vos prochains objectifs ?

Je vais faire mon retour sur la route. Je fais une course à Sion en Suisse la semaine prochaine. Après, je vise un 10 km rapide à Valence début janvier, puis un semi-marathon, je ne sais pas encore lequel. Les championnats du Monde de semi-marathon seront aussi mon prochain gros objectif.

 

 

Vous détenez de stratosphériques records d’Europe sur 10 km (27’25’’) et semi-marathon (59’13’’). Ce sont aussi les records de Suisse et de France puisque vous avec la double nationalité. Les records de France, cela vous parle ? 

Pour être clair, ce sont des records de Suisse avant d’être des records de France. C’est cool d’avoir les records de France car le niveau est plus relevé, mais ce sont avant tout des records de Suisse. 

 

 

1 réaction à cet article

  1. Iten c’est au Kenia, non ?
    Le même Kenya qui est régulièrement concerné par les affaires de dopage ?

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