Record du GR10 pour Erik Clavery

Parti le 5 juillet à 18 heures de Banyuls sur la côte méditerranéenne, le nantais Erik Clavery est arrivé à Hendaye vers 3h30 du matin ce mercredi 15 juillet, abaissant le record du GR 10 de Thierry Corbarieu de plus de 3 jours. Voici les premiers détails de cette incroyable épopée.

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Même si Erik Clavery s’était programmé pour 10 jours de traversée, il caressait le secret espoir de toucher l’océan le jour de la fête nationale. Mais la fatigue accumulée au cours d’une grosse semaine d’efforts ne lui a pas permis de dérouler sur une dernière partie assez roulante. Peu importe, le pari est réussi, d’autant que sur un tel parcours, peu de spécialistes lui accordaient une réelle chance de rallier l’arrivée, surtout après une longue période de confinement qui l’a privé d’entraînement en terrain spécifique.

 

 

Adaptation, clé de sa réussite

 

Erik est un coureur d’ultra endurance très expérimenté. Champion du monde de trail en 2011, 6ème et 8ème de l’UTMB, deux fois 4ème au GRR, champion de France et recordman de France de 24 heures, il a démontré de grosses qualités physiques sur tous les terrains. Pourtant, il savait que cela ne suffirait pas sur un tel projet. C’est pour cela qu’il a investi le champ des habiletés mentales depuis de longues années, par la pratique personnelle et par la formation continue. Ce « mental » est aujourd’hui un atout majeur de sa réussite, un véritable catalyseur de performance. Car en effet, même si ce projet est mûri depuis de longues années et préparé intensivement depuis 9 mois, tout ne pouvait se dérouler comme prévu. Dans notre précédent article, « Les pyrénées en mode record », Erik annonçait vouloir réaliser une première étape de 160 km. Mais la chaleur et la technicité du parcours du pic du Canigou en ont décidé autrement. Finalement, cette première étape fera 125 km, dont 40 kms de cailloux, et nécessitera une réorganisation du projet. En beaucoup d’autres passages, en raison du terrain, de la météo ou de la fatigue, Erik a dû réajuster ses prétentions et composer avec le réel.

 

 

Un ultra par jour

 

En validant les 860 km et 55000m d+ de traversée en 9 jours, 9 heures et 30 minutes, Erik a parcouru quotidiennement en moyenne 90 km et 6100 d+/d-, et cela 9 jours de suite. Comment s’est-il organisé ? Mise à part la première nuit où il a continuellement progressé, il s’est ensuite autorisé des nuits de 4h à 5h, en stoppant son effort vers 11h et en repartant vers 4h du matin. En journée, il s’est permis des micro-siestes de 20-30 minutes maximum. En moyenne, il a donc progressé environ 18 heures par jour. Tous ceux qui l’ont suivi sur une étape ou simplement une ascension ont été étonnés par sa vitesse de progression. Environ 4 km/h dans les montées raides, des relances systématiques sur le plat et les faux-plats montants, les descentes dans la maîtrise. La moyenne finale de pratiquement 4 km/h reste impressionnante compte tenu du dénivelé et des temps de pause. Autre chose à signaler, Erik a porté pendant toute la traversée l’ensemble de son matériel et a suivi scrupuleusement le tracé du GR10, balise + GPS à l’appui. 

Côté météo, on pourra dire que la montagne l’a laissé passer. A la chaleur des premiers jours ont succédé quelques orages et de la pluie forte à partir du 9 juillet. Mais à part un abri forcé en refuge pendant 20 minutes, cela n’a pas ralenti la progression d’Erik. 

 

 

Pas de record sans assistance au top

 

Bien entendu, on ne peut se lancer dans une telle aventure sans en organiser les moindres détails et sans une assistance expérimentée. La pierre angulaire de cette assistance est sa femme Céline qui conduit le camping-car, prépare les repas, remonte le moral et l’a même accompagné sur quelques portions. Et aussi Marion la kiné qui a réparé les petits bobos et l’a gardé en condition jusqu’au bout. Bref, c’est une aventure plus solidaire que solitaire. 


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Beaucoup de coureurs et d’amis sont venus partager cette aventure avec Erik car au-delà du défi, c’est bien cette communion que recherchait Erik, comme la plupart des ultra-trailers, communion avec la nature et avec les autres. 

 

Nous laisserons plus tard à Erik le soin de narrer cette aventure de l’intérieur mais nous pourrions conclure sur cette citation de Mark Twain : « Ils ne savaient pas c’était impossible, alors ils l’ont fait ». La motivation d’Erik Clavery vient un peu de là, de la nature apparemment impossible des projets et qui le pousse à accomplir des exploits.

Record à battre !

 

1 réaction à cet article

  1. Erik est un exemple de persévérance, de travail et de positive attitude. Il est à part dans le monde du trail et simplement proche des gens.
    Le Grand Besançon Trail Académie est heureux pour lui et lui envoie ses plus respectueuses félicitations… GOOD JOB !

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