Émilie Morier : « J’ai découvert pendant ces longs mois que l’entraînement était une vie que j’aimais, ce fut une bonne surprise. »

Le Grand Prix de Triathlon (le championnat de France des clubs de 1ère Division) est enfin de retour. Ce samedi, à Châteauroux place à la première étape d'une saison forcément pas comme les autres en raison de la pandémie de coronavirus et réduite à seulement trois rendez-vous avec ensuite le week-end du 5 septembre à Quiberon et celui du 3 octobre aux Herbiers. Émilie Morier (Issy Triathlon), championne du monde espoirs et championne du monde de relais mixte l'an passé avec l'équipe de France retrouve la compétition motivée comme jamais. Entretien.

Emilie Morier lors du test-event de Tokyo en 2019 (crédit: Fédération Française de triathlon)
Emilie Morier lors du test-event de Tokyo en 2019 (crédit: Fédération Française de triathlon)

Lepape-info : Émilie, comment vous sentez-vous avant cette grande reprise à Châteauroux ?  

Émilie Morier : C’est un réel bonheur car s’entraîner un hiver c’est déjà long mais là jusqu’à l’été sans compétition cela devenait difficile. Mettre enfin en application sur une compétition ce que l’on a fait à l’entraînement c’est une satisfaction. C’est assez excitant de pouvoir retrouver tout le monde et d’être sur un triathlon, c’est pour être performant le jour J que l’on a une rigueur au quotidien.

 

Lepape-info : Qu’espérez-vous de cette première étape à Châteauroux ?   

E.M : J’adore lorsque la densité est de grande qualité, le niveau est international. J’attends de cette reprise le plaisir de courir à nouveau avec les meilleures, le triathlon est la discipline qui m’anime. Je veux voir également où j’en suis parce que j’ai eu un hiver très rigoureux, dense et assez constant. La préparation n’a jamais été aussi longue, ce fut un peu déstabilisant et en même temps on se dit que l’on ne peut pas être plus prêt que cela. On a jamais arrêté de s’entraîner même pendant le confinement. C’est excitant de savoir quels paliers ont été franchis pendant tout ce temps et de se dire qu’on a fait une double préparation et qu’il y’aura peut-être une double surprise à la fin. Seule la compétition nous permettra d’en juger.

 

Émilie Morier : « Tout le monde a envie de recourir, il y’a eu 3 mois de vraie reprise d’entraînement, le Grand Prix de Triathlon à Châteauroux a sa place et ce retour des compétitions est une vraie bonne nouvelle. »     

 

Lepape-info : Avec votre club d’Issy Triathlon vous arrivez à Châteauroux avec des ambitions  

E.M : Issy Triathlon ne fait jamais une équipe pour faire un TOP 5 à chaque fois nous visons le podium. Nous pourrons compter sur l’Espagnole Carolina Routier qui sera indispensable, Audrey Merle qui remonte bien la pente après des problèmes de santé et sa sœur Célia sans oublier Lou Berland pour compléter l’équipe.

 

Lepape-info : Ces derniers mois ont t-ils été difficile à gérer psychologiquement ?    

E.M : Non pas vraiment, cela m’a étonné. Je pensais qu’à un moment je ne serais peut-être plus assez motivée pour être aussi impliquée lors des séances mais j’ai découvert pendant ces longs mois que l’entraînement était une vie que j’aimais, ce fut une bonne surprise. J’ai réalisé que j’étais bien à la place où je devais être avec ce mode de vie avec notamment l’objectif de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo en ligne de mire même si les JO ont été reportés. Pendant le confinement j’étais avec d’autres triathlètes dans les Landes avec un bassin de 25 m dans le jardin, l’application connectée Zwift pour les séances de vélo et un tapis roulant pour la course à pied. Nous étions dans de bonnes conditions, en plus le département des Landes a été peu touché par le coronavirus. Psychologiquement j’ai été très protégée dans cette situation inédite, je suis resté dans ma dynamique d’entraînement.

 

Lepape-info : Comment avez-vous vécu le report des Jeux Olympiques de Tokyo ? 

E.M : Un peu comme une chance, j’ai 23 ans, l’âge de la maturité en triathlon est vers 26-27 ans, je suis en pleine progression, l’année 2019 fut très bonne pour moi. Une année de préparation et de confiance en plus c’est toujours bien. J’ai essayé de mettre beaucoup de choses en place pour optimiser mon entraînement et mes performances.

 

Lepape-info : La reprise des compétitions est très importante à tout point de vue 

E.M : Même si l’on se demande parfois si le sport a sa place vu l’évolution de la situation sanitaire, c’est très important que l’on puisse refaire des compétitions en respectant les règles mises en place. Pour moi Châteauroux et la manche WTS de Hambourg dans 2 semaines qui servira de championnat du monde en individuel et avec une épreuve de relais mixte me servira à évaluer ce qui a été validé après ces longs mois d’entraînement. Le besoin de compétition pour un athlète de haut niveau est primordial, cette courte période avec quelques triathlons est importante avant de repartir l’hiver prochain à l’entraînement. Tout le monde a envie de recourir mais il y’a des inégalités entre les uns et les autres car tout le monde n’a pas pu s’entraîner de la même façon pendant le confinement. Heureusement il y’a eu 3 mois de vraie reprise d’entraînement, le Grand Prix de Triathlon à Châteauroux a sa place et ce retour des compétitions est une vraie bonne nouvelle.

 

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