Froid et entraînement font-ils bon ménage ?
Pas toujours facile de partir s'entraîner lorsque les températures flirtent avec zéro degré... D'ailleurs, quels sont les effets du froid sur notre organisme et nos performances ? Yannick Guillodo, médecin du sport, répond à la question d'un internaute.
La question : Quel est l’impact des températures basses de l’hiver sur les performances à l’entraînement (VMAVMA (vitesse maximale d’aérobieAérobie (seuil d’) : C’est le seuil d’enduranceEndurance : capacité à maintenir un niveau de vitesse et d'intensité sur la durée.. C’est la vitesse à laquelle le sportif peut courir des heures car l’oxygène respiré est suffisant pour nourrir l’organisme sans recourir au glycogèneGlycogène: forme sous laquelle les hydrates de carbone sont stockés dans l'organisme. Il existe deux zones principales de stockage du glycogène: le foie et les muscles.Lorsque les réserves de glycogène sont épuisées, le coureur fatigue, "tape le mur", "explose" . Pour remplir les réserves au maximum, il faut suivre un régime riche en hydrates de carbones avant une compétition.. Cela correspond à 70% de la FCMAx. ): vitesse à laquelle un coureur atteint la VO2Max. Le sportif court à son maximum et consomme un maximum d’oxygène afin d’alimenter les muscles. Ce genre d’allureAllure: mesure de vitesse de course généralement exprimée en minutes par kilomètre. ne peut être maintenu en moyenne qu’entre 4 et 8 minutes. Cette donnée est une indication importante afin de connaître ses limites dans la constitution d’un plan d’entraînement mais aussi pour apprécier le potentiel d’un coureur. D’ailleurs, les plans d’entraînements sont construits en fonction des pourcentages de VMA., FCMFCM (fréquence cardiaque maximale): C’est la fréquence cardiaque maximale que vous atteignez lorsque vous poussez votre organisme au maximum, c’est à dire la vitesse maximale de battement du cœur durant 1 minute. Cette donnée est utilisée pour la conception de plans d’entraînement avec d’autres données telles que la FC de Repos ou la FC de réserve.
Il existe deux méthodes de calcul :
La méthode Astrand : 220 – âge /- 10 pulsations. Méthode controversée car parfois trop éloignée de la réalité cependant, peut être utilisée par les débutants.
la méthode en immersion : mesurer sa FCMax grâce à un cardiofréquencemètre durant l’effort après une augmentation de l’intensité progressive., etc…) ? Doit-on revoir à la baisse ses seuils lorsque les températures flirtent avec les 0°C ?
La réponse de Yannick Guillodo, médecin du sport
La réponse est non. La température que vous donnez est tout à fait raisonnable.
Les facteurs de variabilité de la VO2 maxVO2 Max (volume d’oxygène maximum) : C’est le seuil maximal concernant la dépense physique. Au-delà de ce palier, vos poumons ne sont plus capables de répondre à la demande en oxygène de votre organisme. En d’autres termes, la VO2Max est votre vitesse maximale. Celle-ci peut être travaillée par le biais d’entraînements spécifiques. sont :
- Le sexe : la VO2 maxVO2 Max (volume d’oxygène maximum) : C’est le seuil maximal concernant la dépense physique. Au-delà de ce palier, vos poumons ne sont plus capables de répondre à la demande en oxygène de votre organisme. En d’autres termes, la VO2Max est votre vitesse maximale. Celle-ci peut être travaillée par le biais d’entraînements spécifiques. est plus petite chez la femme, même à taille et à poids égaux, par rapport à l’homme.
- L’âge : la VO2 maxVO2 Max (volume d’oxygène maximum) : C’est le seuil maximal concernant la dépense physique. Au-delà de ce palier, vos poumons ne sont plus capables de répondre à la demande en oxygène de votre organisme. En d’autres termes, la VO2Max est votre vitesse maximale. Celle-ci peut être travaillée par le biais d’entraînements spécifiques. augmente progressivement au cours de l’enfance et de l’adolescence pour atteindre sa valeur la plus élevée entre 20 et 30 ans. Puis une régression, variable en fonction de la régularité de l’entraînement, s’installe.
- L’entraînement : c’est une évidence.
- L’environnement : l’altitude entraîne une baisse de la VO2 max, du fait d’une altération de la capacité de transport de l’oxygène (moins 15 % à 3000 m d’altitude).
La température, dans des conditions extrêmes (très forte chaleur, froid intense), joue un rôle sur la capacité de thermolyse. Je m’explique : vous savez que lorsque vous courez, le rendement énergétique est très mauvais puisque simplement 20 % de votre énergie sont utilisés pour le déplacement et 80 % de l’énergie apparaissent sous forme de chaleur. Même à 0°C de température extérieure, la température centrale de votre corps s’élève (moins rapidement que lorsqu’il fait 35°C, c’est vrai)) et il vous faudra évacuer cette chaleur, d’où la présence de sueurs, malgré la température extérieure basse. Vous voyez donc que cette température extérieure, au niveau où vous la donnez (proche de 0°C), a très peu d’influence sur vos capacités aérobies.
Loin de moi l’idée de dire que le froid n’a aucune influence. On peut déclencher certains phénomènes vasculaires par une mauvaise adaptation de l’organisme aux températures basses. Il s’agit notamment du syndrome de RaynaudVasoconstrictionDiminution du calibre des vaisseaux sanguins. (fermeture des vaisseau sanguins) distale qui se caractérisent par la blancheur des doigts qui peuvent devenir douloureux. (extrémités froides). La préparation au froid est difficile à manier car les possibilités d’acclimatation au froid de l’homme sont assez faibles. Mais on parle ici de grand froid …
Il faut donc simplement faire quelques mesures préventives du type :
- S’adapter progressivement au froid.
- Avoir un comportement vestimentaire adapté (à modifier en cours d’entraînement, notamment).
- Penser à boire régulièrement même dans ces conditions de froid.
Ceci est une réponse à une question posée à notre médecin du sport, Yannick Guillodo : vous aussi posez votre question à notre médecin
course, entraînement, froid, hiver, VO2 max
16 mai 2012