Avantages et limites des vêtements de compression

L'avis de Sébastien Chaigneau

Que faut-il penser des vêtements de compression ? Sont-ils utiles pour tout type d'épreuve ? Certains vêtements sont-il plus efficaces que d'autres ? Sébastien Chaigneau, spécialiste trail, nous donne son avis.

vetement de compression

Dans ce domaine, actuellement, nous entendons un peu tout et son contraire, car tout le monde veut faire de la compression mais beaucoup ne font que de la contention, ce qui n’est pas tout à fait la même chose…
La compression nécessite un travail très précis sur les tailles de chacun, toutes différentes, dans le but de favoriser le retour veineux et de faciliter la récupération. De plus, en descentes, le muscle sera maintenu ce qui va limiter la casse de fibres  musculaires.
En matière de contention, le travail n’a rien à voir. Il est beaucoup plus basé sur la simple sensation de maintien et à ce moment-là, les produits vous seront proposés en taille S, M, L, XL.
La compression est un métier à part entière qui se travaille avec des appareils et des mesures très précis ce qui n’est pas le cas de la contention…

En ce qui me concerne vous avez pu remarquer que j’utilisais ce type de produits depuis 5 ans déjà, mais ceux qui suivent l’actualité du trail se seront très certainement rendu compte que ce n’est pas systématique, et je vais m’en expliquer.
Prenons l’exemple très simple de ma saison 2011 : sur le The North Face Ultra Trail du Mont-Blanc, j’ai utilisé des bas de compression, sur les mollets et sur les cuisses, mais je n’en avais pas lors du Kilomètre Vertical de Chamonix au mois de juin.
L’explication est relativement simple à comprendre. Pour l’UTMB, le kilométrage, la vitesse, et le nombre de chocs répétés me font utiliser ce type de produits et me permettent de durer plus longtemps. Sur un Kilomètre Vertical, il n’y a pas réelle plus-value. Je fais donc le choix de ne pas en porter, afin de laisser mes mollets, quadriceps et ischios plus libres.

Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas les utiliser, mais il faut utiliser ce type de produits à bon escient. En effet,  si vous assistez vos muscles par de la contention en permanence, vous risquez de vous « dé-muscler ». C’est pour cela que je les utilise beaucoup plus rarement à l’entraînement, afin que cette « assistance » soit complète pour les compétitions et que mon muscle ne soit pas totalement assisté.
De plus, personnellement, je module selon les sensations que j’ai en course et il m’arrive de les monter ou descendre, selon le cas. Cela fournit d’autres types de sensations.

Il ne faut surtout pas oublier que ce type d’assistance est aussi très important pour la récupération et vous permettra de mieux vous déplacer après un gros entraînement ou une grosse compétition.

Certains coureurs ne supportent pas cette sensation et ne pourront jamais en mettre, même s’il ne faut jamais dire jamais…

A mon avis, les produits pour le haut du corps vous empêchent de respirer. Et concernant les produits complets, il faudrait que les fabricants de ce type d’articles prennent en compte vos différentes mensurations : longueur de tibia, péroné, longueur de cuisses, leur taille respective, la taille de vos fessiers (plutôt développés ou très développés) ainsi que leur largeur. Or nous sommes tous différents, cela rend donc la combinaison de toutes ces données très compliquée et nécessite du sur-mesure.

Je pense donc qu’aujourd’hui il faut compter sur des produits séparés ou tenant compte au maximum de deux zones comme les mollets et les cuisses et se dire que le reste est de la contention, qui sera donc un peu moins précise dans ses objectifs.
Dans tous les cas, pensez que cette «  aide » n’est qu’une aide, et rien de plus. Ces produits ne vont pas vous faire courir, ni courir à votre place….

8 réaction à cet article

  1. secela fait trois ans que j utilise les vetements de compression skins que vous ne faites pas dailleurs et c est bien dommage, car apres avoir utiliser d autre marque, skins est vraiment se qu il y a de mieux, j utilise un cuissard, des bas, et t shirt manche longue de cette marque, et on se sens vraiment bien maintenu, j adore l utiliser pendant mes entrainement et en competition, et contrairement a se quevous dites le haut ne me coupe pas du tout la respiration, et meschronos sont meilleurs, alors utiliser cette marque et vous verrez

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    • Cher monsieur.

      Le but de l’article de Sébastien Chaigneau n’était pas de faire de la propagande comme vous le faite pour Skins, mais de nous faire part des avantages et des limites de ce genre de vêtement… De plus ; il ne faut pas être un expert en physiologie pour remarquer rapidement qu’une « compression » sur le haut du corps, limite l’expansion thoracique. C’ est un pléonasme… Pendant la course, soulevez votre haut du corps et vous remarquerez que l’expansion thoracique est bien plus angle. J’ajouterais que dans la course à pied en général, ce sont les jambes qui sont le plus sollicitées, par les chocs directs et répétés. Le haut du corps ne vibre pas au point d’utiliser systématiquement une compression.
      Comme le souligne monsieur Chaigneau, il faut modulait selon le profil de la course, ses vêtements…
      Bien cordialement.
      Claude MOUNE

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    • A vous lire, tout laisse à penser que vous travaillé chez skin ou que vous êtes revendeur de cette marque, ce n’est pas un commentaire que vous faite mais une publicité !!

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  2. J’ai une petite question en réaction à cette article ( si quelqu’un a la réponse ).
    Je suis un coureur régulier et principalement sur trails. J’ai voulu tester les vêtements de compressions sur mollets et cuisses lors du verdon canyon challenge sur la distance de 50km.
    Résultat : Des crampes insoutenables aux cuisses et mollets !!!
    Au 30km,j’ai retiré les mollets et remonté mon cuissard et pfffuiit!!
    Les crampes se sont envolées !
    Sachant que j’avais déjà eu cette mésaventure sur le semi Paris et un trail de nuit de 20km,mais je n’avais pas fait le lien avec mon équipement.
    Si quelqu’un sait d’où cela peut il venir?
    Au final,une centaine d’euros qui restent au placard……

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  3. Bonjour, merci pour cet article nuancé qui me donne une piste sur la baisse de mes performances depuis que je porte un vetement compressif censé améliorer justement mes performances. Je vais des que possible faire une séance de vélo sans ce sous maillot (très utile pour lutter contre la sensation de froid). En effet, faisant l’analyse de mes médiocres performances et ma difficulté à monter à des pulses proches de la fc Max, je me suis rappeler que les échanges gazeux (oxygène) était un facteur limitant essentiel. Vu le prix de ce sous maillot, j’espère me tromper… Ou pas vu la baisse drastique des performances (entre 6% et 10% de vitesse ascensionnelle en moins !).

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  4. AMHA, le plus important à retenir c’est que rien ne remplace l’entraînement… et l’humilité (Seb Chaigneau est un champion -grand-, c’est sympa de sa part de se mettre à notre niveau pour expliquer la compression alors même qu’il faut d’abord penser à se gainer le cuisses en lâchant de la sueur et en acceptant que ça pique sévère).

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  5. Je suis conseillère de vente concernant différent produit de compression. Je constate que mes différents clients veulent un maillot joli mais aussi très serré pour faire ressortir leur musculature … N est il pas dangereux d avoir les poumons serres quand on pratique une activité sportive intense , ces produits me font peur….et ne reçoivent en aucun cas les conseils de les porter en récupération ….

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