La claudication intermittente : marcher pour aller mieux

Douleurs aux jambes pour cause de mauvaise vascularisation ? Si vous êtes concerné, alors le terme de ‘claudication’ ne vous est pas étranger.
Ici comme ailleurs, l’exercice physique ne se positionne pas seulement en prévention : il est aussi recommandé en thérapie.

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La maladie artérielle des membres inférieurs est une situation dans laquelle les vaisseaux sanguins des jambes et des pieds sont durcis, rétrécis et/ou bloqués par l’accumulation de plaques de graisse (athérome).

Elle touche environ 13% des adultes de plus de 50 ans et les principaux facteurs de risque de son développement sont le tabagisme, le diabète et la dyslipidémie.

 

Cette maladie artérielle n’est pas seulement un problème en soi, puisque sa présence représente un facteur de risque pour d’autres soucis cardiovasculaires tels que l’angine de poitrine, l’infarctus et l’AVC. Et pour cause, le processus pathologique sous-jacent (l’athérosclérose) est systémique : les vaisseaux sanguins situés ailleurs dans le corps peuvent être touchés.

 

Le symptôme le plus fréquent de cette maladie artérielle est la claudication intermittente (CI). Concrètement, elle se traduit par une gêne ou des douleurs musculaires dans les jambes et/ou les fesses en marchant, qui se dissipe en quelques minutes au repos.

 

La CI a une cause bien identifiée, qui est l’incapacité d’augmenter suffisamment le flux sanguin (et donc l’apport d’oxygène) aux membres inférieurs qui sont en demande d’énergie. Si la distance ou la vitesse de marche à laquelle les symptômes apparaissent dépend de multiples facteurs (gravité/localisation des artères malades, rythme de marche, surface au sol, dénivelé, chaussures), au final, c’est toujours la qualité de vie qui est nettement impactée.

 

Pour soulager les symptômes, les traitements de la CI incluent alors des changements de mode de vie (exemples : plus d’exercice, moins de cigarettes), des médicaments vaso-actifs et une revascularisation (c’est-à-dire une angioplastie ou un pontage).

Cependant, un ordre d’importance est clairement à donner à ces solutions. En effet en 2012, le National Institute of Health and Care Excellence (NICE) du Royaume-Uni a publié une directive clinique sur la gestion des maladies artérielles périphériques, pour stipuler qu’un programme d’exercice supervisé doit être proposé comme thérapie de première importance contre la CI.

 

Une vue d’ensemble de cette directive est ici fournie.

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Les mécanismes qui sous-tendent les avantages de l’exercice physique restent encore insuffisamment compris. Malgré tout, il semble exister des rôles pour :

  • l’amélioration de l’absorption d’oxygène,
  • l’amélioration de la fonction endothéliale,
  • l’amélioration de l’inflammation systémique,
  • l’amélioration de la capacité d’oxydation des muscles squelettiques.

 

Au regard des bienfaits qu’il génère, l’exercice physique apparaît donc comme une intervention sûre, efficace et peu coûteuse pour améliorer la capacité de marche des personnes souffrant de CI. D’autres avantages sont notables, dont l’amélioration de la qualité de vie et de la santé cardiovasculaire, qu’il est important de mentionner.

Enfin, cette recommandation implique que les techniques de revascularisation ou les options de traitement médicamenteux ne doivent être envisagées que si l’entraînement physique ne soulage pas suffisamment les symptômes.

 

Sources : Tew, Harwood, Ingle et al, The Sport and Exercise Scientist 2018; Tew, Allen, Askew et al., BJSM 2020

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