Reposé mais incapable ? L’incongruence des ressentis repos-exercice !

N’avez-vous pas remarqué qu’à s’intéresser aux aspects de la performance sportive, on en vient toujours à la problématique de la gestion de l’état de forme ? Au point que cette question est devenue commune mesure dans les études scientifiques. Normal, direz-vous, puisqu’on s’est rendu compte des nombreux liens que cette question tisse à la fois avec le phénomène de blessure ou, à l’opposé, l’occurrence du pic de forme. Une problématique qui se situe donc entre les deux extrêmes du continuum d’entraînement…

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Malheureusement, cette question ne s’avère pas aussi accessible que ce que l’on pourrait croire. Exemple : suffit-il de se sentir fatigué à un moment donné pour décréter de l’inutilité d’une séance ? 

Non pas que les résultats des études scientifiques ne nous mettent pas sur la voie de la connaissance ! Au contraire, ces études commencent à fournir les indicateurs pertinents d’une bonne condition physique, d’un début de surmenage, d’un risque accru de blessure ou encore d’un état de désentraînement.

Ceci s’exprime par la mise en évidence empirique de ratios croisant des variables. Quelles variables ? Pour la question de l’état de forme, c’est vers une combinaison de variables objectives et subjectives que nos regards se tourneront.

 

Il est aujourd’hui admis que, pour un même contexte d’entraînement (séance, terrain, température, horaire, niveau d’hydratation, activité de la veille, etc.), une baisse de votre fréquence cardiaque n’est pas toujours de bon augure. Cette baisse doit en effet être croisée à votre ressenti à l’exercice pour fiabiliser l’interprétation : si l’effort vous semble moins dur, alors c’est bon signe. Dans le cas inverse, attention au surmenage.

 

Là où cela commence à se corser, c’est quand on commence à s’intéresser à un troisième indicateur, estimé lui aussi crucial dans l’équation : il s’agit du ressenti de l’athlète au repos. Est-il fatigué ? Courbaturé ? Pense-t-il avoir récupéré de sa dernière séance ? Comment a-t-il dormi ? Autant de questions qui sont devenues la panacée de staffs sportifs soucieux d’effectuer un suivi plus précis des athlètes – ou simplement de ceux désireux d’optimiser leur réponse à l’entraînement. Car le lien existe ! Non seulement entre l’impact du contexte de vie de l’athlète et sa performance. Mais aussi l’inverse. 

Alors pourquoi ce troisième facteur complexifie-t-il l’équation, alors qu’il demeure une mesure aussi simple et accessible que le ressenti à l’effort ou la fréquence cardiaque ? Posez-vous la question en imaginant par exemple un début de séance HIT un soir de semaine ; ou en revivant une séance au train de bon matin. En fait, la complexité émerge de l’incohérence possible entre les deux ressentis : au repos et à l’exercice.

 

Qui n’a jamais eu de bonne/mauvaise surprise dans les premiers instants de la course ?

Qui n’a jamais préféré attendre le début de l’effort avant de projeter plus concrètement sur une stratégie d’allure globale ?

Se sentir bien avant l’effort (reposé, énergique, de bonne humeur) peut donc rassurer l’athlète qui est prêt à s’élancer mais cela ne garantit nullement de bonnes sensations pendant l’effort (légèreté, aisance gestuelle, confort physio). En d’autres termes, on peut être reposé mais se révéler incapable d’en découdre.

 

S’il est donc une question à poser, alors celle-ci n’est (selon nous) pas relative au « pourquoi ». Tout simplement car on sait déjà que l’exercice s’accompagne de facteurs divers aussi stimulants qu’épuisants. Pour ne citer qu’eux : la libération de neurotransmetteurs sources d’activation cérébrale, les hormones favorables à la mise en route énergétique et cardiaque de l’organisme, les tensions tendineuses et musculaires ou encore, plus chroniquement, l’accumulation de ces tensions dans le temps.

 

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Par contre, la question clé pourrait être : à quoi se fier ? L’athlète doit-il faire confiance à son ressenti au repos ou à celui perçu pendant l’exercice pour juger de l’utilité de l’effort et de son potentiel de performance ? 

Aujourd’hui la réponse n’est pas encore investiguée scientifiquement d’une seule et même approche. Cependant, des sources d’inspiration se dégagent. 

Des premiers éléments de réponse peuvent logiquement se trouver dans l’enjeu de l’effort. On comprendra en effet qu’une compétition puisse s’accompagner d’un Wellness dégradé avant la course (mauvaise nuit, anxiété, etc.) tout en impliquant de bonnes sensations à l’exercice. L’inverse serait d’ailleurs de mauvais augure… À l’opposé, à l’entraînement, une pénibilité anormalement haute à l’exercice peut souvent représenter un indicateur d’efficacité de la séance : à jeun pour développer la filière des lipides, en soirée pour exacerber la contrainte mentale, sans glucides pour développer l’affinité muscle-graisses, en chaleur pour augmenter la sollicitation cardiovasculaire… Ceci dit, ces stratégies induisent aussi souvent une sensation de fatigue accrue. Le monitoring du Wellness de l’athlète (ressenti au repos) permet alors d’estimer plus précisément son niveau de récupération. 

D’autres réponses s’originent certainement dans le profil propre de l’athlète : ses sensations de début de course sont-elles biaisées par un inconfort psychologique ou même gastrique ? Ou témoignent-elles d’une accumulation de fatigue dans les derniers jours ? Se dissiperont-elles une fois la course vraiment lancée ? Ici, c’est la question de l’effet du stress sur l’organisme VS. l’effet de l’entraînement sur l’organisme qu’il faut distinguer. La description par l’athlète de ses sensations donne souvent la bonne mesure et guident le travail à effectuer à l’entraînement. 

Complémentarité des ressentis. Expérience dans leur interprétation. Là semble donc reposer un début de vérité que la science n’explique pas encore.

 

 

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