Faire du sport avec une gueule de bois : est-ce une bonne idée?

Quoi de plus agréable que de se détendre après une longue semaine de travail en s’accordant un petit verre d’alcool*, puis deux, puis trois,…, étourdissement, ivresse, gueule de bois,…. Quoi de plus joyeux que de partager quelques apéros et diners bien arrosés avec des amis pendant ses vacances,…, griserie, débordements, gueule de bois,…..Lendemains difficiles : aller faire du sport pour éliminer gueule de bois, pintes de bières ou bouteille de vin blanc bus la veille : est-ce une bonne idée ?

gueuledebois

Qu’est-ce que la « gueule de bois » ?

 

La gueule de bois n’est pas un terme médical. C’est une expression familière pour exprimer une intoxication alcoolique par ingestion excessive de boissons alcoolisées. C’est une formule désinvolte pour décrire la souffrance de l’organisme dont les capacités à métaboliser l’alcool sont dépassées. Les symptômes typiques sont bien reconnaissables : pas trop en forme, une tête « en ébullition », migraine, douleurs musculaires, sensibilité à la lumière, bouche sèche et surtout grande soif.

 

 

Boire de l’eau en priorité

 

Qu’importe la nature des boissons ou des mélanges bus, l’alcool déshydrate l’organisme. Par ses effets diurétiques, il perturbe le contrôle de l’équilibre hydrique et stimule la production d’urines.

La raison est simple : l’alcool chahute la production de vasopressine, une hormone qui régule le bon fonctionnement des reins grâce à ses effets antidiurétiques. Bloquée par l’alcool, elle ne peut plus vous empêcher d’uriner sans cesse. L’eau présente dans les verres d’alcool ingurgités ne permet pas de compenser les pertes hydriques. Votre organisme finit par manquer d’eau. Cette  déshydratation est une des responsables des effets de la « gueule de bois » : mal de crâne, soif,….

 

 

Mythe de la séance d’entrainement « récupératrice » 

 

Contrairement aux idées reçues selon lesquelles il est possible de se débarrasser d’une gueule de bois par la transpiration purificatrice de sa séance de sport,  la réalité physiologique est tout autre. Les efforts physiques ne peuvent pas accélérer le travail d’élimination de l’alcool par le foie qui peine à la tâche. 

Seul le temps peut réellement venir à bout de la gueule de bois et abaisser le taux d’alcoolémie. L’élimination totale de l’alcool est très lente, de l’ordre de 0,10 g/l à 0.15 g/l par heure pour l’homme et  0,085 g/l à 0.10 g/l par heure pour la femme.

Le problème principal avec la gueule de bois comme précisé dans le chapitre précédent est  l’état de déshydratation risquant d’être accentué par la pratique physique. Le sportif connait bien les dommages d’un déficit hydrique : troubles musculaires, souffrances digestives, vigilance atténuée, hyperthermie,…

 

 

Solliciter l’organisme en douceur.

 

Le lendemain d’une soirée trop alcoolisée,  voici quelques astuces pour laisser à votre organisme le temps de se remettre:

  • Accordez-vous un vrai temps de récupération : reposez-vous. L’alcool perturbe le cycle du sommeil ;
  • Prenez le temps d’une bonne douche ;
  • Hydratez-vous avec de l’eau sous n’importe quelle forme: eau plate, gazeuse, jus de fruits maison… et ce dès le réveil ;
  • Adaptez votre alimentation à votre appétit mais en évitant les plats trop gras et en supprimant l’alcool. En cas de nausées, privilégiez des repas légers;
  • Oubliez les remèdes de grands-mères ! Il semblerait que personne, pour le moment, n’ait trouvé la recette. Le mal est fait. Café salé, cuillerée d’huile, thé vert citronné, tisane « détox », jus de cornichon, cure de vitamine C,   … : aucun « truc » ne permet d’accélérer le processus. Le seul conseil pour éviter la gueule de bois est de ne pas boire en excès ;
  • Prenez l’air et activez votre métabolisme grâce à une belle marche ou un réveil musculaire. Il ne s’agit pas de se lancer dans une séance de fractionnés ;
  • Puis, attendre, seul le temps sera votre allié. Mais en attendant, ne prenez pas le volant.

 

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.


Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport: http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

1 réaction à cet article

  1. Merci pour ce message de précaution Nous sommes nombreux à en avoir besoin! Les coureurs à pied sont de bons vivants!!

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