Individualisation, le cinquième élément !

Individualiser, pour mener chacun(e) à son maximum ! Décryptage par notre expert en entraînement, Pascal Balducci.

Individualisation, le cinquième élément !

Nous avons déjà évoqué 4 principes d’entraînement, à savoir :

- la progressivité, à distiller dans les charges, donc les intensités, les durées… à l’entrainement comme en compétition, et qui permet de progresser durablement sans se blesser.

- l’alternance des sollicitations énergétiques, principe basé sur la réplétion des réserves énergétiques mais également sur l’indice de monotonie et l’entretien de la motivation.

- le transfert, qui permet de pratiquer des activités annexes avec des bénéfices directs pour l’activité principale.

- la spécificité, qui permet d’améliorer sa capacité de performance (cardiovasculaire, musculaire, technique, stratégique) dans sa spécialité.

 

Aussi importants soient-ils, l’application de ces 4 principes d’entraînement dans la cuisine de l’entraîneur est insuffisante si le tout n’est pas saupoudré par ce cinquième principe : celui de l’individualisation.

 

En quoi consiste ce principe et pourquoi est-il si important ?

 

Le principe d’individualisation de l’entraînement est basé tout simplement sur la singularité de chaque individu. Ainsi, il n’y a pas un chemin unique pour atteindre un même objectif de performance, mais une multitude de voies.

C’est d’ailleurs cela qui fait de l’entraînement une matière vivante et non une duplication de programmes plus ou moins fonctionnels. C’est pour cette raison également que les plans d’entraînements que nous proposons dans les magazines sont à relativiser et à adapter car ils ne peuvent respecter ce principe d’individualisation.

 

Quels sont les critères d’individualisation ?

 

Cette question revient à se demander pourquoi les individus sont différents. Ils le sont en fonction de leur expertise, de leur niveau objectif, de leurs lieux d’entraînements, de leurs capacités d’entraînement, de leurs charges professionnelles et familiales, de leurs évaluations physiques (et mêmes mentales), de leur physiologie, de leurs fragilités musculaires, tendineuses, intestinales …

Bref, les critères qui distinguent les athlètes les uns des autres sont nombreux, mais tous doivent être pris en considération si on veut progresser sans risque.

 

Donnons quelques indications sur chacun de ces critères :

- L’expertise, à différencier du niveau de l’athlète, correspond à la maîtrise des spécificités de la discipline : un athlète expert peut pratiquer plus de séances spécifiques, sans passer par les phases d’apprentissage nécessaires aux débutants.

- Le niveau objectif, correspond à la capacité de performance : les chronos ou intensités demandées en dépendent directement.

- Les lieux d’entraînements : un coureur de plaine aura un entraînement quantitativement et qualitativement différent d’un coureur de montagne, même s’ils préparent les mêmes objectifs. Le manque de spécificité pour le premier devra être compensé par exemple par un travail de renforcement plus important.

- Les capacités d’entraînement correspondent au temps disponible pour aller courir. Ce paramètre est très variable et doit impérativement être pris en compte.

- Les charges professionnelles et familiales sont en lien avec le précédent critère. Un célibataire de 22 ans, étudiant, aura moins de charges globales qu’un chef d’entreprise avec 3 enfants.

- Les évaluations : Là on rentre dans du plus technique. On sait par exemple qu’à VMA égales, les capacités de performance sur un 10 km peuvent être très différentes. Au-delà de la VMA, il faut donc évaluer le temps de soutien, la vitesse au seuil, un indice d’endurance, voire la réserve de vitesse anaérobie… afin de prendre l’athlète là où il en est, et de l’amener le plus loin possible. Dans la recherche de la performance, ce point est essentiel.

- La physiologie de l’athlète renvoie par exemple aux notions de maintien de la température interne en conditions tempérées et chaudes, de l’évolution en situation hypoxique, des cinétiques de récupération …

- Les fragilités, en lien avec le précédent critère, sont essentielles lors des séances intenses et spécifiques.

 

Cette liste non exhaustive démontre l’importance du principe d’individualisation, c’est-à-dire de la prise en compte des particularités de chacun. Cela est difficile à mettre en place dans les clubs en raison de l’entraînement en groupe. Pour les entraîneurs et coachs individuels, c’est une nécessité absolue !


 

2 réaction à cet article

  1. Bonjour,

    Très bon article, plein de bon sens et on aborde le problème de ces plans d’entrainement dans les magazines… ou sur internet. Cette pratique est irresponsable, tout bon entraineur connait l’importance de voir évoluer un athlète de visu et pas derrière un écran…

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    • Merci. C’est juste et pourtant j’en produis de temps en temps sur demande des magazines :), car même avec toutes les précautions d’usage, c’est un travail incertain.

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