S’inspirer du confinement pour mieux s’entraîner ?

Il y a près de 3 semaines que vous avez effectué votre retour sur la route. Et un premier bilan de votre entraînement en confinement peut déjà être tiré. Meilleures sensations que prévu à la reprise ? Ou au contraire un retour poussif sur l’asphalte ? Bien sûr il faudra encore du temps et du recul pour tirer des conclusions plus définitives sur la période écoulée. Mais essayons déjà de faire remonter certaines tendances et de lancer le débat.

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La reprise, une bonne surprise ?

 

Le peloton s’attendait plutôt à « ramasser » après 2 mois à pédaler sur place. Volume d’entraînement en berne, manque de compétitions, manque de dénivelé et de danseuse, etc. Et pourtant nous entendons aujourd’hui beaucoup de cyclistes se réjouir de leur état de forme à l’approche du mois de juin. Et même chez les professionnels, certains s’étonnent des effets du confinement sur le potentiel physique des athlètes. C’est par exemple le cas d’Alexandre Abel, entraîneur chez AG2R La Mondiale, qui s’est exprimé sur Twitter : 

 

« Après plus de 6 semaines passées à s’entraîner sur le home traîner, nous avons observé grâce à des tests un maintien des principales qualités physiques des coureurs d’AG2RLM ». 

 

Et d’ajouter : « Au-delà de la remise en question de certains dogmes de l’entraînement qui prédisaient une diminution de la condition physique, il faut avant tout féliciter le mental et l’investissement des coureurs durant cette période de confinement ».

 

Evidemment tous les avis ne convergent pas vers ce constat-là, et certains ont peut-être « perdus leurs jambes » en confinement. On peut d’ailleurs noter pour de nombreux coureurs le besoin ressenti de retrouver le coup de pédale de la route lors des premières sorties. Cela s’explique sûrement par une mécanique de pédalage différente sur home trainer (beaucoup plus figée). Mais globalement l’impression générale nous semble plutôt positive (étonnamment positive ?).

 

 

 

Le home trainer, plus qu’un palliatif

 

Bien sûr, le grand gagnant du confinement, c’est le home trainer ! Cet outil de torture qui servait à maintenir la forme par mauvais temps est aujourd’hui vu sous un nouvel angle. Et si le rouleau était finalement plus que cela ? et s’il était en fait un complément privilégié à la pratique sur route ? 

 

Sur home trainer il est en effet très aisé de réaliser un travail qualitatif extrêmement ciblé, sans être dérangé par les aléas de la pratique en extérieur. De plus, l’absence ou la diminution de la roue libre (moments sans pédaler) augmente la contrainte musculaire. Et enfin, sur home trainer on roule généralement « plus fort » avec un rendement moins bon ce qui augmente la charge de travail pour un temps d’effort équivalent. Ne dit-on pas qu’1h en intérieur vaut 1h30 à 2h d’effort en extérieur ?

 

Et pour clore ce chapitre, notons également l’essor des programmes d’entraînement en ligne qui bouleversent la pratique du cyclisme « inside ». Grâce à ces jeux vidéo certains coureurs n’ont plus peur de pédaler des heures les yeux fixés sur un monde virtuel assez envoûtant. Une petite révolution…

 

Alors, le home trainer réhabiliter dans le monde d’après ? Notre réponse est oui ! Pas en remplacement de la route bien sûr, mais en complément pour apportez quelque chose de différent dans l’entraînement. 

 

 

 

Un calendrier de course habituellement trop chargé ?

 

Autre réflexion que nous apporte le confinement, celle qui porte sur le calendrier des compétitions. En France, les compétiteurs ont pris l’habitude de courir presque tous les week-ends, un peu à la manière des sports collectifs. Et chez les professionnels, on se rapproche aussi parfois de ce modèle là (moins dans le World Tour, certes). Pourtant beaucoup d’entraîneurs s’accordent pour dire que ce n’est pas très efficace pour progresser. 

 

Le confinement a donc malheureusement (car tout cela est subi) permis de tester un modèle complètement inverse, centré sur la progression et non plus sur la performance à cours terme (la course du dimanche). Et certains y ont trouvé du positif. Evidemment nous ne militons pas pour un monde sans courses. Mais peut être serait il possible à l’avenir de courir un peu moins pour s’entraîner un peu plus et un peu plus sereinement ? C’est en tout cas une piste de réflexion que la période actuelle remet en lumière.

 

 

 

Et vous ?

 

Bien sûr, on le répète, des conclusions plus solides pourront être tirées d’ici quelques mois. Et encore une fois les théories mises en avant dans cet article ne se basent pas sur de grandes études rigoureuses mais simplement sur des constats voire des impressions qui ne concernent qu’un petit échantillon de cyclistes amateurs et professionnels. Alors pour faire vivre ces réflexions, pourquoi ne pas y participer et partager vous aussi votre ressenti après votre retour sur la route ?

 

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