Tokyo 2020 : Eblouissant Alexis Hanquinquant champion paralympique de triathlon, médaille de bronze pour les filles

Il était le favori, il a parfaitement assumé son statut. Le Français Alexis Hanquinquant (catégorie PTS4) est devenu champion paralympique de triathlon à Tokyo (Japon).
Le triple champion du monde et d'Europe l'a emporté avec la manière avec plus de 3 minutes d'avance sur ses poursuivants directs. Phénoménal.
Belle médaille de bronze pour Annouck Curzillat (catégorie PTV1) et sa guide Céline Bousrez.

Alexis Hanquinquant champion paralympique de triathlon - Crédit photo : ©J.Schmidt_WorldTriathlon
Alexis Hanquinquant champion paralympique de triathlon - Crédit photo : ©J.Schmidt_WorldTriathlon

Alexis Hanquinquant a surclassé la concurrence samedi lors de l’épreuve de paratriathlon PTS4 des Jeux de Tokyo.

Triple champion du monde et d’Europe en titre (2017, 2018, 2019), le Normand de 35 ans a conquis son premier titre paralympique.

Aux commandes rapidement après le début de la natation, il a finalement devancé de 3’47 le Japonais Hideki Uda, l’Espagnol Alejandro Sanchez Palomero relégué à 4’26 complète le podium. Les écarts sont impressionnants.

 

Alexis Hanquinquant : « Cette victoire je la dédie forcément à ma femme et mes enfants, c’est un travail de tous les jours mais aussi beaucoup d’absences avec les stages, les entraînements. On n’arrive pas à ce niveau-là sans rien, il y a eu beaucoup de boulot, je les aime énormément et je les remercie. »

 

Alexis Hanquinquant qui apporte à la délégation française sa troisième médaille d’or dans ces Jeux Paralympiques savourait sa victoire à l’arrivée :

« C’était un plan à la perfection, j’avais élaboré plusieurs stratégies mais je me suis dit dès le début de la natation que la meilleure d’entre elle était d’attaquer. Franchement j’ai bien géré cette course et je suis vraiment content. J’étais à côté de l’Anglais au départ, il fait partie des meilleurs nageurs avec moi, la stratégie était de voir comment il allait nager. Il est parti assez fort donc je me suis mis dans ses pieds et juste un peu avant la première bouée j’ai senti qu’il n’était pas super à l’aise, je suis passé et j’étais assez étonné de voir que je ne le sentais plus me suivre. Je me suis dit que c’était vraiment un bon jour pour moi, j’ai intensifié mes appuis au passage de la 2ème bouée sans en mettre trop non plus dans une eau chaude à 30 degrés !  Ces derniers temps les piscines japonaises étaient déjà chauffées à 30-31 degrés, nous étions habitués à ces températures là. J’ai vraiment l’effort pour essayer de faire un écart. Quand je sors de l’eau on m’annonce que j’ai 25 secondes d’avance je me suis dit que c’était le jour. Le vélo était un peu technique avec 2-3 chicanes un peu dangereuses. Pas d’excès de confiance, le problème de l’humidité ici c’est que nous avons les mains vraiment trempées et on peut glisser avec les cocottes de frein. J’ai du gérer au mieux ces 2-3 virages délicats. Sinon j’ai fait une belle partie cyclisme. Quand je pose le vélo avant la course à pied on commence à se dire que cela sent bon. Avec un peu plus de 2’30 d’avance sachant que je fais partie des meilleurs coureurs c’était très bien engagé. Dans le dernier tour de course à pied je sais que l’écart est important et j’ai remercié tout le public Japonais qui était présent parce que franchement ce sont de super supporters et je pense qu’on leur devait bien cela de s’être levé de bonne heure pour nous encourager. Avant l’arrivée, dans la dernière ligne droite j’ai pensé à tous les triathlètes Français qui m’ont envoyé beaucoup de messages chez moi en France, chez mes parents. J’ai beaucoup de gens qui me soutiennent sur les réseaux je les remercie énormément. Cette victoire je la dédie forcément à ma femme et mes enfants, c’est un travail de tous les jours mais aussi beaucoup d’absences avec les stages, les entraînements. On n’arrive pas à ce niveau-là sans rien, il y a eu beaucoup de boulot, je les aime énormément et je les remercie. »

 

Nicolas Becker, entraîneur national para-triathlon : « C’est du Alexis taille patron. Il est vraiment au-dessus. Il a parfaitement mené sa barque et n’a fait aucune erreur de préparation. Il ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Il a continué à progresser alors qu’il domine largement sa catégorie depuis plusieurs années. Il faut aussi souligner la qualité de sa course aujourd’hui. Même s’il a donné l’impression de contrôler, ses chronos sont très très bons. Il a vraiment réalisé une très grosse performance. »

 

©J.Schmidt_WorldTriathlon
Annouck Curzillat médaillée de bronze avec sa guide Céline Bousrez – Crédit photo : ©J.Schmidt_WorldTriathlon

 

Idéalement lancée, l’équipe de France de paratriathon a encore brillé un peu plus tard en catégorie PTV1 avec Annouck Curzillat médaillée de bronze avec sa guide Céline Bousrez.

Au bout d’une interminable dernière ligne droite, encouragée par sa guide, Annouck Curzillat est allée chercher ses ultimes ressources, ses ultimes forces, au plus profond d’elle-même, pour résister au duo britannique, à peine quelques foulées derrière.

4ème à la fin de la natation et toujours 4ème à mi-parcours de la course à pied, la Haute-savoyarde de 29 ans, a d’abord repris la Canadienne Jessica Tuomela, 3ème des derniers mondiaux dans les derniers kilomètres. Elle a ensuite su résister au retour de l’Anglaise Alison Peasgood, vice-championne olympique à Rio et championne du monde 2014 et 2016.

Licenciée au CRV Lyon Triathlon, Annouck Curzillat souffre d’une cécité congénitale suite à une rétinite pigmentaire. Céline Bousrez, 43 ans, a débuté par la course à pied (2h53 au marathon) avant de se lancer sur le triathlon (1ere de sa catégorie sur l’Ironman d’Hawai en 2014 et multiples titres nationaux sur duathlon).

En équipe de France depuis 2019 (4e des Championnats d’Europe 2019), Annouck Curzillat et Céline Bousrez signent leur meilleur résultat international. Le jour J. À l’instar des grandes championnes !

« C’est un jour plus que spécial dans ma vie, explique Annouck, masseur-kinésithérapeute. Participer c’était déjà un truc fou. Quand j’ai débuté et qu’on m’a dit qu’un jour je serai aux Jeux paralympiques, j’ai répondu ‘’oui oui dans tes rêves’’. Après je me suis dit que si je faisais 4 ou 5 ce serait génial. Mais 3… c’était possible mais c’était loin d’être gagné. En plus au Japon où j’ai eu des déboires il y a trois mois, c’est top. »

 

Dans la course masculine réservée aux déficients visuels, Thibaut Rigaudeau et son guide Cyril Viennot sont venus échouer au pied du podium.

Partis avec 3’21’’ de retard sur le premier groupe (départ décalé en fonction de l’importance du handicap), ils ont grignoté une grande partie de leur retard au fil de la course.

8èmes à 3’06’’ après la natation, 5èmes à 2’13’’ après le cyclisme, il n’aura finalement manqué « que » 28 secondes à Thibaut Rigaudeau pour aller chercher la médaille de bronze.

Antoine Pérel et son guide Olivier Lyoen, prennent une bonne 6e place à 2’33’’ du vainqueur américain Brad Snyder, en tête du début à la fin de l’épreuve.

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