Maëva Danois : « En ayant retrouvé de la liberté et de l’insouciance, j’ai l’impression de redécouvrir l’athlétisme. »

En octobre dernier à Paris, Maëva Danois championne de France 2017 du 3 000 m steeple, bouclait son 1er marathon en 2h45'08.
L'athlète Normande âgée de 29 ans et qui vit désormais dans les Landes est de retour ce dimanche dans les rues de la capitale pour confirmer avec envie et ambition sa reconversion à l'occasion du 45ème Marathon de Paris. Entretien.

Maëva Danois (dossard 3118) au départ du Marathon de Paris 2021 - Crédit photo : ©Albin-Durand-@_albin_ / ASICS
Maëva Danois (dossard 3118) au départ du Marathon de Paris 2021 - Crédit photo : ©Albin-Durand-@_albin_ / ASICS

Lepape-info : Maëva, comment abordez-vous le marathon de dimanche ?  

Maëva Danois : J’ai un peu la boule au ventre, je suis un peu stressée. Un objectif qui ne me stresse pas est un objectif qui ne m’importe pas donc au final je suis assez contente de ressentir ces émotions pas forcément confortables mais j’ai beaucoup d’envie et j’ai hâte d’être sur la ligne de départ dimanche.

 

Lepape-info : Avec forcément un objectif de chrono ? 

M.D : J’ai une petite idée dans un coin de ma tête, j’ai déjà eu une première expérience à Paris le but est de faire mieux. Si j’arrive à faire moins de 2h40 je serai vraiment contente. Beaucoup de prudence car Paris n’est pas facile. On part en descente, l’euphorie du public, il faudra rester prudente mais je me sens bien dans ma tête, bien dans mon corps, tous les feux sont au vert.

 

Maëva Danois : « Lors de ma 1ère préparation marathon, j’avais réalisé la traversée des Pyrénées à vélo, cela m’avait fait un bien fou. J’ai connu de graves blessures au niveau des genoux, le fait d’avoir un sport porté (cyclisme) cela me permet de durer, d’allonger ma durée de vie sur la course à pied. Je n’hésite pas à croiser entre les deux. »

 

Lepape-info : Vous vivez dans les Landes, un bel endroit pour se préparer  

M.D : C’est un bon cadre, j’ai quitté l’INSEP après le COVID-19, j’ai fait ma vie dans les Landes où je me suis installé. Tout s’est très bien passé, j’ai fait une préparation plutôt positive, nous allons voir si elle va porter ses fruits. Je ne fais pas beaucoup de kilométrage par semaine parce que je fais un entraînement croisé avec le vélo. Cela représente entre 80 et 100 km par semaine de course à pied et en vélo je monte à 100-150 km. Un entraînement croisé que je dois concilier avec mon activité de podologue en parallèle. J’orchestre vie pro, vie perso et vie sportive, je pense avoir trouvé l’équilibre. Je me sens bien et je le fais avec beaucoup d’envie.

 

Lepape-info : Vous aviez déjà testé l’entraînement croisé ? 

M.D : Oui je l’avais fait lors de ma 1ère préparation marathon, j’avais réalisé la traversée des Pyrénées à vélo, cela m’avait fait un bien fou. J’ai connu de graves blessures au niveau des genoux, le fait d’avoir un sport porté (cyclisme) cela me permet de durer, d’allonger ma durée de vie sur la course à pied. Je n’hésite pas à croiser entre les deux, cela ne fonctionne pas pour tout le monde mais pour moi c’est un bon compromis, c’est plutôt bénéfique.

 

Lepape-info : C’est un nouveau challenge d’avoir basculé sur marathon ? 

M.D : De quitter la piste c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre, je ne ferme pas le livre de la course à pied. J’avais besoin d’un nouvel objectif, de quelque chose qui me sortait de tourner en rond sur une piste. C’est  faire parler mon grain de folie, c’est ce qui m’anime dans la course à pied et j’ai vraiment l’impression de retrouver de l’insouciance, de l’envie, c’est le cocktail parfait.

 

Maëva Danois : « Mon conjoint veut faire moins de 3h30 et s’il réussit je lui offre un chien ! Je ne suis pas forcément très enjouée à l’idée d’en accueillir un à la maison, c’est lui qui va le gérer si cela se produit mais ce sera sa motivation pour le voir à l’arrivée dimanche. »

 

Lepape-info : Les sensations sur marathon sont aussi bien différentes ? 

M.D : C’est un autre univers, c’est une autre ambiance et c’est surtout un autre partage avec des gens qui n’ont pas forcément un objectif de performance. Mettre la performance au second plan, c’est ce dont j’avais besoin aussi. Pendant 8 ans, j’ai vraiment aspiré à figurer parmi les meilleures internationales su 3 000 m steeple, j’avais besoin que cela devienne secondaire et de retomber dans quelque chose où je m’éclate. Je fais cela en ayant retrouvé de la liberté et de l’insouciance, j’ai l’impression de redécouvrir l’athlétisme.

 

Lepape-info : Vous souhaiter incarner cette génération qui va donner un coup de boost au marathon féminin Français ? 

M.D : C’est le but aussi, je remercie mon sponsor ASICS de me mettre en avant. L’idée est de médiatiser le marathon féminin qui l’est peu et c’est ce qui manque pour que les jeunes femmes en France se mettent à pratiquer cette discipline. Je serai très heureuse de pouvoir contribuer à cet engouement.

 

Lepape-info : Votre conjoint sera aussi au départ dimanche avec un autre objectif, un autre défi  

M.D : Mon conjoint veut faire moins de 3h30 et s’il réussit je lui offre un chien ! Je ne suis pas forcément très enjouée à l’idée d’en accueillir un à la maison, c’est lui qui va le gérer si cela se produit mais ce sera sa motivation pour le voir à l’arrivée dimanche. C’est un défi à deux, c’est une joie d’avoir préparé ce marathon tous les deux à la maison. On ne courra pas ensemble mais quoi qu’il arrive on a un objectif commun. Si c’est dur pendant la course je penserai à lui et lui pensera à moi ou à son futur chien je ne sais pas (rires). En tout cas c’est motivant de le faire à deux.

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