Léo Bergère : « L’envie de reprendre la compétition est tellement grande que tout le monde va arriver avec les crocs. »

Le Grand Prix de Triathlon (le championnat de France des clubs de 1ère Division) est enfin de retour. Ce samedi, à Châteauroux place à la première étape d'une saison forcément pas comme les autres en raison de la pandémie de coronavirus et réduite à seulement 3 rendez-vous avec ensuite le week-end du 5 septembre à Quiberon et celui du 3 octobre aux Herbiers. Léo Bergère (Saint-Jean-de-Monts Vendée Triathlon), champion du monde de relais mixte l'an passé avec l'équipe de France est impatient d'en découdre. Entretien.

Léo Bergère vainqueur de la 3ème étape du Grand Prix de Triathlon 2019 à Muret
Léo Bergère vainqueur de la 3ème étape du Grand Prix de Triathlon 2019 à Muret

Lepape-info : Léo, quel sentiment prédomine avant ce premier triathlon de la saison ?  

Léo Bergère : Cela va faire du bien de mettre un dossard, depuis quelques mois l’envie déborde en chacun de nous. On a pu faire une très belle préparation, on a pas l’habitude de faire un cycle aussi long avec 8 mois d’entraînement sans aucune compétition. Ce fut spécial à gérer, il a fallu parfois accepter de redescendre en volume même s’il n’y avait pas d’objectif à venir pour marquer des cycles et ne pas passer 8 mois en rupture et arriver sur la 1ère compétition en s’étant brûler les ailes.

 

Lepape-info : Vous vous sentez comment physiquement ?

L.B : J’ai bien pu travailler, je me sens comme à l’entame d’une saison qui devait avoir lieu en mars et prêt à remettre un dossard. En juillet, j’ai fait un stage de 3 semaines en altitude à Livigno (Italie) sur un site que je ne connaissais pas. J’aime vraiment la montagne, c’est un cadre que j’adore si je pouvais y passer toute l’année je n’hésiterai pas. En montagne la nature est tellement belle qu’en vélo on ne voit pas passer les sorties longues. Je me suis fait plaisir pendant 3 semaines et cela m’a permis de passer un long moment en haute altitude avec la station de Livigno située à 1 800 m avec une grande partie lors des sorties à plus de 2 000 m. C’était assez dur avec l’altitude mais on a bien travaillé j’en ai profité pour faire pas mal de kilomètres à vélo cela m’a permis de faire un dernier bon cycle d’entraînement avant de revenir en août enfin à Grenoble après plusieurs mois hors de mon groupe. Le retour m’a fait du bien même s’il a fallu gérer la grosse chaleur.

 

Léo Bergère : « Nous sommes vraiment contents de tous nous retrouver avec le club de Saint-Jean-de-Monts d’autant que nous pourrons compter sur l’Espagnol Mario Mola. »

 

Lepape-info : Tu as profité de l’été pour regoûter à la compétition mais uniquement à vélo avec la cyclo de l’Arvan Villard et la montée chronométrée du Revard    

L.B : L’idée était de me faire plaisir, je n’ai pas l’habitude de faire des compétitions de vélo à ce moment-là de l’année car nous sommes pris en plein dans la saison de triathlon. Je me suis dit profitons-en. Cela m’a permis aussi de remettre un dossard et d’être à nouveau en mode compétition, à me faire mal, à me rentrer dedans comme l’on dit avant d’entamer les rendez-vous de triathlon.

 

Lepape-info : Vous en avez parlé entre triathlètes de ce début de saison à Châteauroux ?  

L.B : Même si nous allons devoir respecter les règles sanitaires mises en place, l’envie de reprendre la compétition est tellement grande que tout le monde va arriver avec les crocs, une belle course s’annonce. Personnellement, le rendez-vous de Châteauroux reste une compétition de préparation pour l’épreuve WTS (World Triathlon Series) de Hambourg qui servira de championnat du monde dans 2 semaines qui est toujours au programme. Généralement je me sers des manches du Grand Prix Triathlon pour tenter des petits coups, c’est ce qui les rend très intéressantes. Le gros niveau international est présent mais la pression n’est pas la même que sur le circuit WTS et cela n’empêche pas de jouer à 200% le classement par équipes avec mon club de Saint-Jean-de-Monts et c’est une motivation supplémentaire. Même si les Australiens, les Néo-Zélandais ne seront pas à Hambourg et que le niveau ne sera pas aussi solide que d’habitude cela reste l’objectif principal à court terme. Après avec la crise sanitaire c’est difficile de se projeter, de voir plus loin, je prends les courses comme elles viennent.

 

Lepape-info : Châteauroux marque aussi le retour à la compétition avec les clubs

L.B : Nous sommes vraiment contents de tous nous retrouver avec le club de Saint-Jean-de-Monts d’autant que nous pourrons compter sur l’Espagnol Mario Mola, triple champion du monde 2016, 2017, 2018 de triathlon courte distance, un excellent leader qui avait remporté la finale du Grand Prix l’an passé à la Baule. Il s’est bien préparé à la sortie du confinement et il est prêt.

 

Lepape-info : Avec le recul, que retenez-vous de la période de confinement ?  

L.B : J’ai un peu appris sur moi avec un long temps de réflexion qui m’a permis de regarder dans le rétro comment j’avais géré ma préparation olympique en vue des JO de Tokyo qui n’est pas allé jusqu’au bout avec finalement le report en 2021. Je me suis demandé ce que je pouvais changer ou améliorer avant de repartir sur une nouvelle préparation. Au début j’ai eu du mal à réaliser que les Jeux étaient reportés alors que je m’entraînais à fond. Je me suis posé 3 jours avant de repartir avec la tête un peu plus au calme et des idées plus claires.

 

 

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