Kilimandjaro, le rêve de plus de Laurence Klein et d’Aurélie Mansiot

L'ascension du Kilimandjaro, le sommet de l'Afrique à 5 895 m d'altitude, voilà le défi que s'est lancé Laurence Klein en janvier 2020.
L'emblématique championne spécialiste des courses longues distances, trail, ultra-trail, victorieuse à 3 reprises du Marathon des Sables, championne d'Europe du 100 km et détentrice du record de France de la distance a vécu cette aventure en duo avec Aurélie Mansiot, accompagnatrice en montagne, directrice de la communication chez Allibert Trekking et elle aussi amoureuse de course.
"Kilimandjaro, le rêve de plus" est un documentaire de 26 minutes qui retrace ce pari relevé en 6 jours. Sa projection à Paris fut l'occasion de rencontrer Laurence Klein et Aurélie Mansiot qui avaient encore des étoiles plein les yeux.

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Laurence Klein née à Grenoble mais qui vit en région Champagne-Ardennes ne connait pas bien la montagne selon ses propres dires et Aurélie Mansiot vit proche des montagnes.

Lorsque Aurélie a proposé à Laurence de partager le projet du Kilimandjaro, la championne d’ultra-trail qui rêvait un jour de gravir un grand sommet a tout de suite accepté.

 

Lepape-info : Laurence et Aurélie, racontez-nous la genèse de ce projet de gravir le Kilimandjaro    

Laurence Klein : On s’est rencontré au Marathon des Sables 2019, Aurélie disputait son premier MDS et on a commencé à discuter de pas mal de choses, à se connaître en tant qu’athlète puis femme. On s’est demandé ce qu’on aimerait faire. Aurélie m’a dévoilé ses rêves et moi les miens. Au fur et à mesure on s’est rendu compte qu’on avait peut-être un point commun : on aimait la montagne.

Aurélie Mansiot : Tout a commencé dans un hôtel à Ouarzazate (Maroc) au retour du Marathon des Sables, nous avons partagé et échangé sur toutes les courses que j’avais envie de faire et les aventures un peu moins chronométrées qu’elle aurait envie de faire et nous nous sommes dit qu’on avait des aventures à vivre ensemble.

 

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Crédit photo : ®MDaviet

 

Aurélie Mansiot : « Laurence m’a apporté sa sagesse et son expérience de se dire qu’on peut casser des barrières. Parfois on se dit qu’il faut choisir entre son travail, sa famille, sa passion, elle m’a montré que c’est possible de ne pas choisir et que l’on peut tout faire. »

 

Lepape-info : Laurence, s’attaquer au sommet de l’Afrique fut un vrai défi  

L.K : Oui car comme je l’explique dans le film, c’est de lâcher prise avec le chronomètre et de se dire qu’on a envie de vivre une aventure, de lever les yeux, d’arrêter de regarder la montre. En haute montagne je n’étais jamais allé au delà de 3 000 m d’altitude, j’ai entièrement fait confiance à Aurélie et je savais qu’elle allait pouvoir m’emmener au sommet du Kilimandjaro.

 

Lepape-info : Qu’est ce que chacune a apporté à l’autre lors de cette aventure ?  

A.M : Le partage de la montagne, c’est mon environnement, mon quotidien alors que pour Laurence c’était  plus nouveau. Venant d’elle il y a eu une transmission transgénérationnelle, Laurence m’a apporté sa sagesse et son expérience de se dire qu’on peut casser des barrières. Parfois on se dit qu’il faut choisir entre son travail, sa famille, sa passion, elle m’a montré que c’est possible de ne pas choisir et que l’on peut tout faire.

L.K : C’est important à notre époque de se dire qu’on a suffisamment de barrières et de ne pas s’en rajouter. Je pense qu’il faut avoir des rêves, ils font avancer. Cela se construit, on ne peut pas faire un rêve et le réaliser le lendemain, il faut qu’il murisse. C’est du domaine presque du fantasme, on part dans quelque chose en se disant est-ce réalisable ? Et puis on attend la fin, le moment d’atteindre le sommet. Même à 200 m du sommet on ne l’a pas encore atteint, jusqu’au bout on se dit ça y’est, il est là et c’est ce qui est important, c’est aussi cela l’aventure.

A.M : La montagne comme le sport est une bonne école. Si je me donne les moyens, je peux y arriver, si je m’entraîne je peux réussir une course, je peux atteindre un sommet, un rêve. Ce qu’on apprend dans le sport ou la montagne on peut l’appliquer à plein d’autres domaines dans sa vie.

 

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Halte au Barafu Camp à 4 673 m d’altitude avant l’ascension finale – Crédit photo : ®MDaviet

 

Lepape-info : Cette aventure fut compliquée, il a fallu se préparer, s’adapter. On l’a vu Laurence vous avez eu une hypoglycémie angoissante tout près du sommet    

L.K : Quand l’hypoglycémie arrive, on voit rapidement que mon statut d’athlète reprend le dessus, je me dis attention il va falloir la gérer et je le fais assez rapidement. Se dire que ce rêve peut m’échapper à quelques mètres en altitude de l’arrivée c’est juste pas possible. Il faut se dire que comme dans le désert tout peut arriver comme le fait de se déshydrater. En haute montagne ou à chaque fois que l’on arrive dans les extrêmes on frôle la possibilité de l’échec et c’est cela qu’il faut gérer avec une certaine résilience, acceptation de se dire cela va être dur mais sois à l’écoute de ton corps, de ton état d’esprit, de ce que tu veux faire, ce que tu veux réaliser et réalise le. Ne dis pas que tu voudrais faire cela, fais-le.

 

Lepape-info : Quelles images, quels moments forts retenez-vous de cette aventure ? 

A.M : Le sommet bien sur mais je dirais aussi tous les camps. À chaque fois ce fut des petits moments de vie, de pause où contrairement à nos vies super agitées, il n’y a pas de réseau, il n’y a rien à faire sauf se reposer, s’écouter, discuter et prendre le temps. Paradoxalement on s’est lancé un défi mais on ralentit, on prend le temps, on se pause, c’est super agréable.

L.K : Une belle aventure humaine de deux femmes qui ne se connaissaient pas, qui sont parties au Marathon des Sables en Afrique dans le désert puis qui ont monté le plus haut sommet d’Afrique à 6000 m. Il en reste une vraie belle amitié et j’adore partager ces moments. C’est génial, c’est cela aussi la vie, l’amitié de deux femmes.

 

Lepape-info : L’aventure a duré 6 jours, c’est passé vite ? 

L.K : À la fois cela passe vite parce que cela s’enchaîne et on a plein de choses à faire. En même temps on freinait on a quand même savouré

A.M : C’est une parenthèse hors du temps, un temps complètement décalé. Cela passe vite et pas vite à la fois, c’est dans une autre dimension

L.K : On est encore dedans et quand on replonge dans le film je ne sais pas si on en sort. On a fait un rêve on l’a réalisé mais il est encore présent.

 

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Crédit photo : ®MDaviet

 

Laurence Klein : « Je vais avoir 53 ans parfois on dit peut-être stop parce que cela fait 42 ans que je mets le dossard mais je m’aperçois que m’arrêter ce n’est pas la solution, je m’ennuie j’ai l’impression de ne pas me sentir bien dans ma vie. Certes avoir une si longue carrière c’est un mode de vie, c’est mon mode de vie que je continue parce que j’adore ma vie. Il y’a eu le Kilimandjaro mais je rêve de l’Aconcagua. »

Lepape-info : Vous aviez toute une équipe autour de vous d’une quinzaine de personnes (porteurs, cuisiniers etc…) 

A.M : Ils sont indispensables, c’est eux qui nous emmènent là-haut qui font tout pour que l’on ait ce confort et que l’on ait juste à penser à nous. Au-delà de l’aspect logistique, humainement il y a de vrais échanges qui se créent avec eux. À la fin c’est une petite famille.

L.K : Oui une petite famille, on les voit notamment préparer la nourriture pour nous. Ce qui m’a fait plaisir c’est quand on fait la dernière ascension à partir du dernier camp de base ils ne partent pas avec nous en haut du Kilimandjaro, par contre ils sont revenus nous chercher après une fois arrivés au sommet. Ils sont avec nous dans l’aventure ils n’étaient pas obligés de faire cela, il se crée des liens c’est de la folie.

 

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Lepape-info : Laurence, d’autres défis sont déjà au programme comme une nouvelle participation au prochain Marathon des Sables ?  

L.K : Oui ma 9ème participation au Marathon des Sables, je vais avoir 53 ans parfois on dit peut-être stop parce que cela fait 42 ans que je mets le dossard mais je m’aperçois que m’arrêter ce n’est pas la solution, je m’ennuie j’ai l’impression de ne pas me sentir bien dans ma vie. Certes avoir une si longue carrière c’est un mode de vie, c’est mon mode de vie que je continue parce que j’adore ma vie. Il y’a eu le Kilimandjaro mais je rêve de l’Aconcagua (sommet d’Argentine s’élevant à 6 962 m) sans chrono. C’est bien aussi de me dire parfois je mets le chrono parfois j’arrête le chrono c’est mon rythme et je l’aime vraiment.

 

Lepape-info : Une autre ascension avec Aurélie ? 

L.K : Oui pourquoi pas ?

A.M : On va essayer (sourire) avec plaisir

L.K : Ce serait bien (sourires)

 

Kilimandjaro, le rêve de plus – TEASER from Allibert Trekking on Vimeo.

 

Les autres projections à venir : Lyon le 2 décembre, Chambéry le 7 et Grenoble le 9 dans le cadre des soirées Femmes et montagnes organisées par Allibert Trekking.  

https://www.allibert-trekking.com/1696-soiree-femmes-montagnes

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