En 6h05’41, Sorokin explose le record du monde du 100 km sur piste

Le Lituanien Alexsandr Sorokin est inarrêtable. En quelques années, il est devenu le meilleur ultra-runner mondial en explosant successivement les records du monde du 24 heures et du 100 km.
Nouveau coup d'éclat ce week-end en Grande-Bretagne lors du Centurion Running.

Crédit photo : @ultrarunner_aleksandr_sorokin
Crédit photo : @ultrarunner_aleksandr_sorokin

Nous avons déjà consacré plusieurs articles au phénomène lituanien Alexsandr Sorokin.

Rappelons déjà qu’il est le dernier champion du monde du 24 heures à Albi avec près de 279 km. Dans l’article du 30 avril 2021, nous expliquions qu’il venait de battre 2 records du monde sur piste : le 100 miles en 11h14’56 avec 402 tours de piste (-4’22 par rapport à Zach Bitter), soit une moyenne de 14.28 km/h (4’12/km). 45 minutes plus tard, il battait un deuxième record : celui du 12h avec la distance de 170.3 km (14.19 km/h de moyenne).

https://www.lepape-info.com/actualite/2-records-du-monde-sur-piste-pour-lultra-fondeur-aleksandr-sorokin/

Dans l’article du 18 janvier 2022, nous revenions sur son exploit d’août 2021, celui de détrôner la légende vivante Yannis Kouros des tablettes. Le grec possédait le record du monde du 24h sur piste avec 303,506 km établi en 1997 mais également celui sur route avec 290,221 km. Personne ne s’en était jamais approché. Sur un parcours très plat de 1,7 km, Sorokin a porté le record à 309,26 km, soit 12,89 km/h, ce qui représente l’hallucinante moyenne de 4’39’’3/km.

 https://www.lepape-info.com/actualite/sorokin-lhomme-qui-a-detrone-kouros/

 

Là où on ne l’attendait pas

Certes, la question se posait de sa participation aux mondiaux de 100 km à Berlin fin août. Cette discipline a bénéficié d’un regain d’intérêt avec les tentatives groupées de l’équipementier HOKA à Phoenix (Arizona) en 2021 et du groupe d’africains de l’est drivés par Benoît Z.

La première est passée très près puisque l’américain Jim Wamsley a fait trembler le record du monde en échouant à 11 secondes de la marque du Japonais Nao Kazami (2018), 6h09’25 vs 6h09’14. La deuxième, sur le circuit du Mans en octobre, a échoué plus largement notamment en raison d’une météo défavorable, mais pas seulement.

Là où les coureurs dits « rapides », c’est-à-dire venant de distances inférieures, ont échoué, c’est un coureur ultra-endurant, que certains diraient « lents », qui a triomphé. Car Sorokin ne s’est pas contenté de battre le record nippon de quelques secondes, il l’a pulvérisé de 3min33s, soit près de 1 km.

En 6h05’41, le Lituanien a couru à la vitesse moyenne de 16,4 km/h, soit 3’39’’4 par kilomètre. Pour mieux se représenter l’exploit, cela fait 10 x 10 km en 36’34, un peu moins de 5 semi-marathons en 1h17’09, et pratiquement 2 marathons et demi en 2h34’18.

Pour être plus précis, ce record du monde ne sera donc pas considéré comme le nouveau record du monde de la spécialité sur route, même si selon les circuits l’avantage de courir sur piste est fort discutable. Toutefois, c’est bien le nouveau record sur piste puisque celui-ci appartenait à l’américain Donald Ritchie depuis 1978 en 6h10’20.

 

Un indice d’endurance extraterrestre

Pour déterminer scientifiquement un indice d’endurance, il nous faudrait la VMA à plat d’Aleksandr Sorokin, donnée que nous ne possédons pas à l’instant t. mais en analysant la décroissance de sa vitesse en fonction du temps, on constate que sa perte de vitesse est de 13,5% entre 6h et 12h de course, ce qui est déjà très faible puisque nous parlons de 6h supplémentaires.

En imaginant une VMA à 20 km/h, cela indiquerait sur 6 heures un maintien de pourcentage de VMA à 82%, ce qu’un coureur lambda tient en moyenne 30 km ; et de 71% sur 12 heures, pourcentage que peu tiennent sur 100 km, alors que Sorokin en a parcouru 170,3 !

Et ensuite la décroissance est plus faible, phénomène que l’on observe aussi en ultra trail. La perte entre le 12h et le 24h est de 9,2%. Mais attention, nous parlons tout de même de 12 heures de course supplémentaire avec tous les phénomènes que cela engendre : fatigues périphérique et centrale, déplétion des réserves énergétiques, phénomènes inflammatoires…

Ces chiffres sont tout simplement exceptionnels et montrent toute la force de Sorokin : un athlète rapide, puissant, et endurant sous 1001 formes.

 

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Par ailleurs, même si nous n’avons que peu de données sur sa course, nous savons qu’il passe à mi-course en 3h01’51, et qu’il finit donc en 3h03’50, un véritable métronome qui semble démontrer à l’instar de Jim Wamsley que le 100km est une discipline qui nécessite un pacing régulier, si le parcours est plat bien entendu.

La prochaine étape pour cet homme à records : s’approprier le record du japonais Nao Kazami, et pourquoi pas aux mondiaux de Berlin qui se dérouleront sur une boucle de 7,5 km ? Impossible n’est pas Sorokin !

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