Arnaud Dely : « Je ne pouvais pas espérer mieux, arracher la médaille de bronze c’était inespéré pendant la course. »

Arnaud Dely s'est adjugé la médaille de bronze du championnat du monde de duathlon à Avilés (Espagne) derrière les Français Nathan Guerbeur et Maxime Hueber Moosbrugger.
Encore une très belle performance pour le champion Belge de 24 ans déjà 3ème des championnats d'Europe en juin dernier et qui malgré des crampes a obtenu sa 7ème médaille d'affilée dans un championnat international. Entretien.

Arnaud Dely médaille de bronze du mondial de duathlon - Crédit photo : World Triathlon
Arnaud Dely médaille de bronze du mondial de duathlon - Crédit photo : World Triathlon

Lepape-info : Arnaud, ce fut une médaille de bronze difficile à aller chercher  

Arnaud Dely : Je suis passé un peu par toutes les émotions et les sensations pendant la course avec des hauts et des bas. Pendant le premier 10 km de course à pied j’étais vraiment bien, je sentais que j’étais dans la forme de ma vie, j’ai laissé faire les Français dès le début. Ensuite j’ai assuré mon relais pour opérer un écrémage par l’arrière, on se retrouve avec un groupe de tête assez isolé avant le vélo. La transition se passe bien et on part avec seulement 6 gars pour les 40 km de cyclisme, je ne pouvais pas rêver mieux. Avec un petit groupe moins de risque d’attaques, de chutes, tout le monde pouvait assez bien collaborer et ce fut le cas. Et puis dès le 15ème kilomètre, j’ai eu des crampes au niveau des ischios, c’était incompréhensible, je n’avais pas l’impression qu’on roulait très très fort, chacun prenait ses relais, je ne trouvais pas le tempo dur.

 

Lepape-info : Le calvaire a commencé pour vous à ce moment

A.D : À chaque relance, à chaque attaque, je n’arrivais pas à suivre. J’ai essayé de tenir, de rouler en danseuse tant bien que mal en essayant d’économiser les muscles qui me faisaient souffrir. Je ne ressemblais pas à grand chose sur mon vélo, j’ai essayé de survivre comme je pouvais. Les Français ont logiquement essayé d’en profiter, ils voyaient que sur certaines relances je prenais 10-15 mètres de retard, je devais me lever de mon vélo tellement je n’arrivais à pédaler. Dans la tête c’était très dur, je me disais que la course était presque finie, il restait 25 km à rouler et je ne savais même pas en posant le vélo si je serai capable de mettre un pied devant l’autre. J’ai essayé de garder mon calme en tentant de rester le plus longtemps possible dans le groupe de tête en faisant ce que je pouvais sans oublier de bien boire et de m’alimenter. Juste avant la dernière transition, Nathan Guerbeur et le Belge Vincent Bierinckx décident de partir, c’était impossible pour moi de suivre j’étais déjà content d’être dans les premiers à la fin de la partie cyclisme.

 

Arnaud Dely : « J’ai du arracher cette médaille, elle fut difficile à obtenir. Je reste constant, régulier dans ma progression et dans toutes les courses. Je ne suis jamais hyper fort un mois et en dessous de tout le mois d’après. Je n’ai jamais eu de blessure importante, avec mon coach on a réussi à trouver la méthode qui marchait pour moi. » 

 

Lepape-info : Ensuite il reste 5 km de course à pied pour boucler la course

A.D : Quand je pose le vélo je suis dernier du groupe de 6, je savais qu’on avait une bonne avance sur les poursuivants. En courant tranquillement je me disais que je pourrais peut-être terminer la course dans le TOP 6. Je cours en essayant de gérer mes crampes, je dois quand même m’arrêter 2-3 fois pour m’étirer parce que mes jambes se raidissaient subitement. J’avais déjà eu ce genre de problème en juniors et je savais que c’était mieux pour moi que je m’arrête quelques secondes pour détendre mon muscle et repartir. Cela ne m’a pas stressé de m’arrêter et puis enfin j’ai retrouvé mes jambes pour les 2 derniers kilomètres de course à pied. J’arrive à dépasser Jawad Abdelmoula et Angelo Vandecasteele. J’apprends que Vincent Bierinckx qui est devant a une pénalité de 15 secondes. J’essaye de me repérer par rapport à lui et je vois que je suis à peu près à seulement une dizaine de secondes derrière et que je gagnais du terrain. Je me suis dit qu’en donnant tout le podium était possible. Je le dépasse lorsqu’il est dans la pénalty box, il termine 15 secondes derrière moi et je prends finalement la 3ème place.

 

Lepape-info : Superbe dénouement de course pour vous

A.D : Vu les circonstances, je ne pouvais pas espérer mieux, arracher la médaille de bronze c’était inespéré pendant la course. Après bien sur je suis déçu vu la forme que j’avais. J’étais selon moi le meilleur coureur maintenant c’est un duathlon et celui qui a gagné était celui qui était le plus complet.

 

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Arnaud Dely : « Il y a beaucoup de points de travail à effectuer dans le futur avec mon coach Pieter Reynders. Je retiens aussi que j’ai le niveau pour gagner. J’ai envie un jour d’être champion du Monde, champion d’Europe. Je sais que j’ai les jambes, je suis encore jeune, c’est ma première année chez les grands. »

 

Lepape-info : Vous remportez votre 7ème médaille consécutive en autant de championnats internationaux disputés

A.D : J’ai du arracher cette médaille, elle fut difficile à obtenir. Je reste constant, régulier dans ma progression et dans toutes les courses. Je ne suis jamais hyper fort un mois et en dessous de tout le mois d’après. Je n’ai jamais eu de blessure importante, avec mon coach on a réussi à trouver la méthode qui marchait pour moi et cela prouve une certaine consistance dans ma préparation, dans les courses et ma progression vu que je disputais cette année mes premiers championnats d’Europe et du Monde en catégorie Elite. D’avoir obtenu une médaille dans les deux championnats c’est top et cela me motive encore plus pour l’année prochaine.

 

Lepape-info : Le passage de la catégorie Espoirs à Elite a changé quelque chose pour vous ?  

A.D : En Espoirs la première année le niveau change beaucoup comparé à la catégorie Juniors, les distances sont doublées, c’est plus long et plus dur. L’année passée en U23 j’avais plus ou moins le niveau pour jouer avec les élites mais dès que l’on court dans cette catégorie il y a plus de pression et de participants. Des médailles de bronze en Elite valent parfois des médailles d’or en U23. Depuis 2-3 ans le niveau a aussi clairement augmenté. Lors des Grands Prix en France, on est pas loin du niveau des championnats d’Europe ou du Monde, on voit qu’il y a 5-6 Français qui pourraient être sélectionnés en équipe de France au championnat du Monde mais il n’y a que 3 places.

 

Lepape-info : Que retenez-vous de ce championnat du monde ?  

A.D : Il faut que j’arrive à gérer mes crampes. Malgré ma 3ème place, j’ai encore beaucoup à apprendre au niveau de la gestion de ma course, de la nutrition. Il y a beaucoup de points de travail à effectuer dans le futur avec mon coach Pieter Reynders. Je retiens aussi que j’ai le niveau pour gagner. J’ai envie un jour d’être champion du Monde, champion d’Europe. Je sais que j’ai les jambes, je suis encore jeune, c’est ma première année chez les grands. Quand on voit des gars comme le Français Benoît Nicolas champion du monde à 40 ans (2017) je me dis que j’ai encore de belles années devant moi.

 

Lepape-info : Quel est le programme à présent ? 

A.D : Je suis vite à la recherche d’objectif mais je vais me reposer cette semaine et passer du temps avec ma famille et ma copine. J’ai déjà prévu dans 2-3 semaines des courses sur 10 km et des cross dans ma préparation avec toujours comme objectif le duathlon qui reste ma discipline de prédilection, ma priorité absolue. Dans 3 semaines en Belgique, c’est la sélection pour les championnats d’Europe de cross, je vais y participer sans trop de gros entraînements avant. Si je suis sélectionné tant mieux mais c’est loin d’être un objectif prioritaire.

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