Sportifs, l’alcool : votre testostérone n’aime pas

Au vue de l'état minable dans lequel se trouve notre corps après des efforts en résistance ou d’entrainements éprouvants de musculation, il est préférable d’adopter une bonne récupération nutritionnelle.
Bien que la plupart des sportifs athlètes ou loisirs sait que l’alcool et l’activité physique font rarement bon ménage, il n’est pas rare de rencontrer des coureurs savourer quelques bières à la fin d’une sortie intense.

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Certes, la consommation d’une petite quantité d’éthanol* peut trouver sa place dans la vie d’un sportif mais ne soyons pas surpris d’apprendre que l’alcool nuit aux bonnes résolutions de la testostérone pour nous aider à récupérer.

Quels effets a l’alcool après l’effort ? À quel point l’alcool est-il facteur de stress ?

 

 

Après l’effort

Séances de fractionnés, exercices de résistance, WOD (entraînement du jour), charges, intensités, répétitions… provoquent des lésions au niveau des fibres et des éléments du muscle, un effondrement des réserves glucidiques hépatiques et musculaires, une dégradation des protéines…

Les résultats de tels événements peuvent être des douleurs musculaires d’apparition retardée, de la fatigue et une efficacité physique altérée.

Pour reconstituer le stockage des substrats glucidiques et le remodelage musculaire, restaurer les fonctions neuromusculaires, il a été démontré que la récupération post-exercice faisait intervenir plusieurs systèmes physiologiques intriqués.

Au-delà des spécificités nutritionnelles, certaines hormones comme la testostérone facilitent les récupérations et les adaptations aux entrainements.

 

La testostérone

La testostérone appartient à une classe d’hormones appelées androgènes. Ses rôles dans l’organisme sont multiples.

Une fraction de la testostérone libre est absorbée par les tissus musculaires afin d’induire les mécanismes métaboliques  impliqués dans le remodelage musculaire.  En parallèle, elle augmente la fabrication du glycogène, les réserves de sucre dans les muscles. Elle optimise la prolifération des constituants des muscles et favorise les processus de réparation et de récupération.

Bref, la testostérone est une des principales hormones anabolisantes.

 

L’alcool, facteur de stress

Il est bon de garder à l’esprit que l’excès d’alcool retarde la réhydratation, apporte des calories pouvant contribuer à la prise de poids, réduit la qualité du sommeil réparateur, augmente considérablement la sécrétion du cortisol, hormone du stress qui perturbe l’effet de l’entraînement, affaiblit le système immunitaire…

Des experts en nutrition du sport ont publié des travaux scientifiques** sur la combinaison entre alcool et testostérone.

Leurs études ont révélé que les niveaux de testostérone totale et libre augmentaient à la fois chez les sportifs du groupe ayant consommé des boissons alcoolisées et le groupe témoin non buveurs d’alcool, au cours des 90 minutes suivant un entraînement en résistance, ce qui serait tout bénéf pour la récupération.

Bonne nouvelle !

Mais, les niveaux de testostérone chez les hommes du groupe « alcoolique » sont restés longtemps élevés après l’exercice, jusqu’à cinq heures. Or, nous savons que pour être efficiente, la testostérone doit pouvoir entrer dans les cellules musculaires. L’alcool a-t-il empêché les muscles d’utiliser l’hormone ? Ce qui serait un vrai obstacle aux processus de récupération.

Au final, après un exercice de résistance, l’ingestion d’éthanol affecte le milieu hormonal et interfère avec la récupération musculaire. Alors, si vous tenez absolument à votre p’tite mousse bien fraîche avec les copains d’entrainement, n’oubliez pas de peaufiner aussi votre récupération nutritionnelle.

 

Lectures complémentaires :

*L’éthanol, ou alcool éthylique, appartient à la grande famille des alcools. C’est le seul type d’alcool que vous pouvez boire !

** https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23470309/

 

Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport : http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

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