Pourquoi les sportifs aiment le chocolat ?

Les joyeuses fêtes de fin d’année sonnent le temps des bûches, ballotins, truffes en chocolat à s’offrir ou à se faire offrir car les sportifs aiment le chocolat. Pour certains athlètes, c’est un aliment de désir, plaisir, gourmandise, tandis que d’autres le réprouvent, le condamnent et se l’interdisent. Flagrant exemple de déni, alors regardons la réalité en face, et apprenons à savourer le chocolat comme une belle récompense.

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Le chocolat est plein de bonnes intentions

Il ne s’agit pas d’attribuer aux chocolats des propriétés magiques. Tous les chocolats ont un point commun : les calories.

Mais, quelques carrés de chocolat, chaque jour, associés à une activité physique régulière, ne doivent pas causer de souci de prise de poids* ! C’est un aliment complexe, singulier, plein de surprises, qui regorge de composants actifs à croquer.

 

La présence de certaines molécules expliquerait ses qualités nutritionnelles à condition d’opter pour les chocolats noirs les plus riches en cacao (si vous appréciez) afin de profiter de ses bienfaits. Malheureusement, les chocolats noirs, bien travaillés, ont un goût légèrement amer pas toujours apprécié par les sportifs qui se tournent vers des chocolats au lait ou aromatisés plus sucrés. Les chocolats avec des fruits oléagineux comme les noisettes ou amandes affichent des profils micro nutritionnels plus rassurants pour les sportifs: vitamine E et du groupe B, magnésium…

 

Pourquoi le chocolat rend-il heureux ?

Le cerveau, au cœur de son système limbique (siège des émotions et fonctions vitales que sont la faim et la soif), produit naturellement de la phényléthylamine. C’est un neurotransmetteur agissant comme un stimulant qui rehausse le moral et encourage l’humeur enjouée. Pour info, la pratique physique initie la synthèse de phényléthylamine dont les effets euphorisants sont bien connus des sportifs.

La phényléthylamine est aussi présente dans le chocolat qui lui doit sa réputation d’antidépresseur. Mais se pose un problème : la phényléthylamine du chocolat ne peut pas pénétrer dans le cerveau. Elle reste aux portes, bloquée par la barrière hémato-encéphalique, une vraie muraille de Chine. Celle-ci est d’une efficacité redoutable. Son rôle est d’isoler et de protéger le milieu cérébral de la circulation sanguine pouvant véhiculer des molécules potentiellement toxiques. Qu’à cela ne tienne, la difficulté est vite résolue par l’ouverture d’un autre circuit hédonique.

 

Le sportif qui mange du chocolat aime ses sensations chocolatées, ses onctuosités, ses arômes… Prévoir de croquer dans sa tablette de chocolat, « je vais enfin faire une pause dans l’après-midi et je vais enfin savourer les chocolats reçus à Noël », déclenche la fabrication de dopamine par le cerveau. Et, pendant tout ce laps de temps précédant l’arrivée de la récompense en bouche, les neurones libèrent cette hormone de la motivation. En quelque sorte, ce sont des détecteurs de la récompense plaisir.

Pendant la consommation de chocolat, la synthèse de dopamine se poursuit doublée par la libération de certaines endorphines qui renforcent les effets plaisirs, bien-être, bonheur. Manger du chocolat s’associant au plaisir gustatif, à la récompense assurée d’une sensation de satisfaction, prend de la valeur, s’ancre dans le cerveau, et renforce à lui seul les comportements de recherche d’une nouvelle plaquette à laquelle il est difficile de résister!

Et, le sportif n’est pas seul ! En se basant sur les chiffres de 2019, la consommation moyenne en France s’élève à 8,1 kg par foyer par an (Source Kantar 2019).

 

Article d’une diététicienne sportive adorant le chocolat ! Et, vous !!!

 

* Le problème est la sédentarité, soit le fait d’être assis au moins sept heures par jour en moyenne. « Pour compenser les seuls effets délétères de la sédentarité, il faut avoir au moins 1h30 à 2 heures d’activité physique par jour. » Pr François Carré, cardiologue et médecin du sport.

Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport: ttp://www.nutritionniste-dieteticien.fr

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