Des bouillons sur les tables de ravitaillement : une bonne idée ?

Il ne s’agit pas de « prendre le bouillon », formulation facile d’une cuisante défaite souvent consacrée par les commentateurs sportifs, mais d’éplucher les bienfaits diététiques des bouillons au service des coureurs sur les tables de ravitaillement.

Nutriments pertinents

Au fil des kilomètres, le compétiteur les attend avec impatience, ces ravitaillements. Sur des épreuves d’ultra, les besoins alimentaires varient différemment selon le sportif, l’intensité et la durée de l’évènement. Mais soupes, bouillons de légumes et potages ne demandent qu’à être ingérés par tous : une stratégie pertinente à adopter sur toutes les courses de longues distances.

 

Soupes de vermicelles et autres bouillons de poule ont une place de choix pour soutenir les coureurs à venir à bout des exigences physiologiques, à relever les défis nutritionnels et à recharger les batteries: prévenir la déshydratation, renforcer l’apport glucidique, remplacer les électrolytes, voire se réchauffer.

 

Intérêts pluriels 

  • Optimisation hydrique

L’objectif de l’hydratation pendant l’épreuve est de viser à maintenir un déficit hydrique net < 2 à 3% de la masse corporelle. Un des premiers facteurs qui entraîne la diminution de la capacité à fournir un effort physique en endurance, et surtout dans un environnement chaud, est la déshydratation.

Boire un verre ou un bol de soupe, c’est boire l’équivalent d’un ou deux verres d’eau « aromatisée et minéralisée». Une saveur agréable facilite son ingestion.

En saison hivernale, la sensation de soif se fait plus discrète, le sportif devient moins conscient des pertes hydriques. Consommer un bouillon est un avantage certain pour ceux et celles qui ne boivent pas assez pendant le parcours.

Mais, l’eau d’une soupe sans sel ajouté n’est probablement pas suffisante !

 

  • Assurance sodique

L’exercice physique prolongé s’accompagne d’importantes pertes hydriques et salines qui laissent des traces blanches sur la peau ou sur les vêtements.

L’hyponatrémie (diminution de la concentration plasmatique de sodium) peut jouer de mauvais tours au sportif car le sodium (électrolyte) est essentiel dans la régulation du volume sanguin de l’organisme sans lui, pas de bonne pression sanguine. Mais, il s’échappe vite dans l’eau de la transpiration.

Le sel ajouté au bouillon de légumes permet de compenser les pertes occasionnées par l’évaporation de la sueur.

De plus, sur des épreuves longues, après plusieurs heures d’effort,  il n’est pas rare d’être écœuré par le sucré. Le danger est de saturer et de ne plus rien consommer du tout. Le potage salé devient un véritable aide de camp.

 

  • Garant glucidique

Pour « digérer » de telles épreuves, il importe d’assurer des sucres à son organisme : il faut que la glycémie reste toujours à un bon niveau. En amont, l’un des objectifs de l’entraînement en endurance est de tester et d’accroître son aptitude à supporter la multiplication des micro-collations glucidiques.

Le jour du grand raid, vous pourrez enchainer les aliments sucrés.

Les soupes aux vermicelles ou aux petits croutons de pain offrent des glucides, source d’énergie facile à consommer. Pauvres en lipides (matières grasses), elles conviennent parfaitement aux tubes digestifs fatigués par les incessantes bouchées alimentaires.

 

  • Réconfortante

Par ici la bonne soupe !!! Elle est plutôt appréciable et sait réchauffer quand nous grelottons plus qu’une vieille gelée anglaise transi par le froid, la pluie ou un vent glacial, des ennemis très sérieux.

Attention, il ne s’agit pas d’en boire le plus possible ! De grands volumes de bouillon ingérés en une seule fois peuvent bouleverser votre estomac !

 

Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport :http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

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