Morhad Amdouni, le blessé devenu champion d’Europe

Ce mardi 7 août, Morhad Amdouni est devenu le premier Français champion d’Europe du 10 000 m. Un premier grand titre pour ce Corse, qui, avant de découvrir le grand frisson, est passé par une multitude de galères.

Crédit : FFA
Crédit : FFA

Depuis le début de sa carrière à haut niveau (2009), Morhad Amdouni a passé autant, voire plus de temps à se soigner qu’à courir. Un problème quand on doit faire sa place dans l’univers ultra-concurrentiel du demi-fond international.

 

Champion d’Europe juniors de cross et sur 5 000 m en 2007, le Français a ensuite explosé les chronos en 2009 (record d’Europe espoirs sur 3 000 m en 7’37’’50) avant d’apparaître de moins en moins régulièrement sur les podiums (champion de France de cross 2011, du 1 500 m en 2015 et du 5 000 m en 2016), la faute à un corps meurtri par les blessures.

« En 2009, ses performances annonçaient un grand talent, explique son entraîneur Philippe Dupont. Malheureusement, il a eu des blessures à répétition. »

Le tendon d’Achille, le genou, les mollets, les ischios-jambiers, le bassin, le Français a connu à peu près tous les problèmes physiques du coureur. La faute notamment à un déséquilibre musculaire entre sa jambe gauche et la droite. Et c’est d’ailleurs dans cette direction que son équipe médicale à l’INSEP a travaillé lors des derniers mois.

« Il a fallu mettre un système de renforcement physique autour de lui », témoigne Dupont.

Outre l’entrainement, Amdouni s’est donc astreint tout l’hiver à des exercices de renforcements du dos, des abdos, des muscles inférieurs et à des étirements pour renforcer son corps. Son titre de champion de France de cross en mars dernier lui envoie d’ailleurs les premiers signes positifs. Mais comme souvent avec lui, la machine finit souvent par se gripper.

 

Une nouvelle fois touché aux ischio-jambiers à la suite du meeting de Stockholm cet été, il se retrouve à gérer ses entraînements jusqu’à la mi-juillet, pour retrouver des couleurs à quelques semaines de Berlin.

« On était confiant sur son travail hivernal. Surtout que ça lui a permis d’avoir de la fraîcheur. »

Crédit : Romain Donneux
Crédit : Romain Donneux

De la fraîcheur et surtout la rage d’aller enfin aller chercher une médaille en adéquation avec son talent. « On disait souvent : « Morhad il a du talent mais il n’a encore rien gagné », avoue le nouveau champion d’Europe. Ces années ont été difficiles. Quand tu es blessé, c’est dur. Mais en athlétisme, il faut de la patience. »

De la patience comme cette course parfaitement menée. Bien installé dans le peloton de tête, Amdouni a d’abord répondu aux accélérations de ses adversaires avant de porter l’estocade à 100 m du but (victoire en 28’11’’22).

« C’a y est, je l’ai fait ! Je suis champion d’Europe. Je pense à tous ceux qui m’ont soutenu pendant tous ces années. »

A 30 ans, Amdouni souhaite maintenant regarder vers un nouveau terrain de jeu. « Avant d’être champion du monde il faut être champion d’Europe. Je n’ai pas encore pu m’exprimer au plus haut niveau à cause de mes blessures. Mais je compte y remédier. »

Si son corps le laisse tranquille, il n’y a pas de raison que l’embellie ne continuait pas.

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