Déchirure aux ischios, faut-il porter un cuissard de compression ?

cuisse ischiojambier ischio

La question : Bonjour. J’ai 61 ans, je cours encore en 3mn50 au km sur un 10 km. Je viens de contracter une déchirure aux ischios, c’est la deuxième mais pas à la même jambe. On me conseille de porter un cuissard de compression, qu’en pensez vous ?

Pour info, je fractionne encore, devrais-je le porter aussi lors de ces séances spécifiques ?

Salutations. Merci.

La réponse de Yannick Guillodo, médecin du sport

Bonjour,

Bravo pour vos performances et votre vitalité !

Pour votre pathologie, il faut d’abord préciser les choses. Médicalement parlant, le terme de déchirure n’est pas recevable ;  vous avez fait une lésion musculaire. Dans votre cas, la localisation est au niveau des muscles postérieurs de la cuisse : les ischiojambiers. Ceci étant dit,  il faut définir la gravité de votre lésion musculaire : s’agit-il d’une lésion mineure ou d’une lésion majeure ? C’est en effet  la gravité de la lésion qui définit le traitement et surtout le temps d’indisponibilité sportive.

Les termes de déchirure, claquage, élongation, … ne veulent pas dire grand-chose. Je vous invite à lire l’article que j’ai écrit sur les lésions musculaires (voir l’article).

Si votre douleur, au moment du traumatisme, était supérieure à 6 sur une échelle de 1 à 10, si vous avez été gêné au quotidien (enfiler le pantalon, monter les escaliers, …) pendant 3 jours ou plus, vous avez une lésion majeure des ischiojambiers.  Est-ce le cas ? Il faut, dans ce cas, faire une échographie musculaire car il y aura, quasi obligatoirement, un hématome. Hématome intra ou péri musculaire qu’il faudra surveiller et éventuellement ponctionner. Dans ce cas toujours, il faudra attendre 40 à 50 jours avant de reprendre la course (temps de cicatrisation musculaire). Si vous êtes trop impatient (reprise trop précoce) vous risquez une rechute (nouvelle lésion musculaire sur cette même cuisse) qui doublera le temps d’indisponibilité sportive.

Si vous êtes face à une lésion mineure (douleur initiale inférieure à 6 sur 10 ;  pas ou peu de douleur au quotidien …), vous guérirez sans problème (le muscle a cette extraordinaire faculté de se casser seul et de se réparer seul). Vous pourrez reprendre progressivement la CAP,  2 à 3semaines (15 à 20 jours) après la lésion initiale.

Si on ne peut pas classer la lésion, si on ne peut pas définir la gravité par les éléments que je viens de donner, il faut faire une échographie musculaire.

Pour la raison de vos lésions : ne cherchez pas. Il n’existe pas de facteur alimentaire, de méforme, de mauvais entraînement … qui soit la cause d’une lésion musculaire. Le seul élément soit vrai est : le sportif qui a déjà fait une lésion musculaire est plus à risque de faire une autre lésion. Vous êtes donc un sujet à risque (il s’agit de votre deuxième lésion). Mais continuez vos entraînements comme vous le voulez (le fractionné n’est en rien une cause de lésion musculaire ; le sport en général, oui).

Il n’existe pas, non plus, de garantie préventive. Le port de cuissard de compression ne diminuera pas le risque de faire une autre lésion.

Votre âge est, un peu, en cause : on fait plus de lésion musculaire avec les années mais, généralement, la blessure musculaire de l’athlète de plus de 45 ans se localise au niveau du triceps sural (muscles postérieurs de la jambe). Chez vous, ce n’est pas le cas.

En conclusion, déterminez la gravité de la lésion et n’hésitez pas à faire une échographie musculaire si doute.

Bon sport !

Découvrez nos sélections de produits running sur www.lepape.com

Une réponse à la question

  1. bjr

    la se situe au niveau du biceps crural c’est une » déchirure péripérique

    aponévrotique »

    4cm/1cm avec un petit hématome je peux faire du vélo sans cales pieds et

    trottiner en dessous du seuil de la douleur au niveau douleur je ne ressens rien

    le médecin a dit 6 semaines avec reprise progressive et en 5é semaine écho de

    contrôle je peux recommencer a fractionné en faisant du 30/30la 5é semaine a

    90%de vma ou je suis étonné le médecin ne préconise pas de la kiné il me dit le

    fait de faire du vélo ou trottiner c’est ce qui va vascularisé la lésion

    salutations merci

    controle

    Répondre
    • Bonjour,

      Vous avez donc une lésion musculaire majeure puisqu’il existe un hématome (le muscle saigne en « se cassant »). Sachez que la taille de la « déchirure » n’a aucune importance (« les imageurs » aiment bien mesurer « les choses » !). En effet, il n’existe aucune corrélation entre la soi-disant « taille de la déchirure » et le temps d’indisponibilité sportive.

      Votre médecin a raison, la meilleure des rééducations est l’auto rééducation avec une reprise progressive et programmée des activités physiques et sportives.

      Le vélo est bien évidemment la base de cette rééducation en commençant par le volume (la quantité, l’endurance), en cherchant donc à tester la fatigabilité musculaire. Puis vous attaquerez la qualité (la vivacité, le sprint) pour tester la solidité musculaire.

      Vous introduirez progressivement la course à pied, sur ce même schéma (quantité/qualité). Il ne faut pas trottiner mais courir très relâché dans le programme d’endurance et privilégier le terrain plat. Ne faites pas trop de planification et d’objectifs chiffrés et datés ; laissez venir la guérison en respectant les bonnes et les mauvaises sensations dans votre entraînement. Le but est d’avoir une cicatrice solide et non de refaire une lésion dans les deux à quatre semaines qui suivent votre reprise totale du sport.

      Donc « vouloir gagner » 8 à 10 jours et prendre le risque d’une rechute (très problématique pour la guérison) serait une erreur grave.

      Répondre
      • Bonjour,

        Lors d’un entrainement de course à pieds, au milieu d’une série d’accélérations et d’alongement de la foulée, j’ai senti deux vives douleurs successives derrière les deux cuisses.
        Après échographie, il s’agit de deux belles lésions ischios. Déchirure derrière la cuisse droite sur 6cm et sur 8cm derrière cuisse gauche, avec trois gros hématomes.
        L’urgentiste, le médecin généraliste, le médecin du sport et le kiné m’ont dit ne jamais avoir connu quelqu’un victime de deux lésions similaires sur deux cuisses, en même temps.
        J’ai été incapable de me lever, de m’asseoir, et encore moins de marcher pendant trois semaines. Aidé de béquilles, j’ai pu me déplacer péniblement quelques minutes par jour par la suite. Au bout de quatre semaines, J’ai commencé la kiné à base me massages doux pour drainer les hématomes encore bien présents.

        Aujourd’hui, ça fait sept semaines que je me suis blessé et j’ai rangé les béquilles. Je peux maintenant rester debout ou marcher lentement environ deux heures par jour, sans trop de douleur.
        Je suis par contre encore incapable de m’accroupir, la position me fait hurler de douleur (bizarrement douleurs vives localisées aux deux genoux)
        Les séances de kiné se composent toujours de massages certes beaucoup plus pénétrants et de quelques étirements assistés.
        Je commence sérieusement à trouver le temps long et me demande quand je pourrais rechausser les tennis.
        Auriez vous quelques conseils, idées d’exercices que je pourrais essayer de mettre en place?
        Sportivement

        Répondre
        • Bonjour,

          Vous décrivez parfaitement la survenue de lésions musculaires au niveau des deux ischio-jambiers chez un sprinter. Vous décrivez aussi les quatre signes qui font penser qu’il s’agit d’une lésion musculaire bilatérale grave : début brutal pendant l’activité sportive, douleur initiale importante voire très importante, impotence fonctionnelle avec obligation de se déplacer avec des béquilles pendant plusieurs jours, hématomes intramusculaires ou inter-aponévrotiques à l’échographie.

          Il s’agit donc d’une lésion musculaire majeure. En cas d’atteinte unilatérale, l’arrêt de la pratique sportive est toujours long avec une reprise de séances alternant marche et jogging à 40 jours puis la reprise du sport à 60 jours minimum. Vous avez été victime d’une lésion musculaire majeure des ischio-jambiers des deux cotés, et voilà une cinquantaine de jours que vous avez été blessé : il va falloir encore patienter quelques semaines avant de pouvoir courir à faible allure.

          Il serait logique et intéressant de refaire actuellement une nouvelle échographie pour visualiser l’évolution de la cicatrisation musculaire et s’assurer que les différents hématomes ont nettement régressé.
          Le kinésithérapeute qui suit la cicatrisation musculaire devrait à présent pouvoir vous faire travailler sur une rééducation de type excentrique, c’est-à-dire dans le sens de l’allongement des muscles. Cette rééducation doit se faire au départ « à la main » sans déclencher de phénomènes douloureux puis plus spécifiquement sur une machine à ischio-jambiers. Il est important de continuer les étirements pour lutter contre la raideur musculo-tendineuse qui est responsable de vous douleurs au niveau des genoux.

          Vous pouvez continuer à marcher à votre rythme et, pourquoi pas, commencer à faire du vélo si cette activité ne déclenche pas de douleurs. Toutes les activités physiques douces auront un rôle positif sur la cicatrisation et si elles restent indolores, il ne faut surtout pas vous en priver.
          Patience et continuer à travailler chez votre kinésithérapeute au moins deux à trois séances par semaine.

          Cordialement

  2. Bonjour,
    Une élongation au mollet avec saignement m’a été diagnostiquée après IRM.
    Mon médecin m’a préconisé du repos 4 semaines et reprises de la course à pieds avec une protection en néoprène au mollet. J’ai lu que cette protection entraînait une transpiration abondante et fort désagréable lors de l’activité. Ma question est la suivante: Puis-je remplacé cette protection en néoprène par un manchon de compression plus adapté pour évacuer la transpiration? ou alors ni l’un ni l’autre ne sont nécessaire?
    Merci d’avance,
    Ludo.

    Répondre
  3. Bonjour,
    Si j’ai beaucoup apprécié l’ensemble des témoignages et des conseils attenants, je reste sur ma fin pour ce qui de l’utilisation d’un cuissard de compression : Est-ce que ça sert à quelque chose, en dehors de remplir les caisses des vendeurs, et si oui, sur quel principe ?
    Depuis quelques semaines, je souffre d’une douleur inguinale survenue au cours d’un entrainement de tennis. Sur le moment, j’ai crains à une récidive de mon hernie opérée il y a une trentaine d’années. La douleur était tellement localisée dans l’aine que la confusion était justifiée. Jusqu’à hier, j’ai continué à m’entrainer car hormis sur le moment, la douleur ne m’handicape pas au quotidien. Malheureusement, chacun de ces entrainements s’achève prématurément par une récidive de la douleur, sur un geste, j’ignore lequel…
    La douleur est brutale, pas aussi douloureuse qu’un claquage aux ischios dont j’étais familier plus jeune, pas aussi paralysante que des contractures aux mollets que j’ai découverts les 2 années passées, mais elle m’empêche de pousser vers l’avant.
    Le toubib a diagnostiqué une pubalgie et les radios présentent un début d’arthrose de la hanche. Cela me laisse perplexe.
    Au quotidien, la seule douleur que je ressente apparait chaque fois que je fléchis la hanche en levant la cuisse, genre pour enfiler mes chaussettes ou lacer mes chaussures en posant mon pied sur une chaise.
    J’ai testé une foultitude d’étirements et de manipulations: rien n’y fait. Impossible de localiser la douleur qui semble profonde. Je commence bientôt la kiné mais je dois traiter des inflammations de l’épaule auparavant.
    J’ai 56 ans et je me demandais s’il était possible, outre par le port d’un cuissard de compression (ou autre chose) durant les entrainements, par le renforcement musculaire et/ou des étirements de lutter contre la survenue de ce genre d’accident.
    Je précise à toute fin utile que j’étais, il y encore 30 ans de cela moniteur de sport à l’armée, que j’étais compétiteur tant en athlétisme qu’au rugby et que j’ai enseigné et pratiqué la musculation quelques années. Après un break forcé d’une quinzaine d’années, je tente non sans mal de reprendre une activité physique et sportive : 2012-2013 contracture aux mollets puis au quadriceps – 2013-2014 épicondylite – 2014-2015 inflammation de la coiffe des rotateurs… vive le tennis
    Par avance, merci pour vos commentaires
    Cdlt

    Répondre

Réagissez