Planification : 6 conseils pour passer de la théorie à la pratique

Planifier puis réaliser un entraînement c’est souvent se heurter au réel : contraintes dans l’emploi du temps, épisode infectieux, réponse inadaptée à la charge, etc...
Alors comment passer de la théorie à la pratique ? Voici quelques conseils pour réussir cette étape.

entrainement

Avant-propos

La planification, en théorie, cela peut être assez simple : des cycles de travail distincts, une alternance des charges de travail, de la progressivité, etc. Mais en pratique tout est beaucoup plus complexe : vous êtes limités dans le temps, votre emploi du temps n’est pas idéal pour vous entraîner, vous rencontrez de nombreux imprévus au cours de la préparation, etc…

Il convient donc de ne pas se bloquer face à ces difficultés qui sont normales dans le processus d’entraînement. Et de trouver les solutions pour accorder la théorie et la pratique pour au final réaliser une préparation satisfaisante (mais pas parfaite, bien sûr).

 

 

6 conseils pour passer des livres au terrain

Conseil n°1 : Accepter l’imperfection de votre préparation

La première chose à faire est évidemment d’accepter de faire évoluer votre planification théorique selon les contraintes du terrain. Parfois les différences entre ce qui est prévu et ce qui est réalisé sont très grandes ! Sachez que dans la plupart des cas, une préparation ne se passe pas comme prévu ! Acceptez cela à chaque fois que vous faîtes face à une impossibilité ou à une difficulté.

 

Conseil n°2 : Planifier, toujours !

À la lecture du premier paragraphe, vous pouvez êtes tenté de ne plus planifier votre entraînement. « Si ça ne se passe jamais comme prévu, pourquoi m’embêter à prévoir ? ». Parce que sans planification et sans vision à long terme vous allez faire de grosses erreurs ! Mettre son entraînement sur le papier permet déjà d’éviter de nombreux pièges. Et même si votre préparation doit être adaptée 10 fois en cours de route, ne faîtes jamais l’économie de la planification (même au 10ème imprévu).

 

Conseil n°3 : Faire des choix, prioriser

Dans la théorie, parfaite, vous avez le temps d’enchaîner les cycles de travail et de multiplier les thématiques. Mais sur le terrain c’est très rarement le cas. Il faut donc faire des choix et donner des priorités. Parfois, à la fin, vous aurez peut-être travaillé seulement 20% de ce que vous vouliez développer à la base. Mais ce n’est pas grave car dans bien des cas cela suffit pour progresser.

 

Conseil n°4 : Tenir une ligne directrice (simple de préférence)

Le plus important, au final, c’est de garder une ligne directrice sans s’éparpiller. Et plus cette ligne est simple plus elle sera facile à tenir. Il vaut mieux bien travailler peu de choses que de se disperser en multipliant les objectifs de développement.

 

Conseil n°5 : La séance de moins

Pour éviter de se perdre dans le « toujours plus », gardez ça en tête : il vaut mieux faire sauter une séance que faire l’entraînement de trop. Lorsque vous hésitez et que vous avez peur de forcer les choses, il est souvent préférable de s’abstenir.

 

Conseil n°6 :  Être à l’écoute des sensations, trouver le bon curseur

Evidemment, votre ressenti ou celui de l’athlète que vous suivez doit être capital dans vos prises de décisions. Les sensations et la motivation font partie de l’équation. Mais attention, cela ne signifie pas qu’il faille tout céder au feeling, sinon il n’y a plus de ligne directrice. Il faut donc être capable de prendre les bonnes informations chez le sportif (soi-même ou celui que l’on entraîne) tout en gardant une certaine distance au moment de décider.

 

 

Mes conseils « perso »

En tant que coach, je donne donc des priorités pour conserver une ligne directrice claire soutenable dans le temps. Ces choix sont évidemment personnels, mais je vous les partage pour nourrir votre réflexion :

 

À la base de ma planification il y a deux piliers : La progressivité dans l’entraînement et l’alternance de la charge (travail et récupération). Autrement dit je fais toujours attention à ne pas griller les étapes (même si au final il faut renoncer à certaines choses ou prendre plus de temps que prévu) et je fais suivre toujours des périodes d’assimilation aux périodes de développement (et j’attends toujours le bon moment pour proposer un travail difficile à l’athlète. Si ce n’est pas le moment, alors ce travail est repoussé).

L’endurance est toujours prioritaire sur l’intensité. Cela signifie que j’essaie davantage de maintenir le volume prévu plutôt que l’intensité. Par exemple, si le coureur est fatigué ou que son emploi du temps est difficile, alors je préfère qu’il repousse un entraînement intensif mais qu’il conserve, dans une certaine mesure, son volume d’entraînement en endurance. Bien sûr je suis également prêt à retoucher les volumes d’entraînement si nécessaire.

– Concernant les intensités, j’essaie de me concentrer sur un nombre restreint de qualités. Concrètement, je fais généralement travailler 1 à 2 qualités simultanément au maximum.

– Enfin, je n’ai pas de problèmes à abandonner l’idée de cycles très définis (un mésocycle de 3 semaines pour développer le seuil anaérobie par exemple). Evidemment lorsque l’opportunité se présente je ne m’y refuse pas. Mais pour jongler efficacement avec les contraintes, je préfère ne pas m’obliger à enchaîner des blocs au cadre très strict. Par contre je fais toujours attention à ce que les bases et l’idée générale de l’entraînement soient respectées.

 

En espérant que cet article puisse vous aider à gagner en souplesse et en efficacité dans la conception et la réalisation de votre programme d’entraînement !

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