Nicolas Navarro : « L’objectif est de refaire les minima et tant mieux s’il y a un gros chrono au bout. »

Ce dimanche, place au 43e marathon de Valence (Espagne). Sur un parcours réputé ultra-rapide une dizaine de Français seront au départ de la course élite. Objectif réaliser les minima pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 (2h08'10 pour les hommes 2h26'50 pour les femmes).
À ce jour, côté masculin, Nicolas Navarro avec son record établi en février dernier à Séville (Espagne) en 2h06'45 est le seul marathonien Français à avoir signé les minima. Il sera au départ pour confirmer ce chrono, l'améliorer si possible avec la manière. Entretien.

Lepape-info : Nicolas, comment se sont passées les dernières semaines de préparation depuis votre 3e place à Marseille-Cassis ?

Nicolas Navarro : Cela s’est plutôt bien passé, j’ai fait 4 grosses semaines assez intenses, la forme est montée crescendo, il ne reste plus qu’à concrétiser dimanche, voir si cela passe et que les jambes répondent bien le jour J, c’est toujours un peu l’interrogation. Sur ma plus grosse semaine je suis monté jusqu’à 240 km avec une moyenne de 220 km/semaine sur les 4 dernières. J’avais juste eu une petite alerte au mollet avant Marseille-Cassis avec 2 jours de repos. Depuis je n’ai pas eu de problème, il y a juste eu de la pluie sur certaines séances mais sinon tout s’est bien passé.

Lepape-info : Le marathon de Valence est celui que vous connaissez le mieux

N.N : Dimanche je le ferai pour la 6e fois, c’est un endroit que j’adore et c’est pour cela que je reviens avec grand plaisir. Je l’aborde comme un marathon classique; comme j’ai mes repères je ne me mets pas la pression. Comme à chaque fois cela se passe bien je me dis que cela sera encore le cas, je connais les points forts et faibles du parcours, cela m’aide beaucoup, c’est très important.

Nicolas Navarro : « Le record de France j’y pense sans y penser, j’y penserai peut-être dans les derniers kilomètres. Pour l’instant je ne me dis pas que je pars sur les bases du record de France, je serai avec le 2e groupe, je vais essayer de m’accrocher le plus longtemps possible et voir comment cela va se passer. On est pas non plus à l’abri que Morhad Amdouni soit aussi capable de battre son record. »

Lepape-info : Actuellement vous êtes le seul marathonien Français à avoir réalisé les minima pour les Jeux Olympiques de Paris, vous serez a départ pour confirmer mais pas que ?

N.N : L’objectif sera de valider une 3e fois les minima (après Valence l’an passé et Séville en février) et presque assurer mon billet pour les Jeux, je dis presque car on est jamais sûr de rien tant que cela n’est pas officiel. L’objectif est de refaire les minima et tant mieux s’il y a un gros chrono au bout, ce serait la cerise sur le gâteau, il ne faut pas se tromper d’objectif, il faut avant tout « valider » la qualification pour les Jeux. Si je peux, j’améliorerai mon record établi à Séville (2H06’45), le 2e groupe dans lequel je serai devrait partir sur une allure de 2h05-2h05’30 sachant que le 3e groupe sera sur une allure de 2h08 et que je ne suis pas là pour faire 2h08.

Lepape-info : Le record de France de Morhad Amdouni en 2h05’22 est du coup en danger ?

N.N : Sur le papier du moins, le record de France j’y pense sans y penser, j’y penserai peut-être dans les derniers kilomètres. Pour l’instant je ne me dis pas que je pars sur les bases du record de France, je serai avec le 2e groupe, je vais essayer de m’accrocher le plus longtemps possible et voir comment cela va se passer. On est pas non plus à l’abri que Morhad Amdouni soit aussi capable de battre son record.

Nicolas Navarro : « Ma préparation s’est bien passée, sur les sorties longues et certaines sorties j’étais un peu plus rapide que lors des anciennes préparations maintenant il faut le concrétiser, il faudra être fort dimanche. »

Lepape-info : On n’a jamais vu autant de Français au départ dimanche de la course élite avec en plus cet objectif de minima pour les Jeux

N.N : D’habitude on est pas tous au même endroit au même moment, c’est plutôt bien qu’il y ait de l’enjeu ici à Valence, on a tous fait notre préparation sur la même période, on aura tous des conditions météo identiques le jour de la course. On aura une confrontation directe, c’est la meilleure solution pour faire des minima, ce sont un peu des « Trials » mais pas officiels avec des modalités de qualification plus complexes puisque même si l’on fait les minima on est pas sûr de participer aux Jeux. Il y a quelques années il n’y avait pas autant de monde qui performait sur marathon, c’est une très bonne chose.

Lepape-info : Après le forfait avant les Mondiaux à Budapest de cet été en raison d’une blessure, il y a de l’excitation, du stress à l’idée de recourir un marathon ?

N.N : Oui forcément il y a de l’envie, de l’excitation d’être au départ, de renouer avec cette distance et d’évacuer la frustration de ne pas avoir pu courir à Budapest. Comme je l’ai dit ma préparation s’est bien passée, sur les sorties longues et certaines sorties j’étais un peu plus rapide que lors des anciennes préparations maintenant il faut le concrétiser, il faudra être fort dimanche. Le stress n’est pas quelque chose qui me perturbe, disons plutôt qu’avant la course c’est du bon stress d’autant que j’ai déjà fait les minima, c’est un gros avantage par rapport aux autres.

Lepape-info : Votre compagne Floriane Hot sera aussi au départ

N.N : Oui elle n’était pas encore sûre de prendre le départ il y a 2 semaines et finalement elle s’est sentie bien au fil de sa reprise (après son congés maternité) notamment lors de quelques sorties longues. Elle partira peut-être sur des bases de 2h50-2h55.

Lepape-info : Du coup qui va s’occuper de votre petit garçon Nino ?

N.N : Les parents de Floriane et les miens seront là, ils vont se relayer tout au long du week-end et évidemment sur le parcours dimanche. Je ne suis pas sûr que Nino soit là au départ car parfois il se réveille tard, 8h15 du matin cela sera peut-être un peu tôt ! (rires)

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