Au coeur du trail de Faverges (74) avec Christophe Boebion, le 15 juin 2013

Christophe Boebion, 11e du 43 km individuel en 4h22mn25s a été le témoin privilégié des événements en tête de course du Trail Faverges Icebreaker. Il nous raconte.

Trail Faverges 2013
Christophe Boebion au Trail Faverges

Avec un regard extérieur, on ne retient souvent d’une course que les résultats à l’arrivée.

On les survole pour savoir ce qu’a fait telle ou telle personne que l’on connaît, ou on essaye d’analyser pour tenter de comprendre. Mais quand on est à l’intérieur de la course, on sait que ce sont plein de petites anecdotes qui font la course et que tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, tout peut se passer. Et il s’en est passé des choses sur ce 43 km du Trail de Faverges 2013 !

Au vu du chrono à l’arrivée de ce Trail de Faverges, on retiendra bien sûr la victoire brillante de Patrick Bringer (3h48mn40s) sous le soleil éclatant et la deuxième place de son disciple et jeune coéquipier du Team Sigvaris, Nicolas Martin (3h59mn02s)tous les deux en préparation pour le mondial de trail (voir la composition de l’Equipe de France de trail). Au vu du chrono, on peut même se dire que Patrick était un peu seul au monde sur un parcours légèrement modifié à cause de la neige.

Le contraste est d’ailleurs saisissant avec la chaleur étouffante au petit matin sur la ligne de départ : ce sera pour certains le principal adversaire de cette belle journée organisée de main de maître. Tout au long de ces 43 km, d’un parcours majestueux au cœur du massif des Bauges, il aura fallu batailler et être déterminé pour s’extraire d’un peloton dense et inscrire ainsi son nom dans le classement.

Même si Patrick Bringer a pris les choses en main dès le départ, il me confiera tout de même, « qu’il n’avait aucune certitude sur l’état de ses jambes et qu’il a voulu se tester en imposant son rythme dès les premiers hectomètres de course ». Nombreux sont ceux qui n’auront pas eu autant de réussite à l’image de Greg Vollet (Team Salomon) qui après avoir fait une grande partie de la course en tête, disparaîtra d’un seul coup, contraint de s’allonger dans une prairie, la chaleur ayant eu raison de son organisme.

En tant que témoin privilégié, j’ai pu suivre tous ces petits faits divers de course de l’intérieur avec amusement parfois ou déception pour ceux que j’ai vus à la dérive ou encore enthousiasme pour ces champions qui sont allé au bout d’eux-mêmes et pour lesquels j’ai une telle admiration. En ce jour, j’ai vu des multi-récidivistes de la victoire qui luttaient avec eux-mêmes, loin de leurs habitudes de tête de course pour aller au bout du parcours et d’autres dépités qui jetaient l’éponge dans un jour sans.

Sur une course, dès les premiers kilomètres, on sait qui est en forme et qui ne l’est pas, mais pour autant rien n’est joué. Il suffit parfois d’un œil jeté quelques mètres devant pour voir les uns abandonner et les autres qui n’arrivent pas à suivre. Juste derrière eux  on peut vivre en direct le scénario de la course. Nicolas Martin, que j’ai vu pas au mieux en début de course, me confirmera à l’arrivée qu’il a « vraiment souffert et qu’il a dû y croire jusqu’au bout et ne rien lâcher pour aller chercher sa 2ème place ». Pour avoir été un long moment avec Ludovic Pommeret (4h15mn49s), j’ai pu vivre ses coups de moins bien et constater sa motivation pour se battre au-delà de ses limites avant de s’effondrer, épuisé, à peine franchi la ligne. Lui qui en cinq participations n’avait décroché que des victoires et des deuxièmes places, a dû batailler pour se classer 9ème à l’arrivée. Un classement qui souligne à quel point le niveau était relevé cette année.

Au niveau des images, je retiendrai les frères Camus, Sébastien (19e en 4h39mn20s) et Sylvain (36e en 5h00mn43s), mes « idoles » en descente que je double dans une pente un peu raide, sentiment étrange. Les chassés croisés avec Fabien Chartoire (8e en 4h14mn30s), victime de défaillances à répétition. Autant de petits trucs qui ne se partagent qu’entre coureurs autour d’un verre à l’arrivée et qui font la course bien au-delà du chrono et du classement.

Chez les filles, la course n’a pas été moins serrée et Stéphanie Duc a fait jouer son expérience pour ne pas lâcher sa rivale Christel Dewalle, qu’elle est venue cueillir dans la dernière descente. « Je ne l’ai pas quittée des yeux, je suis restée patiemment car je la savais très forte en montée, et puis j’ai pris la tête dans le final ». Une belle victoire pour celle qui participait aussi au stage de l’équipe de France de trail après sa toute nouvelle sélection.

Une belle journée, de la réussite pour les uns, de la déception pour les autres. C’est ça la course. Plein de petits moments forts et attachants pour tout le monde, des moments partagés dans une ambiance festive autour d’un repas en se disant quelle chance nous avons de pouvoir vivre et partager tout cela.

Christophe BOEBION

Quelques photos