Au cœur du marathon de Rome 2013 avec Delphine

Veni, vidi, vici !

Pour son deuxième marathon après Paris en 2012, Delphine, 39 ans, avait choisi l’Italie. Ce dimanche 17 mars 2013, elle était au départ du marathon de Rome. Son récit.

Marathon de Rome 2013

Après plusieurs jours de suspense religieux sur l’heure du départ, nous, les 14 183 participants du marathon de Rome nous nous sommes finalement élancés ce dimanche 17 mars 2013 à 9h30 avec une température assez fraîche et du vent.

Je suis parmi les 2312 femmes, 1262 Français (nous sommes les étrangers les plus nombreux à y participer…) à m’élancer devant le Colisée… L’émotion est là, je suis bien à Rome, j’y suis et je compte bien aller au bout de ce marathon…trois mois de « prépa », 565 km à m’entraîner, sous la pluie, le vent, la neige , le verglas et même  la chaleur des tropiques..

Le plus jeune participant est né en 1994 (il est Suisse) et le plus vieux en 1929 (il est Italien) alors à 39 ans je peux y croire, surtout avec ce nouveau Pape ! Un premier miracle aujourd’hui serait tout bon pour lui !!! Il faut dire qu’il nous vole un peu la vedette… les spectateurs sont tous place St Pierre !!!

Les premiers kilomètres sur les pavés se passent bien…39 minutes pour faire les cinq premiers, je suis bien. J’ai trouvé une autre Française, Isabelle, qui espère faire aussi 4h30, alors je cours en sa compagnie. Nous suivons les ballons roses en pensant qu’ils sont là pour les 4H30, nous allons nous apercevoir qu’ils indiquent 5 heures… Nous allons faire en sorte de les avoir toujours derrière nous…

Les kilomètres défilent, les pavés aussi, les faux plats, les petites montées sont bien là ! Les spectateurs nous encouragent. Pas beaucoup de coureurs déguisés ici, pas beaucoup de groupe de musique le long du parcours, je n’en ai compté que cinq. L’ambiance est nettement moins bien qu’à Paris et cela va me manquer.

Ma famille est là tout le long du parcours pour me supporter, je guette les endroits où ils sont censés se trouver, ça me motive.

Marathon de Rome 2013Au 21ème km, je prends mon ravitaillement, une pâte de fruits et quelques minutes après, j’ai des nausées, je suis barbouillée, bref ce n’est pas la grande forme….Oh non pas là, pas aujourd’hui ! Je bois de l’eau, rien n’y fait… A ce moment je sais que les 4h30 s’envolent. J’ai des papillotes devant les yeux pendant presque 10 km. Isabelle me conseille de manger un peu au prochain ravitaillement. Je mange un quartier d’orange et bois quelques gorgées de boisson énergétique. On dirait du Tang (souvenir de mon enfance) ça passe bien et quelques minutes après, ça va mieux.

Pour mettre à plat le moral qui est déjà bien bas, la pluie fait son apparition. Heureusement elle ne va pas durer. Je repars du bon pied. Nous quittons le centre de Rome pour la banlieue. Cette portion du parcours est très, très longue ! Pas de public, pas de supporters, pas d’ambiance, un paysage sans aucun intérêt… que c’est long ! Je me concentre sur la musique et les gens qui me sont chers, sur des pensées positives.

Enfin de retour dans le centre. Il y a du monde, des encouragements, des monuments. Bref, la niaque revient et tout va bien ! Mes loulous sont là, ça me donne la pêche. Les derniers kilomètres sont difficiles car il y a toujours beaucoup de faux plats, et les montées avec du vent de face bien froid…

J’ai vraiment hâte d’arriver, j’en ai marre, je me demande ce que je fais là. Petite douleur au genou… Ha non, pas à 2,5 km de l’arrivée ! Toujours les pavés, au total pendant une vingtaine de kilomètres durant ce marathon, mais les montées me gênent plus que les pavés. La femme devant moi se prend les pieds dedans et s’étale…mince alors ! Je m’apprête à la relever mais un homme est plus rapide.

Je continue, la douleur a disparu comme elle est arrivée… Allez ma grande, c’est bientôt fini ! Ultime kilomètre, ça tourne et ça monte encore. Ha non ! Et là je le vois… ce Colisée que j’ai tant attendu ! Une haie de gladiateurs et bing c’est fini… J’entends les loulous, je tourne la tête, je les vois…  J’ai le souffle coupé, je pleure… 4h52 temps officiel, 4h50 à mon chrono, soit 28 minutes de mieux qu’à Paris ! Je n’aurais pas pu faire mieux, j’ai donné ce que j’ai pu… On m’entoure d’une couverture de survie, on me met la médaille autour du cou… Rome 2013 : veni, vidi, vici !!!