Au coeur des Templiers avec Jean-François Mathot, le 27 octobre 2013

Ce week-end avait lieu à MILLAU le Festival des Templiers. Ce ne sont pas moins de 12 courses qui ont lieu entre le vendredi et le dimanche pour environ 8000 participants. Pour ma part, et comme tous les ans depuis 2001, j'ai pris le départ de la Grande Course des Templiers qui a lieu le dimanche. Ce sera ma 13ème participation d’affilée.

Jean-François MATHOT

Dimanche 27 octobre : Le Jour J

Je n’ai pas oublié de changer d’heure et je me réveille à 3h00. Ma tenue est prête et le rituel étant bien rodé, je ne perds pas de temps pour me préparer. J’arrive à MILLAU vers 4h00 et je patiente une petite demi-heure dans la voiture avant de me rendre sur la zone de départ. J’ai la chance d’être dans le premier sas. Cela me permet de m’échauffer un peu et de rester avec ma femme et mon fils jusqu’au dernier moment. Le départ est donné à 5h15 au son de la musique d’ERA et avec les flambeaux. C’est toujours un moment d’intense émotion…

Section Millau-Peyreleau (1er ravitaillement)

Comme d’habitude, ça part très vite devant. Il fait chaud, au moins 20° et le temps est humide. Pour ma part, je prends un rythme de croisière, le but étant de rester dans ma zone d’endurance. Une fois passé la première côte de Carbassas, il n’y a aucune difficulté notoire pour rejoindre Peyreleau et il faut faire attention à ne pas s’emballer sous peine de le payer sur la fin de course. C’est donc ce que je m’applique à faire et je respecte globalement le temps de passage que j’avais prévu (1h57mn pour 2h00). Je rempli un bidon et repars sans traîner, en mangeant une petite barre amande.

Section Peyreleau – Saint-André de Vézines (2ème ravitaillement)

A la sortie de Peyreleau, on prend la 2ème côte de la journée qui est sans doute la plus facile puisqu’on peut y alterner marche et course. Là encore, pas question de se griller, on est encore sur une portion assez facile, avec de larges pistes qui suivent la montée. Je suis donc toujours prudent et je veille à bien boire car je transpire énormément avec cette chaleur humide. J’avais prévu 3h05 et je passe en 3h06 à ce second ravitaillement. J’ai encore un bidon et demi et je fais le choix de ne pas m’arrêter.

Section Saint-André de Vézines  – La Roque Ste Marguerite – Pierrefiche (3ème ravitaillement)

Cette portion est sans doute l’une des plus belles avec le passage dans le chaos de Roquesaltes. Ca ne va encore pas trop mal, mais je sens que les mollets durcissent un peu. Pourtant jusqu’à La Roque, je suis dans un bon tempo. La montée qui suit ce hameau va confirmer ce que je sentais venir. Les crampes commencent à pointer le bout de leur nez. Je ne me suis pas assez méfié car avec cette chaleur humide, j’ai beaucoup transpiré et j’ai du perdre pas mal de sels minéraux. Or même si j’ai bien bu, ce n’était sans doute pas suffisant pour compenser cette perte. Je m’étais calé sur un passage en 4h40 et j’y arrive en 4h51 avec mes deux bidons vides. Je refais le plein et je bois de l’eau gazeuse pour m’enlever le goût du sucré du à la prise de boisson énergétique et de gels. Je repars malgré tout sans mollir.

Section Pierrefiche – Massebiau – Ferme du Cade  (4ème ravitaillement)

Cette section est la plus longue et par rapport à l’an dernier, je vais m’apercevoir qu’elle a été rallongée. Du coup,comme je commence à être dans le dur, elle me paraît interminable. J’ai les mollets qui sont verrouillés et dès que je veux monter le rythme je sens les crampes qui arrivent. C’est pénible et ça me déconcentre. Là-dessus, je prends deux bonnes gamelles qui n’arrangent rien. En passant à Massebiau, il y a un point d’eau qui est vraiment le bienvenu car j’ai bu mes deux bidons. J’ai du mal à avaler les gels car je suis saturé du sucré. Maintenant, je suis vraiment dans la partie la plus dure. La montée sur la Ferme du Cade est très pentue et j’y arrive tant bien que mal. Je me console en me rendant compte que c’est un peu le cas de tout le monde. Je refais à nouveau le plein et  je bois plusieurs verres d’eau gazeuse toujours pour m’enlever cette saveur sucrée que je garde en bouche.

Section Ferme du Cade – Millau (Arrivée)

En sortant du ravitaillement, j’alterne marche et course sur une piste large et sans difficultés sauf lorsque l’on a 65 kilomètres dans les pattes ! Puis, je descends un petit sentier assez pentu par endroit, avant de virer à droite et de remonter progressivement à flanc du causse. Ensuite, il faut me hisser sur le nez du « Puncho D’Agast», lieu où les parapentes décollent au-dessus de Millau. J’ai les adducteurs qui jouent de la guitare à chaque fois que je franchis un bloc rocheux, mais j’arrive tant bien que mal au bout de cette ultime difficulté. Je redescends ensuite un petit single assez raide et cassant, puis je remonte encore un peu pour rejoindre la Grotte du Hibou qu’il faut traverser pour basculer dans la descente finale. Au final, je termine cette aventure en 9h20mn35s, soit 59mn de plus que l’an dernier. Je suis 114ème (108ème l’an dernier) et 5ème V2. La course se gagne en 6h43’, soit 33 minutes de plus que l’an dernier.

ET MAINTENANT ?

Bon, je sais les lignes qui vont suivre vont faire hurler quelques uns ! Donc maintenant, j’ai une semaine pour bien récupérer. Dimanche prochain, je participe à la course des HOSPITALIERS à NANT, ancien lieu de départ des TEMPLIERS. Récit à suivre.

Amicalement et sportivement,

JEFF