Un test d’effort, pourquoi ? Pour qui ? Comment ?

Dans une logique de précaution ou pour évaluer son potentiel, le test d'effort est presque un passage obliger. Explications.

Test d'effort

La pratique sportive impose à l’organisme de grandes modifications physiologiques. Ces modifications sont variables en fonction du sport, de l’intensité de sa pratique et du pratiquant (âge, poids, niveau d’entraînement, …). Il est donc logique de proposer des tests d’efforts pour évaluer ces modifications physiologiques imposées par les efforts sportifs. Il faut bien différencier les tests d’effort faits en laboratoire, des tests faits sur le terrain. Dans ce chapitre, nous aborderons uniquement les tests dits de laboratoire et les tests médicaux. Nous laisserons faire le point sur l’exploration des filières énergétiques par les tests de terrain aux techniciens, entraîneurs et préparateurs physiques.

Pourquoi faire un test d’effort ?

Si l’on fait un test d’effort « pour faire un test d’effort » comme c’était un peu la mode il y a quelques années dans le sport, il est clair que ce test n’aura pas d’impact suffisant pour améliorer les performances (influence sur l’entraînement) et/ou pour recueillir des éléments médicaux pertinents (prévention des maladies cardio-vasculaires). Car on ne fait pas le même test d’effort pour un jeune sprinter de 16 ans que pour un marathonien de 35 ans ou que pour un cyclotouriste de 55 ans !

Définir l’objectif du test d’effort :

1. Vous voulez évaluer vos aptitudes physiques

Dans ce cas, il faut bien choisir, entre autres :

  • Le moment dans la saison sportive car les résultats donnés ne sont valables que pour ce moment « T»,  à savoir la date du test. On peut bien évidemment refaire le même test, dans les mêmes conditions, selon le même protocole, pour mesurer le suivi de l’entraînement compte tenu des variations enregistrées.
  • Le test en fonction des sources d’énergie utilisées durant l’activité sportive que l’on veut évaluer. Généralement, c’est le métabolisme oxydatif (endurance, filière aérobie, mesure de la VO² max) que l’on explore plus que les métabolismes  anaérobies alactique et lactique  (puissance, vitesse ; tests plus brefs, de haute intensité).
  • L’ergomètre (tapis de course, vélo, rameur) sur lequel on fait le test car il vaut mieux tester un marathonien, par exemple, sur un tapis de course que sur un ergocycle.

2. Vous voulez évaluer vos aptitudes cardio-vasculaires

Dans ce cas, il s’agit plutôt d’une indication médicale (prévention des morts subites, notamment) :

  • soit dans le cadre d’une anomalie d’effort, signalée (palpitations, essoufflement anormal, douleurs thoraciques, …)
  • soit dans le cadre de facteurs de risque (antécédents familiaux,  âge, tabac, hypercholestérolémie, hypertension artérielle, …)
  • soit dans le cadre du suivi longitudinal d’un sportif de haut niveau (coeur d’athlète).

On voit donc qu’il est très difficile de parler d’un test d’effort puisqu’il faut parler des tests d’effort en fonction des objectifs et des résultats escomptés par ces explorations.

Qui doit faire un test d’effort ?

Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, c’est l’objectif qui permet d’identifier le sportif ou le patient pour qui un test d’effort semble nécessaire.

1.    Chez beaucoup de sportifs, en bonne santé (visite d’aptitude au sport bien faite), pratiquant régulièrement, les méthodes d’évaluation indirecte de terrain (tests de terrain) suffisent largement pour recueillir les éléments physiologiques indispensables permettant de programmer un entraînement et d’améliorer les qualités athlétiques (anaérobies et aérobies). Nul besoin de test d’effort de laboratoire !

2.    Bien évidemment, chez le sportif de très haut niveau, les tests de laboratoire avec enregistrement en continu de la fréquence cardiaque, de la mesure des gaz (VO ², VCO ², évolution du quotient respiratoire), et le recueil de la tension artérielle, du taux de lactates … avec un encadrement médical palliant tout risque lors d’un test d’effort maximal, permettent de mieux définir :
•    la zone aérobie, où le métabolisme principal est le métabolisme oxydatif (peu d’augmentation des lactates),
•    la zone de transition
•     la zone anaérobie (augmentation des lactates).
Ces tests (jamais pris en charge par la sécurité sociale, bien évidemment) ont un coût élevé d’autant qu’il faut les refaire une ou deux fois dans la saison pour optimiser les données fournies … De plus, les tests de terrain, reproductibles facilement,  fournissent suffisamment d’éléments pertinents pour calibrer au mieux l’entraînement.

3.    Enfin, chez le sportif pour qui on pense qu’il existe un risque cardio-vasculaire (conclusions de la visite médicale d’aptitude), un test d’effort, fait par un cardiologue,  s’impose (il peut alors être pris en charge par la sécurité sociale). Les facteurs de risques sont :

Les facteurs de risque cardiovasculaires :

•    Métaboliques : cholestérol, diabète
•    Tabac
•    Hypertension artérielle
•    Antécédents familiaux de maladie cardiaque, chez des parents jeunes (< 60 ans) : mort subite, maladie cardiaque, …
•    Les signes fonctionnels : palpitations, malaise, douleur dans la poitrine, essoufflement.
•    Le projet sportif du patient : reprise du sport après un long moment de sédentarité ;  compétition ++  (attention on « banalise » un marathon, de nos jours !!)

Globalement, retenons qu’un test d’effort cardiologique (complété souvent d’une échocardiographie) s’impose chez :

1.    les sportifs asymptomatiques (pas de douleur, d’essoufflement, …) mais qui ont au moins deux facteurs de risques.
2.    Les sujets voulant débuter ou reprendre une activité physique intense  âgés de plus de 35-40 ans pour un homme et plus de 45-50 ans pour une femme.

En conclusion, chez la grande majorité des sportifs, les tests d’effort de laboratoire, systématiques, pour simplement mesurer les performances physiologiques ont un coût élevé et un rendement modeste, par rapport aux évaluations indirectes des tests de terrain, pour l’amélioration des performances athlétiques. Seuls, les sportifs de haut niveau, pour raisons légales (suivi obligatoire des sportifs de haut niveau) et pour affiner le programme d’entraînement (en fonction des demandes du coach) feront ces tests d’effort.

Il n’en va pas de même pour les tests d’effort à visée médicale, cardiologique,  dont l’intérêt est de dépister une éventuelle maladie cardiaque et/ou de calibrer le risque cardiovasculaire en fonction de l’intensité de la pratique sportive.

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