Fuites urinaires de la sportive : comment prévenir et traiter ce problème fréquent

Nous l’avons longuement démontré dans un article précédent, les sportives souffrent trois fois plus de fuites involontaires d’urine que les non sportives ! Nous allons décrire dans ce second article les moyens préventifs et les différents traitements efficaces pour que les sportives ne souffrent pas d’incontinence et que la gêne occasionnée par les fuites urinaires ne les détourne pas des activités physiques et sportives.

Coureuses, femme, été

A lire précédemment : Fuites urinaires de la sportive : un problème tabou pourtant si fréquent Prévention = information Les fuites urinaires chez la sportive sont fréquentes. Notre rôle à tous est de faire passer ce message auprès des sportives et leurs entraîneurs pour que ce sujet ne reste pas un sujet tabou dans tous les sports et surtout dans les sports considérés comme sports à risques. Il existe de nombreuses solutions pour guérir ou prévenir, l’essentiel est de les faire connaitre et de persuader les sportives qu’une prise en charge est toujours possible. Les « petits moyens » préventifs et palliatifs Avant d’envisager un parcours de soin avec les différents professionnels de santé qui savent prendre en charge les fuites urinaires, il est tout à fait licite de penser aux « petits moyens » et d’utiliser les protections absorbantes. Les produits les plus utilisés sont les protections pour incontinence légère qui présentent l’avantage d’être simples d’utilisation, discrètes et efficaces. Prévention = un renforcement musculaire lombaire et abdominal qui intègre les muscles de la respiration et les muscles du périnée Attention aux séances d’abdominaux ou d’abdominaux-fessiers réalisés en force ou bien sur de nombreuses répétitions sans intégrer le fonctionnement des muscles qui ont un rôle respiratoire (diaphragme et transverse) et les muscles qui permettent de verrouiller le périnée (sphincter de l’urètre et releveur de l’anus). Le renforcement musculaire ne sera efficient qu’en cas de contractions volontaires et coordonnées des différents muscles du caisson abdominal. Ce renforcement global devrait être appris sous surveillance avant d’être ensuite reproduit par la sportive. Différentes méthodes dérivées du yoga, comme la méthode Pilates par exemple, permettent de bien comprendre et intégrer la respiration dans la réalisation des exercices de gainage. Ces méthodes permettent aussi la prise de conscience du fonctionnement des muscles du périnée dans la réalisation des différents exercices de renforcement ou d’équilibre. Vous souhaitez renforcer abdominaux et lombaires ? Faites le toujours en vous grandissant au niveau de la colonne vertébrale sans creuser votre lordose lombaire (courbure vers l’intérieur de la colonne vertébrale,) et en corrigeant l’antéversion de votre bassin (il faut donc basculer le bassin vers l’avant). Vous souhaitez renforcer abdominaux et lombaires ? Faites toujours les exercices en prenant conscience de votre mode respiratoire (inspiration/expiration). Tentez de bien sentir le fonctionnement de deux muscles parfois synergiques, parfois antagonistes : le diaphragme thoracique et le muscle transverse. Périnée : le secret de la bonne réalisation des exercices de renforcement musculaire Coordination et équilibre sont les secrets de la réussite. Coordination dans le fonctionnement des muscles lombaires, des muscles abdominaux, de la respiration par les côtes et le diaphragme, de la contraction volontaire des muscles du périnée. Dès que ces bases sont bien comprises, il est intéressant de compliquer les exercices en introduisant un facteur de recherche d’équilibre par la mobilisation d’un des membres inférieurs (photo 1) ou bien par l’utilisation de ballon (photo 2). Accouchement = rééducation périnéale

Périnée : le secret de la bonne réalisation des exercices de renforcement musculaire
Photo 1 : les exercices en intérieur

Dès le premier accouchement, la rééducation périnéale est prise en charge systématiquement par les organismes et les professionnels de santé. Cette technique de rééducation est parfaitement adaptée à une femme qui présente des fuites urinaires lors de la pratique de sports à risque. Dans un premier temps, il est important d’informer les femmes sportives de la structure et du rôle de muscles du périnée sur un schéma par exemple. Ensuite la rééducation périnéale permet de faire prendre conscience de l’existence des différents muscles du bassin en réveillant et renforçant leur contraction volontaire. Cette contraction volontaire est exercée sans blocage de la respiration en jouant sur l’inspiration et l’expiration. L’auto-rééducation périnéale Si la prise de conscience de la contraction volontaire des différents muscles du périnée et l’acquisition automatique du verrouillage avant et pendant l’effort sont bien comprises, il n’est pas nécessaire d’envisager les techniques de rééducation plus compliquées. Dans ce cas, l’auto-rééducation suffit et la sportive devra s’astreindre à mettre en place, seule et régulièrement, des séries de 8 à 12 contractions à la suite trois à quatre fois par semaine par exemple. Les traitements médicamenteux Les médicaments qui visent à augmenter le tonus du sphincter de l’urètre situé sous la vessie sont nombreux mais peu efficaces. Les traitements hormonaux, et au premier plan les traitements à base d’œstrogènes, peuvent être un peu plus efficaces mais sont délivrés sous haute surveillance du fait des risques d’induire un cancer du sein. Fortifier les muscles du périnée chez une kinésithérapeute

Périnée : le secret de la bonne réalisation des exercices de renforcement musculaire
Photo 2: Les exercices possibles à l’extérieur

Au cas où l’acquisition de l’automatisme du verrouillage périnéal ne se ferait pas par les simples contractions volontaires, il est possible de fortifier les muscles périnéaux par des techniques de rééducation plus élaborées : électrothérapie, biofeedback, kinésithérapie. Cette rééducation est généralement utilisée par des kinésithérapeutes femmes spécialement formées à ces techniques et qui travaillent en relation avec les gynécologues. Quand rien ne va plus : un bilan urodynamique avant la chirurgie Lorsque la rééducation périnéale ne permet pas de limiter les fuites urinaires d’effort, un bilan « urodynamique » réalisé par des médecins spécialisés pourra être envisagé. Le but de cet examen est d’analyser la capacité de la vessie, des pressions dans la vessie et le fonctionnement du sphincter urétral. Ces éléments sont importants pour mieux comprendre à quel niveau se situe la déficience et orienter éventuellement le traitement vers la chirurgie. Les techniques opératoires ont évoluées depuis le début des années 2000 et sont beaucoup moins agressives que celles utilisées au siècle dernier. La technique la plus utilisée actuellement consiste à poser une « bandelette » qui va soutenir l’urètre. Cette technique, qui peut être réalisée sous endoscopie par voie inguinale, donne de très bons résultats sur les fuites urinaires sans laisser de cicatrices au niveau des muscles de la paroi abdominale. Fuites urinaires chez la sportive : les conseils du médecin du sport

  • Vous avez des fuites urinaires à la pratique du sport : n’ayez pas de complexes, elles surviennent chez une sportive sur trois…
  • Vous avez des fuites urinaires à l’exercice : révisez avant tout votre préparation physique lombaire et abdominale car, mal réalisés, certains exercices peuvent déclencher et entretenir cette incontinence.
  •  Vous venez d’accoucher : prenez le temps de faire les séances de rééducation périnéale prévues et prises en charge par la caisse primaire d’assurance maladie.
  • Malgré tous ces éléments de prévention, les fuites urinaires à l’exercice persistent : pas de tabou, parlez en à votre médecin qui trouvera la solution thérapeutique la mieux adaptée à votre cas.

4 réaction à cet article

  1. Pour les petites fuites Il y a également la solution des slips lavables avec protection incorporée. Ils sont invisibles sous la tenue de sport et peu gênants. ils sont commercialisés uniquement par Eversures.

    Répondre
  2. Moi, je mets un tampon hygiénique pour éviter des fuites urinaires. Normalement c’est efficace.

    Répondre
    • Je suis surprise. Est-ce que vous placez ce tampon dans l’urètre, en passant par le tout petit méat urinaire ? Et tout ça dans des conditions stériles ?
      Utilisez-vous les bons mots ? Est-ce que vous ne confondez pas urètre et vagin ? Et dans ce cas, un tampon dans le vagin n’a aucune chance d’empêcher les fuites urinaires.

      Répondre
  3. la solution réside dans l’utilisation d’un système d’électrostimulation sans sonde vaginale des muscles du plancher pelvien le neurotech compact vital. ( matériel pris en charge par l’assurance maladie)
    Efficace en rééducation et en prévention.

    Répondre

Réagissez