Fracture de fatigue et reprise de la course à pied

La prudence est de mise

fracture de fatigue

Question : je souffre d’une fracture de fatigue décelée  il y a un mois par IRM. Malgré un traitement par béquillage, je n’ai toujours pas la sensation de pouvoir recourir. Que conseillez-vous afin de pouvoir reprendre la course sur terrain souple (gazon par exemple) ?

La réponse de Yannick Guillodo, médecin

Pour répondre précisément à votre question, il faudrait que vous soyez un peu plus précis sur la localisation de votre fracture de fatigue. On comprend qu’il s’agit d’une fracture de fatigue du membre inférieur (décharge  = béquilles) mais on ne sait pas s’il s’agit d’une fracture d’un des os du pied ou du tibia ou du péroné,…

Il faut rappeler que les fractures de fatigue sont tout à fait spécifiques de la pratique sportive. Elles surviennent sur un os sain (pas de tumeur, …), chez un sujet en bonne santé et sans traumatisme aigu. Le piège diagnostic est que la radiographie osseuse est normale, au début de la maladie. Seules la scintigraphie osseuse et/ou l’I.R.M. permettent de diagnostiquer plus précocement cette pathologie. Une fois le diagnostic fait, le respect strict de la douleur s’impose ; tous les mouvements au quotidien ou tentatives de pratique sportive qui entraînent une douleur, sont interdits.

Mais il faut rappeler aussi que la fracture de fatigue est toujours le signe d’un mauvais entraînement ou plus exactement d’un surentraînement. Votre os s’est cassé progressivement car il n’acceptait plus la « dose d’entraînement » que vous lui demandiez. Cette dose est bien évidemment très variable en fonction des sujets

(vous ne pouvez donc pas vous comparer à vos collègues d’entraînement) et en fonction de certains moments de votre vie (vous ne devez pas dire « j’ai fait des entraînements plus durs et je n’ai rien cassé »).

Si vous n’acceptez pas cette sanction de votre corps (sorte de « faillite osseuse » localisée), vous allez faire d’autres erreurs du même type. Essayez de faire un bon « debriefing » de vos dernières semaines d’entraînement et des autres éléments de votre vie (vie professionnelle, charges de travail ? épisode viral ? tout autre stress ?) pour ne pas vous retrouver, par la suite, dans une même situation de surentraînement.

Conclusion, il faut donc bien respecter la douleur. Si cette dernière est présente au quotidien (marche, montée des escaliers) il ne faut pas envisager une reprise sportive. Vous prendriez un risque d’aggravation (retard de consolidation, déplacement de la fracture, …). De même, il est strictement inutile et dangereux de prendre des médicaments pour masquer la douleur.

En principe, l’arrêt de sport est de deux à trois mois. Vous avez raison, la reprise sera progressive, avec de bonnes chaussures et sur un terrain souple. Et n’oubliez pas : les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, il faut mieux adapter votre entraînement que vous ne l’aviez fait.

Ceci est une réponse à une question posée à notre médecin du sport, Yannick Guillodo: vous aussi posez votre question à notre expert médical

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