Au coeur du marathon de Dublin (Irlande) avec Yannick Guillodo, le 31 octobre 2011

« Un vrai marathon de ville »

Yannick Guillodo, notre médecin spécialiste du sport, faisait partie des 14 000 coureurs qui ont pris le départ du marathon de Dublin, le 31 octobre 2011. Il en a profité pour visiter la ville… et nous fait partager son expérience.

Le lundi 31 Octobre 2011 se déroulait la 31e édition du  marathon de Dublin, et j’y étais !
Dublin, en Irlandais « Baile Atha Cliath », est la capitale et la plus grande ville de la république d’Irlande. Forte de plus de 500 000 habitants, Dublin est une ville jeune et dynamique car de nombreuses entreprises internationales  y ont installé leur siège, au cours de ces 20 dernières années. A titre d’exemple, le siège de Google pour l’Europe, l’Asie et l’Afrique, est dans la capitale irlandaise. Cette firme emploie plus de 2 500 personnes dont la moyenne d’âge est de 27 ans.

Un long week-end de fête

Bref, Dublin est une ville qui « bouge », d’autant que le marathon 2011 avait lieu pendant les fêtes d’Halloween. Historiquement, dans le monde celte, la nuit du 31 Octobre au 1er novembre était le début de la nouvelle année et la fête d’Halloween était la célébration de la divinité celtique Samhain. Dès la soirée du vendredi 28 octobre 2011, début d’un long week-end de fête pour les irlandais, les rues du centre ville sont bondées avec beaucoup de personnes déguisées. En fait, les déguisements sont très variés, inventifs et non centrés sur les sorcières et autre citrouille …

Les soirées dans les pubs, grande tradition irlandaise, sont, on s’en doute, très festives et musicales. Il est plus facile de « tester son anglais » dans cette chaude ambiance des pubs, en buvant une incontournable « Guinness ». Ce n’est pas la meilleure façon de préparer un marathon, me direz-vous. Certes, mais participer au marathon d’une capitale, c’est aussi visiter la ville, connaître les habitants, tester leurs habitudes culinaires…  Le sport ne fait-il pas partie d’un tout, dans l’équilibre d’une vie ?

L’inscription pour ce marathon est facile, en direct, sur Internet. Les hôtels et les restaurants sont assez onéreux pour une ville de cette taille  mais se  situent dans la moyenne des capitales européennes (nous étions au «Arlington Hotel », en plein centre ville ; le grand pub, au rez-de-chaussée, est sympathique pour débuter ou finir la soirée mais il faut demander des chambres à un étage élevé … pour ne pas goûter à « U2 »,  joué par l’orchestre local de la soirée !)

La remise des dossards est simple (accès en bus, sans problèmes),  conviviale et sympathique, à partir du samedi à 12 heures (attention le marathon a lieu le lundi). On peut en profiter pour visiter le quartier, typiquement irlandais avec, non loin, le nouveau Lansdowne Road Stadium, l’Aviva Stadium, stade  de 50 000 places constitué de feuilles en polycarbonate.

Un parcours finalement peu roulant

Contrairement à ce que l’on pouvait penser, dans cette ambiance de fête d’Halloween, il y avait peu de déguisements au départ de ce marathon international organisé par la « national lottery », le lundi 31 Octobre à 9 h 30.

L’organisation et la logistique du départ sont très correctes. L’hymne irlandais est un moment fort de recueillement collectif pour les 14 000 marathoniens au départ, dans Filtzwilliam Street Upper.

On court sur une seule boucle avec le départ (Filtzwilliam Street Upper) et l’arrivée (Merrion Square North) situés en centre-ville. Bien que l’on soit un long moment dans Phoenix Park (on peut d’ailleurs apprécier la verdure et la beauté des parcs irlandais, on traverse aussi Bushy Park), Dublin est un vrai marathon de ville. A mon avis, contrairement à ce qui est dit sur ce marathon, le parcours est peu roulant du fait de quelques raidillons courts mais pentus (une belle bosse au 20e mile et quelques bonnes ruptures de rythme à partir du 24e mile). Bien évidemment, le parcours est balisé en miles (un seul repère kilométrique au semi-marathon),  il faut le prévoir pour ses temps de passage.

A mon avis, également,  il n’existe pas assez de ravitaillements alimentaires sur le parcours : peu de fruit, de sucres, de produits énergétiques… il faut donc prévoir un apport alimentaire personnel, obligatoire, sur ce marathon.

Etant Breton et « peu habitué à la pluie », je craignais la météo automnale irlandaise. Le temps a été tout à fait correct (12/ 14 °) pour ce long week-end et pour le jour de la course … à condition de courir en moins de 4 heures …car la pluie, assez intense, a arrosé les marathoniens plus lents.

Il s’agit donc d’un beau et vrai marathon de ville, bien organisé et sans animation factice (vous savez l’orchestre, au coin d’une rue,  payé par l’organisateur !). Sur le parcours, dans cette ville typique, il y a des habitants, nombreux, chaleureux, encourageants les marathoniens avec les fameux « good job », « go, go »,  « come on guys ».

J’ai fini ce marathon celte, premier Brestois, à ma connaissance… un peu après le vainqueur (moins de 100 minutes !!!), le Kenyan Geoffrey G. Ndungu ( 2h08mn33s).

Yannick Guillodo