Au coeur des 10 km de Paris Centre, le 2 octobre 2011

Laurent Vantyghem, 33mn42s d’effort

Alors qu’il prépare son premier marathon, à New York dans quelques semaines, Laurent nous raconte son 10 km. Un récit de l’intérieur à presque 18km/h de moyenne !

laurent

Après quelques minutes de doute à fouiller frénétiquement mon enveloppe d’inscription, je comprends : le dossard est directement floqué sur le t-shirt. Ce n’est pas plus mal, ca m’évitera de me retrouver en galère d’épingle demain matin.

Nous sommes samedi 1er octobre 2011, la place du palais Royal, l’écrin retenu par l’organisation pour poser son village, est baigné d’une chaude et douce lumière. La course de demain s’annonce réussie : temps ensoleillé, densité et parcours en une seule boucle évitant les slaloms de fin de course. Un parcours mythique : départ face à l’Opéra, passage palais Brongniart et place Vendôme, arrivée rue de la Paix. Tout un programme… Malgré les petites modifications apportées par les organisateurs pour s’adapter au doublement du nombre de participants (5600 inscrits), le tracé du 10 km Paris Centre reste à la hauteur de sa réputation : sans doute le plus beaux 10km de Paris.

Levée 7h00, petit déjeuner frugal. Douche vivifiante et me voilà dans le RER direction Opéra. A 8h30 la foule est déjà compacte sur la ligne de départ alors que je finis de m’échauffer. Après le départ des handisports c’est notre tour. 9h05 : Un coup de feu qui claque et les 5000 coureurs du peloton s’ébranlent.

Un parcours jalonné de bosses

Ca part vite. Malgré le faux plat montant de l’avenue de l’Opéra mon groupe passe en 3 mn  le premier kilo et en 6 mn 10 s au 2 km ? Nous sommes en 15ème position.

Même à cette allure, l’élite s’est envolé, les postulants à la victoire sont 30 s devant. Oon entend alors le speaker annoncer que Yohan Durand (NDLR : qui l’emportera voir les classements) s’est échappé, poursuivi par Nicolas Guttin et Jamel Aarras.

Malgré l’adage, les premières impressions ne sont pas toujours les bonnes. Le nouveau tracé, en apparence très roulant, se révèle vite jalonné de bosses et de virages à 90° nécessitant des relances assassines.

La preuve : 17mn30s à mi course ! A moins que Nike se soit un peu emmêlé dans son marquage kilométrique, j’ai du mal à garder le rythme. Il va falloir relancer et tenter de compenser ce coup de mou par un négative split.

Je prends la tête du groupe pour tenter de revenir sur deux concurrents distants d’une cinquantaine de mètres et je parviens à raccrocher les wagons.

Ca se joue dans la tête

19mn50s au passage du 6ème kilomètre. Il y a du mieux : je repasse au-dessus de la barre des 18km/h. Ma relance a joué son rôle et la borne n°5 ne devait pas être tout à fait bien placée. Ne reste plus qu’à tenir. Sur un 10 km, passé le 7ème kilomètre, c’est dans la tête que tout se joue.

Les passants nous encouragent et s’étonnent de ne pas nous voir sourire en retour. Nous en sommes quittes pour un « Cache ta joie » tonitruant. Effectivement, on ne doit pas faire plaisir à voir.

26mn50s au 8e km. Ca tient mais ca devient vraiment dur.

Nous ne sommes maintenant plus que 3, côte à côte en dixième position. La période d’observation et de réserve est désormais terminée. La course est lancée et le finish s’annonce très ouvert au son des halètements un peu rauques qui me parviennent.

Je tente de prendre les devants pour éviter un emballement du train et pouvoir faire jouer ma pointe de vitesse. Mais ma manœuvre est vite décryptée. S’ensuit une forte relance à 1500 mètres de l’arrivée. Je m’accroche mais je sais déjà que cette poursuite n’est pas pour moi. A plus de 20 km/h alors qu’il reste 5 minutes de course, ce n’est pas aujourd’hui que je ferai parler ma pointe de vitesse.

Un nouveau compagnon d’entraînement

Je termine finalement 12ème en 33mn42s à quelques encablures de mes compagnons d’équipée. On se congratule, échangeons quelques mots sur le parcours et nos prochaines échéances. L’un d’entre eux a pris sa revanche : 15 jours plus tôt, il s’était laissé distancer à Joinville.

Une conversation s’engage devant le copieux buffet de ravitaillement. Il est justement de l’ACP Joinville et me propose de rejoindre son club. Je viens peut être de trouver un nouveau compagnon d’entrainement pour les soirées St Maur sur piste cet été…

Nous partons faire notre « jogging » de récup ensemble et en profitons pour découvrir nos calendriers de compétitions respectifs: Villejuif le 9, Velizy le 16, Montereau le 23, St Pol Morlaix le 30, …

A une exception près : le 6 novembre il sera à Maison-Alfort tandis que je serai à New York pour tenter de boucler mon premier marathon…

Laurent VANTYGHEM

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