Au coeur du trail de la Muraille de Chine 2012

Claudine Amat, une finisheuse sous le charme

Courir, c’est bien. Mais quand on peut y associer la découverte d’un pays et d’une Histoire, c’est encore mieux. Le Trail de la Muraille de Chine en est un bel exemple. Claudine Amat, 55 ans, a participé à la 12ème édition de l’événement au mois de mai 2012. Et pense déjà à y retourner.

Trail de la Muraille de Chine 2012 Claudine Amat

Elle ne sait plus comment décrire ses sensations tant elles ont été intenses. « Comme jamais auparavant ». C’était « phénoménal », « grandiose ». Et si elle ne se retenait pas, elle l’avoue, elle « tapisserait sa maison » avec ses photos de la Grande Muraille.

A défaut de refaire sa décoration intérieure, Claudine Amat (ci dessus en photo avec ses amies Claire Salanne et Edith Vatan) a des images plein la tête. Et un enthousiasme sans égal lorsqu’elle évoque ce trail de la Muraille de Chine, sur « le toit du monde, ce lieu d’Histoire de la Chine, le seul truc que l’on voit depuis la Lune ».

Trail de la Muraille de Chine 2012Pourtant, elle a souffert sur cette Muraille. Monter de huit à dix mille marche par jour, ça laisse des traces. Même avec des chaussettes de contention. « Les mollets, les cuisses, les fesses… Mes muscles ont trinqué ! Mais maintenant, des muscles, j’en ai !, s’amuse cette battante de 55 ans. Je n’ai jamais autant sué ! Parce que bien sûr, il faut monter les marches, et certaines sont hautes, j’ai dû les grimper à quatre pattes. Mais il faut aussi les descendre, ce qui n’est pas simple ! » Et d’ajouter : « On n’en voit pas le bout. D’ailleurs, j’évitais de regarder devant moi, je regardais mes pieds, le paysage ».
Avec quatre étapes de 15 à 20 kilomètres chacune, le Trail de la Muraille de Chine propose une aventure bien loin des sentiers battus. Du 11 au 19 mai, 35 personnes ont relevé le défi. Des hommes, des femmes, de tout âge (le vainqueur a 26 ans, le plus âgé 62) et de tout horizon. « On était comme une bande d’étudiants qui sortent ensemble. On se moquait de savoir quel métier on faisait ». Les journées débutaient tôt « vers 6h15 ». Après le petit déjeuner, venait l’heure du départ de l’étape du jour. A midi, tout le monde avait terminé, retour à l’hôtel pour la douche, puis déjeuner commun. « Ensuite, on prenait le car et on partait pour une visite. Parfois, on se rendait 300 kilomètres plus loin, toujours avec un guide ». L’occasion notamment de visiter la Cité Interdite, de découvrir le « vieux Pékin ». Bref, de s’immerger dans ce pays que Claudine découvrait pour la première fois et dont elle dit avoir été marquée par « l’Histoire ».

De l’épreuve dans son ensemble, elle retient  « les valeurs. C’est une leçon d’humilité. J’ai vraiment senti la notion de partage. Lorsque j’ai eu un début d’insolation, quelqu’un m’a retenue et aidée pendant 200 mètres ». Elle estime que cette expérience a été plus « profonde » que ce qu’elle a vécu lors de ses quatre participations au Rallye Aicha des Gazelles. Ce rallye féminin dans le désert du Maroc qu’elle a remporté en 2010. « Sur ce trail, je suis tombée quatre fois, j’ai eu une contracture, une déchirure musculaire. J’ai souffert, mais on oublie la douleur tellement c’est beau. Et pendant que j’étais « emmuraillée », tous les problèmes de la vie quotidienne me semblaient simples ». Voilà pourquoi elle aimerait revivre cette expérience. « Avec mes filles (elle a trois filles de 16 ans et demi, 21 et 23 ans, ndlr). Ca doit énormément rapprocher. Dans l’épuisement, on partage beaucoup de choses,  beaucoup de valeurs ».

Pour la prochaine fois, Claudine sait « comment se préparer ».  Des fractionnés en côte, des séances de vélo (spinning) pour renforcer le cardio et les muscles, et des montées d’escaliers. Comme celles qu’elle avait déjà réalisées depuis le mois de mars chez elle, dans le Cher. Elle s’était alors entraînée dans la tour des Fiefs à Sancerre. « Il y a 195 marches. Je les montais et descendais 15 fois de suite ».

Trail de la Muraille de Chine 2012Claudine Amat ne se définit pas comme une « sportive », elle préfère mettre en avant sa « ténacité ». Ce Trail de la Muraille de Chine, elle l’a terminé à la 26ème place sur 35, alors qu’une blessure au cartilage l’avait empêchée de courir pendant deux ans. Malgré les douleurs, celle qui travaille à la réception d’un hôtel et comme correspondante de deux journaux locaux, s’est entraînée 3 fois par semaine environ. « Le fait de monter les marches sollicitait des appuis différents ».
Avec son club Sancerre Running elle prépare maintenant le Trail de Sancerre. Cette fois, elle sera dans l’organisation. Chaussures au pied, il y aura ensuite le Trail Aquaterra, le 1er juillet 2012 à Bort-les-Orgues (19). Plus tard, elle aimerait s’attaquer au Marathon des Sables. Sans changer sa philosophie ni sa façon d’aborder les épreuves. « Je ne veux pas me priver de fêtes », lance-t-elle. Ni de « boire une bière » quand elle en a envie, ni de se nourrir de Choco et kiwis. « Niveau alimentation, je ne suis pas très équilibrée », concède-t-elle. Ce qui ne l’empêche pas d’arriver à ses fins.

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