Au cœur du trail de l’Ardéchois, le 29 avril 2012

Anaïs Génin est une jeune femme hyper active. Adepte du Viet Vo Dao, art martial du Vietnam, elle a découvert la course à pied, il y a un an. Après quelques courses sur route, elle s’est testée sur le trail et nous raconte sa première expérience sur le trail de l’Ardéchois.

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« C’est à quatre que nous sommes arrivés dans la journée de Samedi à Désaignes (07) petit village d’Ardèche dans la vallée du Doux, perdu au milieu de nulle-part. Je suis accompagnée de mon copain Adrien Accorsini (freerider et trailer), d’un ami, Anthony Saunier et son père, Jean-Pierre Saunier.

Je me suis inscrite sur la course du dimanche (34 ou 57 km avec un choix effectué durant la course au 29e km). En ce samedi après-midi, il y avait beaucoup de vent mais la température est élevée (26°C). Le paysage est magnifique, et en regardant partir la course du 20km, qui prend son envol en cet après-midi, je me dis que ça va être sympa de prendre le départ le lendemain..

Mais il faut d’abord se loger. Nous partons donc en direction de notre hôtel à 33km de là, et après une quarantaine de minutes de voiture, arrivons à destination.

Le vent est toujours très soutenu mais le ciel est clair, et pourtant nous assistons à une véritable tempête durant la nuit. Je suis alors persuadée que nous ne prendrons pas le départ le lendemain car il pleut en continue, le vent en rafale est extrêmement violent (rafales à plus de 180km/h) et un brouillard épais est de la partie.

Malgré cela, le réveil sonne à 5H30, et là c’est pire que ce que nous avions imaginé. Il n’y a plus d’électricité, plus d’eau courante, le réseau ne passe pas, nous sommes perdus au milieu de nulle-part et personne n’est de garde à l’hôtel. Nous sommes bloqués dans le noir total.

Ce n’est que 50 minutes avant le départ, après une légère accalmie que nous décidons tout de même de partir en forçant les portes du garage, persuadés que nous allons au village départ pour rien. Sur la route, il faut slalomer entre les sapins couchés par terre. Des lignes électriques sont à même le sol. Mais lorsque nous arrivons à Désaignes, tout le monde semble prêt à partir.

Nous nous changeons donc en quelques minutes, recherchons de l’eau -heureusement une petite superette est ouverte- … et à peine avons-nous fini de nous préparer que le départ est déjà lancé…

Les 14ers km passent très vite, on découvre l’état du terrain : boue épaisse, flaques gigantesques, branches en travers, traversée d’un ruisseau avec de l’eau jusqu’aux fesses (le courant était fort, on s’y étalait vite). Mais ni la pluie ni le vent ne me font déchanter. J’ai attendu ce rendez vous avec une telle impatience que j’ai un sourire XL.

Au 18e km : nous voici face à une traversée de cascade totalement déchainée et trop dangereuse : un bouchon de coureurs se forme. 1h15 d’attente. 1h15 de perdues pour traverser 2 mètres de bouillon. Il faut donc les rattraper mais la barrière horaire n’est allongée que de … 30 mn ! (Contre 1h15 d’attente dans le froid, c’est handicapant).

29e km : me voici arrivée à la bifurcation des deux courses. La barrière horaire étant dépassée de 20mn, mon coéquipier rencontré à la cascade et moi-même sommes obligés de nous rabattre sur le 34 km alors que nous souhaitions faire le 57 !

Qu’importe, je trace. Voici la ligne d’arrivée. Je me lance dans un petit sprint final pour le fun (et oui, il fallait me laisser courir les 20 derniers km !!).

Mes amis (qui sont arrivés avant moi) ont aussi pris le 34 km (distance officiellement  mais mon GPS en annonce 37km). Au final, nous serons nombreux à ne pas avoir pu faire le grand parcours. Je suis déçue mais très heureuse car ce fût 37km de pur bonheur malgré la grêle, le vent, la pluie battante et le terrain usant.

Ma conclusion pour cette première expérience ? Cette course est magnifique et m’a conforté dans mon choix de me lancer sur le trail. J’attaque ma préparation pour la CCC, mon programme est fait. Rendez vous en aout 2013 ! »

Anaïs Génin