Au coeur du Marathon de Toulouse avec Benoît, le 28 octobre 2012

Avec son dossard 743, Benoît a participé au marathon de Toulouse Métropole, le 28 octobre 2012. Pour son troisième marathon, un objectif : le boucler en 4 heures.

La journée commence à 5h45 par un copieux petit-déjeuner: café, tartines, confitures, gâteau de semoule et fruits. Après cela, me voilà prêt à affronter les 42,195 kilomètres !

Petites appréhensions d’avant course, j’écoute mes muscles…Ils ont l’air en parfait état de « marche », ou plutôt de course ! Après une petite lecture aux toilettes, direction le parking Jean Jaurès où je retrouve mon complice Philippe. Nos femmes nous surnomment Tic et Tac car nous courons beaucoup ensemble.

Donc, je retrouve Tac et nous nous dirigeons en métro vers le départ. Ambiance chaleureuse dans la rame…Beaucoup de coureurs ont revêtu leur tenu spéciale « grand froid ».

Pour l’anecdote, le matin j’ai gratté le pare-brise de ma voiture ! A la sortie du métro, le vent froid que je n’avais pas ressenti jusqu’à présent me saisit et m’enveloppe…Comment vais-je courir ? Dans quelle tenue ? J’en ai pris 2 au cas où… Nous verrons sur le pont ! Sur le chemin du départ, des discussions commencent avec les diverses personnes autour de nous, sur le vent, la température, le Stade et le Tef’… Après cela direction la consigne.

Quelle tenue porter ? Celle avec le coupe vent intégré ou celle sans coupe-vent ? Malgré la très fraîche attente, j’opte pour la tenue sans le coupe-vent….mais je sens que le froid va surement me jouer des tours.

Je me mêle à la foule pour qu’elle me protège du vent, et qu’elle me donne un peu de chaleur. Nous voilà prêts, chacun a rejoint sonSAS. L’attente du départ, qui s’annonce imminent, est un des meilleurs moments. L’appréhension monte…Me suis-je assez préparé ? En ai-je assez fait ? Mon objectif de 4 heures est il réalisable ?

C’est parti… Le pont, l’avenue Crampel, Les Demoiselles, Boulingrin… Mes années de fac défilent devant mon nez, plutôt sous mes baskets. Je n’aurais jamais pensé faire un marathon un jour et me voilà. Dossard 743. C’est déjà mon troisième, mais celui là, je l’ai vraiment préparé.

Jusqu’ici tout va bien, le froid ne fait plus d’effet. Rue de Metz et premier ravitaillement, Tac court plus vite. Je le laisse déjà filer devant. Je vais courir seul mais cela ne me dérange pas car la souffrance ne se partage pas… On se retrouvera à l’arrivée pour partager notre joie.

Les dix premiers kilomètres défilent tranquillement. Mon temps est de 5mn40s au km. Légère gène au genou, nouvelle douleur inconnue. Je ne l’avais jamais ressentie en préparation. On verra ce que ça donne par la suite.

Les 20 km s’approchent. Je prends mon premier gel goût caramel beurre salé. Ça me rappelle la Bretagne, je pense aux crêpes, aux kouign amans. La douleur a disparu, mes jambes tirent un peu mais tout va bien. Le plus dur va arriver.
Du 20 au 30ème km, je commence à doubler pas mal de personnes qui ont écumé leurs forces. Ça va être très dur pour eux. Moi, jusque là, tout va bien. J’enchaîne les pas et les ravitaillements. Un gel tous les 5 km… Le goût caramel commence à me dégoûter.
30ème km : 2h58 de course… Pas mal pour moi. Je passe le dernier relais et je retrouve des relayeurs connus qui courent un peu avec moi.
Ça commence à tirer, la cadence baisse et je prends un grand coup de bambou juste après… Ne pas s’arrêter comme les années précédentes. Attendre que ça passe. Mes jambes me font mal mais personne ne me double.

Je ne dois pas être le seul dans la galère, je reprends le moral et les jambes suivent à moins que ce ne soit l’inverse. Ma femme et mes enfants m’attendent au 37ème.
Je relance la machine malgré la douleur, il me tarde de les voir. Ca y est j’y suis. Ils courent avec moi, m’encouragent. J’ai envie de pleurer. Ils me disent qu’ils sont fiers, que je suis au bout, mais non, il me reste encore 5km. Encore 5 longs kilomètres. Je prends mon dernier gel, et là, une nausée terrible, des hauts-le-cœur. Terminé le caramel pour moi, du moins pendant quelque temps….

Je double une multitude de personnes qui déambulent sur les boulevards. Une tape, une parole, un encouragement…L’un d’eux se met à courir avec moi. Nous finirons ensemble. Encore quelques hectomètres. Le jardin des plantes… Il y fait sombre et humide. J’ai froid, j’essaie d’accélérer un tout petit peu, mais mes ischio-jambiers ne sont pas d’accord.

Début de crampe à gérer. Je ralentis, mais je ne veux pas m’arrêter. Nous rattrapons encore des coureurs. Dernière ligne droite. Nous passons sous les encouragements des spectateurs et autres passants, mais je ne les entends plus. Je cherche ma femme dans la foule et je l’aperçois.
Je pleure à nouveau, je n’en peux plus… Je passe la ligne d’arrivée avec ma fille de 8 ans. J’arrête mon chrono: 4h13… Je suis heureux du temps mais je suis ailleurs. Quelqu’un me couvre, me donne à boire. Je tiens la main de ma fille, je ne veux pas la lâcher. Je déambule dans l’aire d’arrivée et réussis à m’asseoir par terre tant bien que mal. Mes jambes sont raides comme des béquilles. Je suis épuisé et heureux. Je suis vivant. Je récupère mon sac et rejoins ma famille qui m’attend autour de  morceaux de charcuterie et autres vins rouge ou blanc…

Pour eux, aussi la journée a été longue. Merci à eux du fond du cœur pour leur soutien. Merci aussi à Fanny.