Au coeur du marathon de Paris 2014 avec Raphael

Raphael participait à son premier marathon,à Paris, le 6 avril 2014. Avec un objectif à 2h35, il termine en 2h39mn. Déçu. Il nous raconte néanmoins son expérience.

Marathon de Paris 2014

Voici déjà plusieurs jours que le marathon de Paris est terminé, plusieurs semaines presque, et je reviens enfin sur cette expérience où j’englobe la préparation et la course.

Concernant la préparation marathon 
Comme pour Aurélien qui était en course avec moi et Pierre-Yves qui s’est malheureusement blessé, la préparation marathon a commencé par un test d’effort en laboratoire. Ce test nous a permis d’en connaître un peu plus sur nous et surtout de savoir où on en était avant d’attaquer cette fameuse programmation marathon. (Lire un test d’effort pour préparer le marathon de Paris 2014)
La préparation marathon s’est faite sur 10 semaines en sachant que j’ai été malade une semaine juste avant le semi-marathon de Paris (lire bilan après un premier test sur semi-marathon) et que j’ai eu des petits soucis de tendons d’Achille qui m’ont obligé à couper quelques jours .

Comme nous disait justement Jean-Claude Vollmer (entraîneur et responsable du haut niveau à l’INSEP, ndlr), la préparation fut très courte, trop courte. Il aurait peut être été judicieux de stopper la saison hivernale et les cross plus tôt afin de commencer la programmation marathon.
Mis à part ces quelques soucis, la préparation s’est plutôt bien passée. Pour moi c’était une découverte, je viens de la piste et jusqu’à ce jour, la plus longue distance parcourue était pour moi un semi-marathon l’année dernière en 2013 avec un chrono de 1h12mn03s.

J’ai trouvé l’effort différent. Je n’étais pas trop habitué aux séances au seuil et je trouvais les allures relativement lentes. Le travail était vraiment pour moi musculaire et mental : il fallait tenir l’allure marathon. C’est après le 30e km sur la course que j’ai vraiment compris l’intérêt de ces séances car tenir une allure malgré les 30 premiers kilomètres parcourus, n’est pas une chose évidente : je suis maintenant bien placé pour vous en parler.

Le marathon
La semaine précédant l’épreuve, c’était vraiment détendu au niveau entrainement et les courbatures accumulées durant ces quatre dernières semaines avaient disparu.
J’étais plus ou moins confiant, je me disais que les 2h35, voire un peu moins, étaient dans les jambes. La préparation était terminée et le corps avait tenu mais un rhume m’ennuyait depuis une semaine sûrement dû à la fatigue accumulée ce dernier mois et au poids perdu.
Bref, plus de questions à se poser, je me retrouve sur les Champs-Elysées en sas préférentiel à quelques minutes du départ. Je prends un gel énergétique et quelques secondes plus tard le coup de pistolet retentit. Je passe la ligne de départ 4 ou 5 secondes après les élites.

Le 1er kilomètre est très rapide car légèrement en faux plat descendant, je le sais et décide de bien le gérer. Jusqu’au 20 ème kilomètre, je prends plaisir mais passé le semi-marathon mes jambes commencent à me faire mal et à être lourdes. Là, je me dis que la fin va vraiment être difficile ! Heureusement, Pierre-Yves qui devait aussi être sur la course mais s’est blessé, est avec moi depuis le 20e km et le restera jusqu’à l’arrivée. Sans lui, j’aurais, je pense, relâché l’allure tellement j’étais en souffrance.

Au 30ème, je ne supporte plus rien, j’enlève ma ceinture cardiaque, mon champ de vision est réduit. Je ne vois plus que cette ligne bleue, je ne pense même plus à l’arrivée et au chrono tant espéré qui vole en éclat, je ne pense qu’au prochain ravito et au prochain kilo jusqu’à ce que mes jambes ne puissent plus me porter.
Entre le 35ème et le 40ème, je suis à l’agonie en perdition totale. Impossible de faire des kilos à plus de 15km/h, le moral n’est pas bon mais je ne pense plus qu’à une chose : franchir la ligne d’arrivée et boucler mon premier marathon. Au 36e, j’ai mal à la vessie, il fait chaud et je me suis beaucoup hydraté, je dois m’arrêter pour un besoin naturel, je dois perdre 20 à 25s sur ce kilo.
Entre le 40ème et le 41 ème, Aurélien revient sur moi, il se place devant moi et je m’accroche à lui et dans la dernière ligne droite, je regarde le chrono et me dis qu’il y a possibilité de faire moins de 2h39. Alors, je donne tout ce qu’il me reste… Résultat : 2h39mn04s.

Au niveau alimentation, j’ai pris un gel quelques minutes avant le départ puis un autre juste avant le 20ème, un dernier « coup de fouet » aux environs du 35 ème. J’ai pris systématiquement de l’eau à tous les ravitaillements et une boisson de l’effort au 32ème.

Pour en revenir à la performance, je n’ai pas été déçu tout de suite du résultat mais quelque jours après. Sur l’instant, j’avais juste un sentiment de soulagement d’avoir passé la ligne, mes jambes n’en pouvaient plus.

La ligne passée, j’avais un peu de mal à marcher et mal en bas du dos, peut-être en raison d’un manque de gainage et de renforcement musculaire ? Je suis heureux d’avoir bouclé ce marathon et j’ai été durant quelques jours déçu par le chrono. Mais après avoir digéré mentalement, je pense en préparer un autre, l’année prochaine ou dans deux ans, pourquoi pas à Berlin !