Au coeur du marathon de Paris 2014 avec Aurélien

Aurélien participait à son premier marathon, lors du marathon de Paris, le 5 avril 2014. Avec un objectif à 2h37, il termine en 2h39mn. Une première expérience qui en appelle d'autres !

Marathon de Paris

Nous arrivons avenue Foch une heure avant le départ. Il y a déjà beaucoup de monde qui se dirige vers les consignes. Nous partons pour un petit échauffement de 20’. Il nous amènera à l’entrée du sas préférentiel pour 8h30. Il est grand temps d’arriver car il y a déjà pas mal de monde qui attend. L’ambiance est bonne, les gens discutent de leur objectif. Je n’ai pas trop de stress à ce moment là. Étant dans l’inconnu et ne pouvant rien changer à la situation, je me dis qu’il ne reste juste à courir ! 8h43, je prends la moitié d’un gel énergétique. Je regrette de ne pas avoir pris de petite bouteille d’eau…

8h45, c’est parti. Je me lance sur la longue avenue des Champs Élysées. Je pars à une allure qui me semble correct. Premier kilomètre, je passe avec une dizaine de seconde d’avance. Un peu vite mais c’est normal pour un début de course. Je prends la bonne allure rapidement. Le passage au 5ème km est conforme. Sans m’en rendre compte, j’accélère doucement jusqu’au semi. Je me sens bien, je me concentre sur ma respiration et je veille à être détendu des épaules. Cette allure semble me convenir. Je me cale dans un groupe. Je trouve que les gens respirent fort. Je suis un peu étonné. Je croise de temps en temps des personnes que je connais, çà fait du bien !

Au passage du 14ème kilomètre, je me dis qu’un tiers de la course est fait et je continue à avoir des bonnes sensations. Un point me gêne quand même en ce début de course. Il ne me reste plus qu’un seul gel énergétique. J’ai perdu les deux autres. J’ai donc étalé la prise en trois fois jusqu’au 21ème. Je n’éprouve pas le besoin d’en prendre plus mais je me demande si ça ne va pas me manquer à la fin. A partir du semi, tout est revenu dans l’ordre. Un ami me donne une boisson avec un gel. De même au 32ème kilomètre, je récupère la même chose.

Concernant mon plan d’alimentation, j’avais prévu de prendre un gel liquide antioxydant 2’ avant le départ puis tous les 8 km et de terminer au 40ème par un gel liquide coup de fouet. Pour la boisson, il s’agissait d’Hydrixir antioxydant avec une pincée de sel. Je voulais boire quelques gorgées au 10ème, au semi et au 32ème en complétant par de l’eau au ravitaillement officiel. Par ailleurs, j’ai eu à deux reprises (14ème et 27ème) des renvois légèrement acide et mousseux me faisant penser à une déshydratation. En buvant un peu d’eau et en me concentrant sur ma respiration (phase d’expiration lié à une contraction abdominale), j’arrive à faire passer cette gêne. Je passe le semi en 1h18’06. Encore un peu rapide.

Les encouragements sont nombreux
Arrivée au 24ème kilomètre, la course se déroule le long des quais rive droite. c’est à ce moment là que je commence à ressentir une petite lassitude. Heureusement, la foule est dense et les encouragements sont nombreux. Les passages dans les tunnels sont désagréables car il fait chaud. Les faux plats montant en passant sous les ponts me montrent que je commence à faiblir. Je sens que je ne peux accélérer. Même si ma respiration et mes besoins énergétiques semblent corrects, je suis de plus en plus raide au niveau musculaire. Un autre signe m’indique que la difficulté est croissante.

À partir du 30ème kilomètre, je décompose la course. Passage au 32, je me dis qu’il me ne me reste que dix kilomètres et ainsi de suite. Ce schéma a un rôle psychologique important, il permet de garder le moral. Je continue à croiser des amis et c’est un bon soutien. Sur le plan de la course à proprement parler, le groupe dans lequel je me trouvais se disperse à partir du 27ème. Je commence à rattraper de plus en plus de monde. Je suis surpris par le nombre de concurrent qui sont en perdition. Ce n’est pas pour tous leur premier marathon ! Je n’accélère pas pour autant, je suis tout simplement en train de ralentir moins vite qu’eux ! Les sensations deviennent vraiment étrange à partir du 35ème kilomètre.

Le mur
Je suis incapable de dire à quelle allure j’avance. Çà peut-être du 17 km/h comme du 12 km/h ! Musculairement, je ne sens plus rien. Je me dis qu’il n’y a pas de raison de ralentir, que le corps humain est fait pour ça. Il y a juste à mettre un pied devant l’autre à une fréquence donnée. Au 38ème kilomètre, je vois Raphael (un ami)deux cent mètre devant. Il doit être en difficulté car je n’aurais pas du le rattraper. Un autre ami, qui ne fait pas la course, court avec nous. Il fait des va-et-vient pour nous motiver. L’épreuve devient alors délicate. Je suis exténué, incapable de parler. Je reviens à hauteur de Raphael seulement au 41ème kilomètre. Nous accélérons pour doubler quelques concurrents. À quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée, j’ai des crampes aux mollet. Je ralentis, je regarde le chronomètre et je vois que je suis en moins de 2h40. Je franchis la ligne, je suis épuisé musculairement. Cette fin de course m’a paru interminable. Mes sensations sont partagées. Content d’avoir fini dans un temps correcte mais un peu amère. Je ne sais pas pourquoi. Je me dis que cette épreuve est très particulière. La fatigue est autant musculaire que psychologique. Je n’ai plus envie de courir ! !

diplomeCette première expérience est positive. Je pense qu’il est important de faire un grand marathon comme Paris. La foule permet de mieux supporter la longueur de l’épreuve. Après quelques jours, j’ai envie de recommencer afin d’améliorer mon temps. La préparation doit être plus longue et incorporer plus de travail de musculation. Un marathon par an est largement suffisant à mon avis car c’est vraiment une épreuve traumatisante. !