Au coeur du Marathon de Luberon avec Joel, le 7 octobre 2012

Au bout de l'effort

Gêné par des crampes dès le 33ème kilomètre, Joël est parvenu à surmonter la douleur pour boucler son marathon du Luberon. Record personnel à la clé. Son récit.

Marathon du Luberon 2012
La foule des participants au Marathon très... colorée !

9 heures : top départ du marathon.
On commence par un tour du stade et une petite boucle dans Pertuis avant de partir à la découverte du Luberon. Une fois de plus le départ est rapide. Dans l’enthousiasme général, avec Christophe, un ami, on se laisse un peu griser et on démarre à un rythme élevé : 13/14 km/h les deux premiers kilomètres…

Christophe me ramène rapidement à la réalité. A présent on se cale sur 5mn au km (12 km/h) ; dès les premiers kilomètres le parcours est vallonné ce qui favorise la montée du rythme cardiaque. Je regarde mon cardio dans les côtes, je suis entre 160 et 165 pulsations, puis je redescends à 155 pulsations sur le plat.

Pour le moment l’ambiance est bon-enfant. On plaisante avec Christophe, on rigole de voir la présence de vin rosé au premier ravitaillement… Ben voyons, un bon verre de vin pour bien démarrer le marathon : ils ont beaucoup d’humour dans le Luberon !

Vers le 5ème kilomètre Christophe ralentit, le rythme de 12km/h est trop soutenu pour lui. Il me dit de partir seul devant…
On se souhaite bonne chance et je poursuis à mon tempo de 5mn au km…

Pour le moment je me sens bien, aucune douleur, mon rythme cardiaque est un peu haut mais il est régulier. Je reste dans la fourchette de 155 à 165 pulsations en fonction du dénivelé…
Au 10ème kilomètre je regarde mon chrono. Un peu moins de 50mn : c’est parfait je suis pile dans mon objectif. J’ai fait le marathon l’année dernière mais j’avais oublié certaines montées. Les paysages magnifiques du Luberon me ramènent peu à peu les souvenirs…

Marathon du Luberon 2012 Christophe et Joel
Les deux amis à quelques minutes du départ !

Je suis calé à mon rythme et je scrute mon chrono à chaque kilomètre.
Pour le moment je me sens voler vers un temps inespéré : les 3h30, voire peut-être un peu moins… A condition de maintenir mon rythme à 12km/h…

Profitant de la descente vers Cucuron j’ai haussé un peu le rythme. Je me retrouve au semi-marathon en seulement 1h39mn (un record pour moi), cela me donne le vertige, les calculs vont vite dans ma tête si je me cale sur du 12km/h jusqu’à l’arrivée je vais finir en moins de 3h30 !!!

D’ailleurs je passe au 30ème km en moins de 2h30. C’est donc jouable… à moins d’une défaillance. Elle va, hélas, survenir dès le 33ème km : les crampes !!!

Ces satanées crampes. Déjà l’année dernière, elles m’avaient fusillé les mollets au 40ème km, j’avais mis près de 20mn pour faire les deux derniers kilomètres !!!

Cette année, c’est pire. Je ressens une crampe derrière la cuisse droite au 33ème kilomètre : immédiatement je m’arrête. Je fais un étirement et je repars lentement, très lentement… Dès que j’accélère je sens bien la crampe. Je devrais d’ailleurs dire les crampes, car maintenant l’autre cuisse menace aussi. Même les mollets se sont tétanisés…

Je viens de comprendre qu’il me reste 9km de galère… le temps vient de s’arrêter, je souffle de mon mieux, et je fais mon maximum pour éviter les mouvements brusques qui entraineraient de nouvelles crampes. Ma vitesse a considérablement baissé. Je vois le temps passer impuissant.
Des coureurs commencent à me doubler…

Je suis dans le dur, mais je ne veux pas baisser les bras, je sais que les 3h30 s’éloignent et que, sauf miracle, les crampes ne me quitteront plus jusqu’à l’arrivée…

Au 35ème kilomètre je regarde mon chronomètre : 3 heures pile. Je reprends un peu confiance. Il me reste 7 km et je réussis à garder une petite foulée, en surveillant bien mes appuis… Je dois serrer les dents. Par moments des crampes se déclenchent et me clouent sur place. J’oublie la douleur et je repars à chaque fois comme si rien ne s’était passé.

Les kilomètres sont longs, très longs. Par moment je double certains coureurs encore plus en proie aux crampes, certains se sont carrément écroulés sur le côté de la route et les pompiers viennent leur porter secours…

Au 40ème km la montée est horrible, même en marchant des crampes surgissent, je traîne mes pieds comme je peux, mais je poursuis ma route : j’irai jusqu’au bout même si je dois ramper !!

Joel et Christophe ‘croquent’ dans leur médaille de finisher

Arrive enfin la Tour d’Aigue, la fin du parcours descend et le public m’encourage, un dernier effort et je passe enfin la ligne d’arrivée : 3h46mn24 ! Je suis heureux d’être allé jusqu’au bout de mes forces et en même temps j’ai le sentiment d’être passé à côté d’un exploit (pour mon niveau)…

Malgré les crampes je réalise mon meilleur temps sur marathon et 15 minutes de mieux que l’année dernière.

Vous pensez peut-être que cette course m’a découragé ? Bien au contraire, cela me motive pour faire le marathon de Marseille au mois de mars (voir plus d’infos sur l’événement). Cette fois, avec du sel et un parcours plat, je compte bien atteindre les 3h30 !!!

Au niveau de l’organisation, comme l’année dernière, c’était parfait.
Ambiance, balisage, ravitaillements, cadeaux à chaque coureur : seul bémol le buffet à l’arrivée pour les marathoniens. Il ne nous restait pratiquement plus rien à se mettre sous la dent… Mais je suppose qu’une telle manifestation où l’on est environ 3000 coureurs, ce n’est pas évident à gérer.

Malgré une fin de course difficile, je garde un bon souvenir de cette journée. Je reviendrai, c’est certain !!

Compte rendu complet disponible sur le blog de Joël M. : ici