Au coeur du 58 km des Gendarmes et voleurs de temps (Ambazac, 87), le 8 juin 2014

15ème du grand trail du Limousin, François-Xavier revient sur sa course. Pour ce fidèle des Gendarmes et des voleurs de temps, c'était l'une des plus dures éditions malgré un parcours raccourci.

58 km départ des gendarmes et des voleurs de temps 2014

Il est 7h30, dimanche 8 juin 2014. Le temps est magnifique et il fait déjà chaud sur Ambazac. Le départ du grand trail des Gendarmes et Voleurs de Temps est prévu pour 8 heures. Environ 700 traileurs se préparent pour parcourir les 58km et 2 400m de dénivelé. En me dirigeant vers la ligne de départ, je peux admirer un saut en parachute d’hélicoptère d’un gendarme du GIGN qui vient se poser à 100m de la ligne de départ.
Tout le monde est prêt, la plupart des coureurs a la main sur la montre, prêt à déclencher le chrono. C’est parti ! La ligne droite des premiers 300 mètres est prise d’assaut par les plus rapides. Je décide de partir tranquillement car je me dis qu’il va faire chaud et que la course va être longue et éprouvante avec le dénivelé qui m’attend. Après une première boucle sur le site du Muret et la bonne ambiance du public présent dès le premier virage, je me retrouve à peu près 50ème.

Peu après le 2ème km, la première difficulté arrive avec une belle côte où je vois la première féminine me doubler. Je ne cherche pas à suivre le groupe de cinq qui l’accompagne, car je reste sur mon idée de partir tranquillement et de gérer au mieux la distance. Je ne me sens pas au top de ma forme, je n’ai pas vraiment de bonnes sensations et je me dis que ça va être long. En fait, je mets environ 1h30 avant d’être bien, sans savoir vraiment pourquoi. Peu après, le premier ravitaillement arrive vers le 20ème km. Je fais le plein de mes deux flasques soit un litre d’eau, du glucose et je mange un peu. Je prends une pâte de fruit et un morceau de banane et je repars rapidement. Je me retrouve seul, ça descend et j’ai l’impression que le ravito m’a fait du bien.

Le parcours est très technique et le paysage est vraiment magnifique. De plus, la traversée des petits villages est plutôt sympa, on a la chance d’être encouragé par le public qui est assez présent et qui se fait entendre par ses applaudissements et ses encouragements chaleureux. Déjà 2h de course, la chaleur se fait de plus en plus importante et je décide de mettre ma casquette pour éviter l’insolation. Je bois très souvent, tellement que je me sens obligé de faire une petite pause pour une envie pressante. Je repars et je regarde ma montre, je cours à une moyenne de 11km/h et je pense au passage du 30ème km où mon pote Piwi doit me donner une bouteille d’eau fraîche. Peu de temps après, j’arrive donc au kilomètre 30, je m’arrête et m’asperge avec un jet d’eau, je m’arrose entièrement afin de me rafraîchir au maximum. Malheureusement, je ne vois pas Piwi et je repars avec un demi litre d’eau pour faire les 10 prochains kilomètres jusqu’au ravitaillement du 40ème.

Les gens tombent, trébuchent sur les racines, les visages sont de plus en plus marqués

IMG_3592Je suis à l’arrière d’un groupe de quatre. Le parcours est vraiment très difficile, avec de grosses côtes, notamment au km34. Devant nous, un mur interminable, j’entends même un coureur qui lit sur sa montre 3km/h. Je monte en marchant, je me retrouve en tête du groupe et arrivé en haut, j’ai creusé l’écart. Je sors de cette difficulté avec 30 mètres d’avance. Je reprends mon rythme de course, les jambes sont de plus en plus lourdes et les petits bobos commencent à se faire ressentir. J’ai une petite alerte crampe à l’adducteur gauche. J’essaye de me masser tout en marchant pour tenter de faire passer la douleur. Même les descentes commencent à être difficiles. Je double certains concurrents qui dévalaient très rapidement les descentes mais qui se retrouvent avec des blessures plutôt gênantes pour continuer, genou douloureux, crampes… Je m’aperçois que la fatigue se fait sentir, les gens tombent, trébuchent sur les racines, les visages sont de plus en plus marqués.

Vu le rythme de course, chaque rencontre avec un concurrent permet de discuter un peu et de faire passer le temps plus vite. Je reprends petit à petit des places et j’arrive au ravitaillement du 40ème. Je fais le plein de ma poche à eau de 1,5 litre. Je mange des oranges, bananes tout en discutant avec les bénévoles qui posent quelques questions pour savoir si le balisage est correcte ou si la chaleur n’est pas trop éprouvante. Je m’arrose une nouvelle fois entièrement avant de repartir et je me dis qu’il reste 18km et qu’il va falloir être costaud pour finir et surtout fort mentalement. Au moment de repartir, on me dit que je suis 18ème. Je suis un peu surpris, mais je me dis que je fais une belle course et qu’il faut tenir.

Le public comme booster

Les kilomètres défilent très lentement entre le 40 et 50ème. Le parcours n’en finit pas de monter et descendre. La chaleur est éprouvante, il est environ 12h30. Un dernier ravitaillement en eau au 50ème où je remplis une flasque et je m’arrose abondamment. On aperçoit le public dans les petits villages attablé ou prenant l’apéro tout en regardant les coureurs passer. L’ambiance est bonne, ça fait du bien.

Plus que 8 km, je continue ma course en courant sur le plat et les descentes mais je suis de moins en moins rapide dans les descentes car j’ai les quadriceps douloureux et mal au bout des pieds. Je gère les derniers kilomètres, je suis seul et je ne pense qu’à une chose : à la ligne d’arrivée et aux quelques centaines de mètres avec les 41 marches à grimper !

Dernière côte, je marche un peu afin de monter les marches en courant devant le public plutôt nombreux qui encourage chaleureusement et permet de prendre un coup de « booster » pour finir.

Une dernière descente et me voilà sur le point de terminer cette magnifique mais difficile course en trouvant la force d’accélérer, porté par les applaudissements du public très nombreux sur la ligne d’arrivée. On m’annonce 13ème, mais finalement je termine 15ème en plus de 6h.

J’ai trouvé le parcours très difficile. Surement l’édition la plus dure, même si la distance a été réduite d’une dizaine de kilomètres. Très beau trail et quelle belle organisation !