Au cœur du 50 km de l’Eco Trail de Paris avec François-Xavier, le 29 mars 2014

Parti pour boucler le parcours en 4h30, François-Xavier a largement réalisé son objectif, ce samedi 29 mars 2014. Il nous raconte son 50 km de l'Eco-Trail de Paris dont il a pris la vingtième place.

Eco Trail de Paris 2014 50 km départ

Samedi 29 mars, je me fais déposer par un ami aux portes du parc du château de Versailles, allée des Matelos. Il est 10h15, le départ de la course est à 10h45, allée de la reine. Les concurrents arrivent à pied et il y un va et vient de bus arrivant de la gare de Versailles. L’ambiance est plutôt décontractée comme habituellement sur les trails.

Je prends mes repères : ligne de départ, consigne des sacs et ravitaillement d’avant course. Une fois mes repérages terminés, je me change et je vais poser mon sac à la consigne. Un dernier verre d’eau et je me dirige vers la ligne de départ. Il 10h30, les concurrents se placent petit à petit sur la ligne. Je rencontre des coureurs que je connais, on discute en attendant le top départ. J’aperçois Dominique Chauvelier qui se rapproche. On échange sur nos objectifs de course et je comprends qu’il souhaite faire un bon chrono sur ce trail.

Le temps d’écouter les dernières consignes de sécurité et c’est l’heure du départ. Le décompte est donné, c’est parti ! Les premiers partent très vite, un peloton d’une dizaine de coureurs se forme dès les premiers kilomètres et j’aperçois Dominique Chauvelier à l’arrière de ce groupe.

Le parcours est toujours aussi joli, avec au niveau du 3ème km une vue magnifique sur le grand canal et le château en arrière-plan. Les spectateurs sont assez nombreux sur ces premiers kilomètres et les touristes profitent de la course.

Le rythme est élevé, un peu trop par rapport à mes objectif de 4h30. Je suis dans un groupe d’une dizaine de coureurs dont trois féminines et ça court à 14,5km/h pendant tout le tour du grand canal où le parcours est assez plat. Les filles occupent respectivement les deuxième, troisième et quatrième places. Ce groupe se tient jusqu’au 10ème kilomètre où je regarde la moyenne : 14,2km/h.

Une fois dans la forêt de Meudon, après la traversée de Jouy-en-Josas, je me retrouve seul car le groupe a éclaté. Devant moi à 20 mètres, la seule féminine à voir tenu, les deux autres ont lâché, dont Christine Tarbis qui finira troisième du classement féminin (voir les résultats, photos et le compte-rendu). Je profite d’un passage très gras et humide pour rattraper Sylvie Quittot. On court ensemble, cela permet de faire connaissance et d’accumuler les kilomètres plus facilement en discutant. Une des premières grosses difficultés est une belle côte de 400m de long au 19ème km. Je fais mes premiers pas en marchant car je me dis qu’il reste encore 30 km et qu’il faut gérer. Je suis toujours avec Sylvie, on passe le 21ème km et on a la surprise de se faire doubler par Jennifer Lemoine qui venait de se perdre sur le parcours et qui cherchait à reprendre la première place des féminines qu’elle avait depuis le départ. Quelques échanges de paroles entre les filles pour faire connaissance et Jennifer prend de la distance, elle est accompagnée d’un Allemand Mathias Lappe et paraît plutôt facile. On garde à vue Jennifer qui a 100 à 150 m d’avance.

Les kilomètres défilent jusqu’au ravitaillement du 28ème. Je vois Jennifer qui prend à peine le temps de s’arrêter, alors que Sylvie s’arrête pour faire le « plein ». Je mange quelques raisins secs et de la banane, je bois de l’eau et je repars en marchant car je me dis que je vais attendre Sylvie afin de continuer ensemble. On fait environ un kilomètre et on aperçoit Jennifer qui revient vers nous, elle a tracé tout droit alors qu’il fallait prendre à droite. Deuxième fois qu’elle se perd, vraiment pas de chance sur cette course. On a environ 200 m d’avance et cette fois, on ne se fait pas reprendre, je pense que le moral en a pris un coup suite à ces deux erreurs de parcours.

Du 30ème au 40ème km, quelques grosses difficultés sont à passer et je dis à Sylvie qui participe pour la première fois à l’épreuve qu’après le dernier ravitaillement c’est plutôt plat. Je gère la fin de course car je ressens une douleur au genou et j’ai les adducteurs qui fatiguent. Je décroche petit à petit car je souhaite finir et Sylvie continue sa course comme une championne, je ne la reverrai qu’à l’arrivée.

J’arrive au dernier ravitaillement des terrasses du domaine du Parc National de Saint-Cloud. Je regarde ma montre et je suis au km 38. La vue sur Paris est magnifique. Je fais le plein d’eau mais je n’arrive pas à dévisser un de mes sacs hydro. Donc je repars avec un demi litre d’eau et une barre énergétique que je mange doucement dans la descente jusqu’au pont de Sèvres. J’arrive à la portion la moins sympa, les quais…

A environ 8 km de l’arrivée, je sens quelqu’un qui me rattrape. Je me retourne et j’aperçois Jennifer, deuxième féminine de l’épreuve. On discute et je reviens sur sa deuxième erreur de parcours. Elle m’explique qu’elle a suivi le coureur de devant et qu’elle n’a plus vu de balisage, trop tard. On fait environ 2 km ensemble et elle me distance petit à petit.

Je ressens de plus en plus la chaleur et les derniers kilomètres sont très difficiles. Je repense à ma première expérience sur ce trail où j’avais marché durant les quatre derniers kilomètres. Je ne souhaite pas finir de la même façon, je pense être dans les 30 premiers et je ne veux pas flancher si près du but. Les jambes sont lourdes, je suis cuit physiquement mais je tiens au mental. Pas question de finir en marchant, « tu cours…. »

J’arrive au niveau du parc de l’Ile Saint Germain. Je passe à côté d’un coureur qui m’interpelle en lançant quelques encouragements. Je me retourne et je vois Dominique Chauvelier qui marche en boitant légèrement suite à un coût de fatigue. Je lui demande en rigolant s’il veut que je le porte. Il me répond que c’est bon avec le sourire et je repars.

Les derniers kilomètres sont de plus en plus éprouvants avec la chaleur, je ne suis pas loin du coup de chaud. Je finis mon eau et je piquerais bien une « tête » dans la Seine pour me rafraîchir. Je reste concentré sur ma fin de course et je finis au « train ». Je trouve la force d’accélérer sur les derniers 500 m car je vois que ça revient derrière et je ne souhaite pas perdre de place sur le final. En plus, il y a beaucoup de monde sur le quai Branly et les encouragements me motivent pour sprinter.

Je franchis la ligne d’arrivée en un peu plus de 4 heures, mon objectif est largement atteint et je suis très satisfait de mon chrono. J’aperçois juste derrière la ligne Sylvie et Jennifer que je félicite pour leur course. Un dernier ravitaillement pour reprendre des forces et se mettre à l’ombre avant d’aller prendre une bonne douche bien méritée !

François-Xavier, 20ème en 4h01mn43s