Au cœur du 32 km des Gendarmes et des voleurs de temps, le 27 mai 2012

Je suis parti en Terre inconnue ! En « Trailand »

Vincent Dogna, graphiste-peintre-marathonien, était au départ du 32 km des Gendarmes et des voleurs de temps. Il nous raconte sa première expérience en trail !

Gendarmes et Voleurs de Temps 32km

« Voilà c’est fait, j’ai participé aux « Gendarmes et aux voleurs de temps » à Ambazac. C’était une première mais depuis le temps que tout le monde me disait de passer au vert et de laisser le bleu (de la ligne) de côté, j’avais envie de tenter l’expérience.

Habitué de l’asphalte, les terrains de terre, d’herbe et de pierres n’avaient rien de familier pour moi. Je suis donc parti en totale découverte. Même le mot ornière, n’existait pas dans mon vocabulaire ! Sans quête particulière d’un chrono, je n’étais donc pas réellement un voleur de temps, mais plutôt le novice du jour. Et malgré toute mon expérience, j’avais la petite boule au ventre, vous savez celle qui était là avant de faire votre premier marathon. C’est  l’inquiétude du néophyte avec ces sensations bizarres : la gorge serrée, la bouche sèche etc… Et bien sûr, les jours précédents, les douleurs s’étaient réveillées, bobos réels ou imaginaires, je ne sais pas, on ne sait jamais.

Le doute s’immisce en vous, comme lors de la veille d’un examen ou comme pour moi, les affres de la toile blanche. Bref je n’étais pas à mon aise.

Vincent Dogna aux Gendarmes et voleurs de temps 2012Alors j’ai trouvé des parades comme j’ai pu. Et comme je suis plutôt fragile des chevilles, je me suis strappé des deux côtés, histoire de me rassurer un peu plus. J’avais aussi chargé la mule, ou plutôt le mulet avec un sac d’hydratation rempli à ras bord  et quelques gels (fort utiles néanmoins !). Et pour ne pas ajouter une couche d’anxiété, je n’ai pas regardé le parcours, un petit coup d’œil rapide sur le profil avait déjà suffi à ajouter un pincement au cœur à tous mes symptômes.

Il ne me restait plus qu’à faire le grand saut dans l’inconnu.

Je dois ici être honnête. Ma préparation spécifique était quasi nulle. Je n’avais testé mes nouvelles chaussures de trail et le port de mon sac
d’hydratation que 3 fois avant le Jour J. Mais j’avais tellement envie de découvrir cette course nature et de participer à cette grande épreuve du trail que sont les Gendarmes et les voleurs de temps, que je me suis lancé. Après tout, les nouvelles expériences nous font grandir.

Le départ est magnifique, il est à vivre au moins une fois ! Mais j’ai aussi commis ma première erreur : avec mon ami Cédric (Vincent dossard 1392; Cédric 1470) nous nous sommes mal placés (erreur de jeunes trailers). Alors forcément lors du premier rétrécissement, nous nous sommes retrouvés coincés derrière.

Le décor était superbe mais n’étant pas sûr du tout de mon attaque au sol, je passais le plus clair de mon temps à regarder où je posais le pied. Dès que le terrain se faisait plus régulier, et que je retrouvais mes sensations au niveau de ma foulée, je retrouvais alors un rythme de course plus naturel et pouvais remonter un peu le peloton.

Sur la première côte, je ne comprenais pas pourquoi tant de gens marchaient, mais au bout de quelques minutes alors que mes cuisses ont
Vincent Dogna aux Gendarmes et voleurs de temps 2012

commencé à se faire sentir, j’ai compris et de fait je ne me suis pas posé la question plus longtemps. Il fallait marcher.

Nous avons aussi dû marcher parfois par nécessité dans l’impossibilité de doubler. Dans les mono-traces, ne sachant pas lire le terrain, je n’ai jamais osé m’aventurer et contourner les coureurs.

Sur le plat (relatif), tout allait bien. Mais les descentes ! J’étais doublé de tous les côtés. Ce fut un grand moment de solitude, un moment où on découvre finalement que c’est très technique de dévaler une pente. N’est pas Cabri qui veut ! Et heureusement que le terrain était sec (mis à part à part 3 ou 4 passages boueux).

Je me suis retrouvé à faire le yo-yo avec une coureuse qui dévalait les pentes rapidement. Elle m’a expliqué que c’était sa technique ! Je la doublais dans les côtes ou sur le plat avant de recommencer à me faire doubler en descente.

J’avoue que j’ai du mal à imaginer la même course par terrain glissant. Ca doit être quelque chose ! Mais pour une première fois, un terrain sec me convenait parfaitement.

L’ambiance dans le peloton est aussi très différente. Elle était bonne et très souvent nous engagions la discussion avec des coureurs, histoire de se décontracter.

Vincent Dogna aux Gendarmes et voleurs de temps 2012 avec son ami CédricAu fur et à mesure des kilomètres, je me suis senti plus à l’aise et j’ai enfin pu apprécier un peu plus le paysage. Le passage dans les hameaux était comme une parenthèse enchantée, avec les applaudissements, même les aboiements des chiens avaient quelque chose de rassurant (pour une fois !).  Enfin arriva le moment des 42 marches ! J’aurai bien voulu les faire en courant, j’avais le jus, mais cela n’était pas possible, il y a avait trop de monde sur ce pèlerinage. J’ai pu savourer le public nombreux à cet endroit stratégique !

Et ce fut enfin la fin ! Pour conclure en beauté j’ai piqué un petit sprint sur le tapis rouge applaudi de tous les cotés par les spectateurs.  Juste histoire de montrer que le foncier du marathonien était toujours là !

Au final, je pense que dans ma mémoire de coureur s’ajoutera, à ma palette de création, cet amalgame de couleurs et de matières. Les jambes sont lourdes, mais la satisfaction est grande.

J’ai réellement pris du plaisir dans la deuxième moitié du parcours, une fois retrouvée ma foulée plus alerte. Un deuxième trail un jour, qui sait ? D’ici là je retourne à mes pinceaux afin de revivre peut-être les sensations de ce week-end devant mes toiles ! »

Vincent Dogna a terminé en 3h52mn02s

Le site de Vincent Dogna : artandrun

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