Au coeur d’Odyssea Paris avec Thierry, le 7 octobre 2012

Une grande course pour une noble cause

Pour ses 10 ans, Odyssea a réuni 26 000 participants dans le Bois de Vincennes à Paris. Thierry Petiteau était dans le peloton. Il nous raconte son expérience.

Cela faisait déjà plusieurs années que j’entendais parler de cette course… LA Fameuse Course Rose ! Et bien grâce à ma société, j’ai pu la vivre en tant qu’acteur !

Mais avant toute chose, petite présentation : runneur assidu depuis 7 ans, (j’ai 40 ans aujourd’hui), je suis tombé dans la course à pied un peu par hasard après plusieurs tentatives quelque peu tumultueuses dans différents sports (squash, parachutisme, tennis, natation, VTT et judo ! ) oui car il arrive un moment où le corps ne suit plus et où les sports dits « extrêmes » deviennent peu recommandables…

C’est donc après une énième blessure et une journée de travail assez éprouvante qu’un soir d’hiver je décidais d’enfiler une vieille paire de baskets qui traînait dans mon garage ! J’étais parti pour une sortie de 20mn avec petit dénivelé car j’habitais à l’époque en haut d’une côte ! Deux jours après, je remettais ça en améliorant mon temps. Tout a commencé aussi simplement que ça !
Six mois après, je finissais mon premier semi-marathon (Chelles) en 1h54.

Aujourd’hui j’ai une trentaine de courses à mon petit palmarès, qui vont du 10 km au marathon (2 fois finisher à Paris en 2009 et 2011) en passant par des semis, un trail de nuit, une course d’orientation de nuit et quatre triathlons découverte.

Mais venons-en plutôt à la raison pour laquelle je vous raconte ma vie : Odyssea au Bois de VINCENNES le dimanche 7 octobre 2012 !

Une grande course pour une noble cause : récolter des fonds pour la recherche contre le cancer du sein. Quoi de mieux pour inciter les gens à venir courir ou/et marcher pour la recherche ?

Ma société participait depuis 5 ans à la course « La Parisienne » et devant l’afflux de demandes masculines (dont la mienne), a eu la bonne idée de nous inscrire à ODYSSEA.

Le rendez-vous fut donc fixé dès 8 heures dimanche matin, aux 67 collaborateurs inscrits sur les trois courses proposées : 5 km marche, 5 km course et 10 km course chronométrée.

Déjà présent la veille, j’assistais aux deux courses enfants ! Quelle émotion de voir tous ces enfants (dont les miens) tout de rose vêtus, courir un kilomètres sous la pluie et sous les applaudissements !!!

Dimanche 9 heures : l’esplanade du Château de Vincennes est toute repeinte en rose ! 9h15 : top départ du 10 km. La vague rose s’élance ! Presque 9000 coureurs dont surtout des coureuses (4810) soit 53% ; fait rare car habituellement les femmes ne représentent qu’environ 25% des inscrits. Trois Sas de niveaux ont été ouverts : 1er sas objectif – de 50mn ; 2ème entre 50min et 1h et dernier sas pour les +plus d’une heure. Cette particularité qui se développe de plus en plus sur les grosses courses permet d’éviter les embouteillages dans les parties de parcours les plus étroites. Ici, aucun souci et rapidement avant le premier virage situé au 2ème km, la foule commence doucement à s’effiler.

Pour ma part, je décide de prendre le départ avec quatre de mes collègues avec qui j’ai l’habitude de m’entrainer. Objectif pour quatre d’entre nous : « chatouiller les 50 » quant au 5ème (Max notre champion !) son objectif était très simple : finir 1er de la boite et décrocher les 40 ! (on verra à la fin s’il a réussi…)

Toutes les conditions étaient bonnes et réunies pour faire de ce jour un jour exceptionnel ! Une météo parfaite, une ambiance de folie ! Des gens déguisés et surtout du ROSE du ROSE encore et toujours du rose !

2ème kilo après le premier virage : ça y est la machine est lancée… Je perds deux de mes amis dans la foule mais j’ai toujours en ligne de mire Bruno mon Training Partner ; je sais que je dois m’accrocher à ses pas si je veux réussir mon objectif ! Et lui aussi compte sur moi, car c’est pour lui sa première course !
On se connait très bien et la parole est inutile ; on s’observe mutuellement et on se parle juste du regard et des mains : pouce levé = Ok ! On continue et on ne ralentit pas ! Toujours courir l’un à coté de l’autre mais c’est parfois difficile car notre allure nous oblige à beaucoup doubler.
Notre mot d’ordre était défini avant le départ : on court ensemble mais si l’un des deux craque, l’autre ne l’attend pas sinon les deux ralentiront ! Ce n’est pas très gentil pour celui qui est lâché… mais ayant tous les deux l’esprit ‘’compet’’ c’était acté ainsi ! et ça a payé !!!  A tour de rôle, le lièvre changeait de tête ! 3, 4,5… les kilomètres défilent vite à cette vitesse ! Nous sommes entre 4m45 et 4mn50 au kilo.

Vécu très étonnamment en plein milieu d’une longue artère droite du Bois : un monde fou partout autour de nous, plus d’orchestre, peu de spectateurs et UN seul bruit… : celui des semelles qui claquent sur le bitume !
C’est un bruit que chacun de nous connaît car nous avons tous un jour couru dans un endroit seul sans un bruit à la campagne avec comme seule musique le rythme de nos pas. Hé bien sur un événement comme celui-là, revivre cet instant avec notre rythme multiplié par peut-être 300 paires de chaussures aux alentours est assez épatant…  Moi, ça me fait quelque chose !

Au 6ème kilomètre, ce qui devait arriver, arriva… je perds mon coéquipier à la sortie d’un virage… une épingle à nourrice autour d’un arbre et un mini bouchon me font ralentir quand lui joue des coudes et passe sans encombre…

M…. il s’éloigne et toujours autant de monde. Malheureusement on arrive dans un passage étroit dans les sous-bois. Deux solutions : soit je choisis l’extérieur avec le risque de mettre le pied sur une racine et finir par terre avec une cheville en moins… soit je reste au centre du chemin et je me faufile tant bien que mal sans trop dévier de la ligne verte virtuelle qui désigne dans les marathons le chemin le plus rapide vers l’arrivée. Je choisis la deuxième solution car je DOIS finir cette course et ma saison n’est pas finie non plus !

Résultat : je ne le reverrai qu’après la ligne d’arrivée… Ce n’est pas grave, l’objectif est sur le point d’être atteint car mon chrono continue à me donner des moyennes assez correctes et sauf imprévu gênant ; je risque plus d’approcher les 49 minutes que les 50 !

Donc je profite de l’instant présent ! Courir + soleil + nature = bonheur !

7ème km: je double un papa qui pousse une grosse poussette 4×4 et qui fait tomber le Doudou du gamin juste devant moi !!! J’ai failli trébucher sur un éléphant en plein Bois de Vincennes !!! Qui m’aurait cru ????

8ème km : tiens ? un orchestre champêtre ! Allez ,on applaudit ! Merci les gars !

Autant ça discutait un peu en début de parcours, autant après le 8ème km, c’est d’un calme… ! Nous sommes dans les sous-bois. On entend juste le bruit des pas sur les cailloux et la terre auquel on peut ajouter les soufflements variés. Les 45 minutes ne sont pas loin, et la fatigue ainsi que la chaleur font leur apparition…

9ème km: tiens ? les spectateurs réapparaissent ! J’aperçois la ligne transversale qui nous indique le 9ème kilomètre et je me mets à hurler : « Allez les gars encore un et c’est la fin !!! » j’adore faire ça ! ça booste tout le monde !!!!

47mn30s au chrono… le bip final m’appelle ! J’ai toujours mes jambes, il me reste environ 500 mètres je tente l’accélération… et ça passe ! À ce moment-là je me dis que peut-être je pourrais doubler mon pote sur la ligne avec le sourire en lui tapant dans le dos !? il est où ? il est où ?

10ème et dernier km : Je finis « BIP » et je vois mon pote qui me regarde 20 mètres devant ; il est complètement HS ! Trempé et HS ! Et moi ça va ! pas trempé juste un peu humide, puant… mais HEUREUX !!!!!

Heureux comme tous ces gens qui sont autour de moi, de nous et qui récupèrent,
Heureux comme tous ces enfants coureurs du 1 km qui portaient si fièrement leur médaille,
Heureux comme tous ces spectateurs qui nous applaudissent,
Heureux comme tous ces bénévoles qui ont le sourire en nous offrant nos sacs roses contenant le ravitaillement final,
Heureux comme les organisateurs de cette course qui ont récolté plus de 360 000 € de dons !
Et surtout heureux comme toutes ces femmes qui je l’espère ne seront plus un jour les victimes de cette maladie…
Heureux, heureuses nous l’avons tous été ce dimanche, une très belle course pour une très noble cause.
Nous serons, je l’espère, tous présents et encore plus nombreux l’an prochain pour la 11ème édition d’Odyssea ! Certains pour améliorer encore leur temps et améliorer également notre classement au Challenge entreprises, et TOUS pour participer.

Mes collègues et moi-même, avons tous eu plaisir à courir et certaines aussi à marcher.
Aux organisateurs : vous pouvez compter sur nous pour l’an prochain !

Quant à moi, je rechausse mes Asics dès dimanche matin (le 14 octobre, ndlr) pour prendre le départ de mon 5ème 20 Kilomètres de Paris (voir la présentation de l’événement) ! Avec encore un objectif… passer sous la barre des 1h48 !

Réponse dimanche à 13 heures !
Bien à vous et merci de m’avoir lu jusqu’au bout !

PS : Max a bien fini 1er en 39mn29s !

Par Thierry Petiteau