Au coeur de l’UTMB avec Christian, le 31 Août 2012

Yes, je suis finisher de l'UTMB 2012 !

"Je n'ai plus froid, mon cœur est chaud, mon corps aussi... On oublie tout, c'était merveilleux."

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« Voilà presque trois ans que je me suis lancé dans le Trail, pas spécialement coureur à la base mais avide de moments intenses et de paysages somptueux. Vivant en région parisienne, je n’ai jamais couru de vraies courses de montagne.

J’ai augmenté les distances progressivement et suis entré dans ce monde particulier de l’Ultra où chacun arbore fièrement ses trophées sous la forme de vêtements « Finisher ». J’avais en point de mire cette course mythique : l’UTMB… Et puis, le 20 janvier 2012, j’ai trépigné comme un enfant le jour de Noël apprenant que mon nom avait été tiré au sort !
En arrivant à Chamonix 6 jours avant, accompagné de ma femme et ma fille (rarement avec moi dans mes délires), j’ai tout de suite été dans l’ambiance. Je confirme : Nous sommes bien dans la capitale du Trail : Tout le monde est habillé à l’identique, des boutiques réservées au Traileurs tous les 50 mètres et l’empreinte UTMB ancrée partout dans la commune.
Je me surprends à demander des photos avec ceux ou celles qui me font rêver par des vidéos ou des photos. Toutes ses « stars » du trail, ici, et si accessibles. Ce sont des gens comme nous ! (mais beaucoup plus rapides…)

La course des enfants a aussi permis de voir que tout le monde vit les mêmes choses. Un Seb Chaigneau avec des yeux brillants devant les premiers pas de sa fille et pourtant prêt à partager quelques secondes de son temps… C’est géant !

Voilà… Arrive le jour J…
J’ai suivi la météo depuis le début de la semaine, il a fait pourtant si beau mais le Mont Blanc nous rejette, comme lassé de voir ses dingues courir autour de lui !
Un ami faisant la TDS a énormément souffert mais a fini : un exploit en 2012 sur la TDS. Il me prodigue de précieux conseils notamment sur la tenue à adopter, des astuces de courses, des dangers sur les sentiers alpins.
Si proche de la course, arrive alors le SMS et le Post Facebook : Je ne ferai pas le Tour du Mont Blanc, je resterai en France et je courrai seulement 103 kms… J’ai d’abord senti les larmes monter, le dégoût total, la colère vis à vis de l’organisation. Mais on accepte les règles…
Il n’y aura pas de sac de délestage à Courmayeur, ça modifie quelque peu ma pseudo stratégie de course qui me rassurait tant. La course sera « à l’arrache » mais on est tous dans le même bain.

Bref, 19 heures, le départ !!! La musique de Vangelis, le film du départ, la foule en délire, les coureurs en furie… Tout est lavé… On court…
Jusqu’aux Houches, ça galope très fort, ça part vite. Ce n’est qu’un « 100 bornes », c’est pour ça… Je me laisse aller à courir avec tous ces gens autour de moi qui ne parlent pas français ou peu.
Une montée de piste de ski jusqu’à Delevret, nous rappelle que nous sommes en montagne, tout le monde a calmé ses ardeurs et la nuit tombe… Je suis trempé… Il pleut encore et encore… je commence à avoir froid…

Au passage des Contamines, je décide de mettre en sus mon pantalon étanche : un pantalon bas de gamme que j’ai râlé à acheter (on ne me fera jamais courir avec ça !)… Mon dieu, quel confort de ne plus se mouiller les jambes !! Je veux aussi changer de gants mais la deuxième paire est déjà trempée… Que faire, moi si sensible des mains… Je vais faire la course en gants Mappa ? Et bien oui !!!

Au dessus de la Balme, de la neige, du vent, un froid glacial, les pieds trempés, de la boue jusqu’aux genoux, et des passages plutôt techniques… On avance, donc tout va bien… Mais j’ai froid…
Je n’en reviens pas, j’ai passé les 54 kms en un tout petit peu plus de 9 heures…
Le jour va se lever petit à petit… Je n’ai presque rien vu de la beauté du site moi qui avait tant rêvé en regardant les diverses vidéo… Les cloches des accompagnants, des vaches ou des chèvres seront magiques. De Bellevue, je vais voir le Mont Blanc majestueux à peine entouré de nuages… Moi qui filme à l’habitude mes courses, j’ai trop froid et les chemins sont bien trop glissants… Cette fois, ce ne seront des souvenirs rien qu’à moi.
Une douleur commence à se réveiller au niveau du Tibia gauche, une périostite qui m’oblige à être très prudent en descente…
Je me fais doubler… Sur la dernière partie, je ne fais que marcher, la douleur est trop intense. Je marche un peu avec un coureur qui a le même problème que moi (douleur au genou). Alors il reste trois kilomètres et un de ses copains vient le rejoindre et l’encourager : Pascal Blanc en personne… Je reste avec eux et discute avec ce coureur du Team LAFUMA super sympa…

Ayant prévenu ma femme de mon arrivée, je fais les 100 derniers mètres avec ma fille de 4 ans me tenant la main. Je n’ai plus froid, mon cœur est chaud, mon corps aussi… On oublie tout, c’était merveilleux.
J’ai mis 20h19 pour faire le parcours… je suis content de ma performance… Mais que le niveau est élevé ! Dans les Ultras moins médiatiques que celui ci, on marche parfois vite et ça suffit mais là : Tout le monde court !!! Epuisant… et éprouvant pour nos pauvres jambes.

Après un bon bain chaud, un repas chaud et copieux, la lucidité revient… Je regarde les transmissions de la CCC au Grand Col Ferret, écoute les témoignages des coureurs de la TDS, décompose ma course : l’organisation a vraiment assuré… et les bénévoles : Quelle grandeur d’être restés au froid pour nous satisfaire ! Que ferions-nous sans eux ? Merci !!!

Seuls quelques habitués de la montagne, auraient pu assurer sur tous ses cols à 2500 m et puis, il y avait quand même 65 kms de plus ! Je relativise, le Mont Blanc a déjà tué à plusieurs reprises depuis le début de l’année… Il faut être prudent et relativiser.

Je reviendrai faire le tour une autre année… Comme en 2010, le Mont Blanc nous a fait comprendre que le maître des lieux, c’était lui et personne d’autre !!!

Christian DELAVAULT – TEAM LES GAULOIS – 39 ans – Dossard 3475

1 réaction à cet article

  1. Quel talent !!!
    Encore BRAVO Chris ;-)