Au coeur de l’Aubrac Circus 2012

Avec Jean-François Mathot, dossard 48

Il a pris le départ de l'Aubrac Circus (55 km), le dimanche 24 juin 2012, à Nasbinals en Lozère. Venu de la banlieue lyonnaise, Jean-François Mathot, dit Jeff, nous fait revivre sa course.

Jean François Mathot Aubrac

Samedi 23 juin. Il est 10h40 quand avec Brigitte, mon épouse, nous partons de Caluire (banlieue de Lyon) pour nous rendre à Nasbinals, petit village médiéval de Lozère, et surtout lieu d’un week-end de trail en Aubrac. En effet, l’équipe de Gilles Bertrand (organisateur de la course) nous a concocté un somptueux week-end dans cet océan de verdure, avec pas moins de six courses au programme. Il y en a pour tout le monde. Mon fils Florian aurait d’ailleurs dû nous accompagner puisqu’il était inscrit sur la KD Trail. Mais, opéré des dents de sagesse une semaine auparavant, il n’est pas en état de courir  et est donc resté à la maison. Après une petite pause déjeuner sur une aire d’autoroute, nous arrivons à Nasbinals un peu avant 15h. Je me présente au retrait des dossards. J’ai le numéro 48 et l’organisation nous a gâtés en nous offrant un très beau livre sur l’Ultra. Brigitte récupère un maillot pour Florian, petit souvenir qui récompensera son entraînement. Nous faisons un petit tour du village où il n’y a pas encore beaucoup de monde, puis nous prenons la direction de Marvejols où se situe l’hôtel dans lequel nous allons séjourner quelques heures. Repas sportif (pennes à la bolognaise, salade et tarte aux pommes) à 19h et extinction des feux à 22h.

Dimanche 24 juin. Il est 4h et il est temps de se lever et de se préparer. Je mange un Flapjack Cake et nous quittons l’hôtel à 4h30 pour une petite demi-heure de route jusqu’à Nasbinals. Le départ est prévu à 5h35 précises. Je m’échauffe un peu pendant que le jour se lève. Cette année, c’est cool, on n’aura pas besoin de frontale.

Ma première partie de course jusqu’à St Chely d’Aubrac, premier ravitaillement, est plutôt bonne. J’ai toujours un peu de mal à me mettre en jambes et pourtant je reste avec le groupe de tête pendant environ trois kilomètres. Ensuite, je lâche petit à petit dans le premier raidard et surtout, je ne suis pas très à l’aise lorsqu’il faut courir dans les grands pâturages aux sols instables. Je ne manque d’ailleurs pas de me tordre la cheville dans la toute première descente. On laisse le village d’Aubrac sur notre gauche et je retrouve un bon rythme sur une alternance de pistes larges et de singles plus ou moins caillouteux. J’arrive à St Chely où je suis pointé, aux dires des bénévoles, aux alentours de la 20ème place. Je rempli un bidon et je sors les bâtons pour la section suivante qui présente la majeure partie du dénivelé.

Après une petite et raide portion de bitume pour sortir du village, on attaque cette deuxième section par un petit chemin qui monte régulièrement. J’alterne marche et course avec bâtons. Je sens pourtant que je me désunis un peu, mais j’arrive à gérer ça jusqu’au moment où l’on bascule dans la forêt par une descente assez technique. Au milieu de celle-ci, je m’étale de tout mon long en butant sur une traitresse de racine ! Je me relève, sans mal, et je n’ai rien perdu à part un peu d’amour propre. Mais le coup de moins bien est là et je vais longtemps galérer dans cette interminable forêt, jusqu’à trouver le bas des pistes de ski qui nous amènent au ravitaillement de Brameloup. C’est d’ailleurs presque un soulagement que d’être dans des pourcentages un peu plus fort. Car finalement, je fais une bonne montée avec deux coureurs qui emboîtent mes pas et que je lâche sur le replat et dans la descente qui nous mène à Brameloup et à son ravitaillement. Bien aidé par deux jeunes bénévoles, je remplis mes deux bidons, car pour une fois j’ai bien bu, et je mange une barre en repartant.

Ça monte encore un peu, puis petit à petit la forêt s’éclaircit et les pâturages reprennent le dessus. J’arrive à tenir un rythme régulier et je cours sur cet océan vert le long des clôtures avec de courts passages dans des bosquets. Ensuite, je retrouve une fin de parcours que je connais bien. En effet, après le dernier buron, le faux plat montant le long de la sapinière et après avoir traversé la rivière, arrive la dernière bosse. En haut, il reste environ cinq kilomètres. On rejoint la jonction avec la fin des autres parcours et là, un panneau nous indique « ARRIVEE – 3.5KM ». Après avoir traversé le dernier petit bois, il reste deux kilomètres d’une piste large et roulante, avant de basculer sur le village de Nasbinals et l’arrivée. J’échange quelques mots et une poignée de main amicale avec Gilles Bertrand et je retrouve Brigitte avec quand même l’impression d’être bien claqué.

Je me classe 27ème sur 206 arrivants et 4ème V2 chez les hommes. C’est un résultat plutôt flatteur par rapport aux sensations que j’ai ressenties sur ce parcours. Mais au vu de la forme du moment, je suis finalement satisfait et cela me permet d’effacer mon échec à la Maxi Race d’Annecy. La prochaine course sera l’Ice Trail Tarentaise à Val d’Isère dans trois semaines.

Par Jean-François Mathot

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