Au coeur de la Saintexpress 2012 avec son vainqueur Benoît Holzerny

Une victoire pleinement savourée

Après sa déception des Templiers, il a décidé de s'inscrire sur la Saintexpress. Benoît Holzerny nous fait vivre sa victoire de l'intérieur.

Benoit Holzerny Gendarmes et Voleurs de Temps 2012 Photo V Krieger

59ème édition et près de 12 000 coureurs inscrits sur les différentes courses : mais qu’est ce qui peut attirer tant de monde sur une des plus anciennes courses françaises ? Ma mésaventure des Templiers m’a permis de le découvrir, car il n’était pas prévu initialement que je me rende à la SaintéLyon ou plutôt à la Saintexpress.

Tout commence par un acheminement en car des 2500 concurrents qui s’élanceront à 23h pour les 42km. Et déjà en regardant cette file de véhicules on peut s’imaginer ce que sera le défilé de coureurs équipés de frontales sur les sentiers des Monts du Lyonnais. Avec la « presque pleine lune », la neige tombée dans la semaine rend le paysage féérique, mais le froid et le vent que l’on ressent à la sortie du car nous rappellent à l’ordre ! Fini les rêveries, il faut se changer, s’échauffer, se concentrer, se placer sur la ligne et attendre la délivrance…

Avec quelques minutes de retard, le peloton de lucioles s’élance enfin sur les premières pentes de ce marathon-trail nocturne. Je me cale dans la foulée des premiers en repérant les différentes signalisations que nous allons trouver tout au long du parcours. Après quelques kilomètres seulement nous nous retrouvons à deux. Chacun notre tour nous menons, sans se soucier de ce qui se passe derrière, en évitant les plaques de verglas, les roches enneigées, les flaques de boue qui jalonnent les différentes montées et descentes…

C’est vers le 14ème km  qu’une côte, longue de mille mètres, a été fatale à « ma luciole de compagnie ». En maintenant mon rythme, je pouvais sentir qu’il commençait à faiblir petit à petit. Ne le voyant pas revenir dans la descente suivante, je me relâche intérieurement et me répète : « les balises, attention aux balises !! C’est loin d’être terminé ! »

Les kilomètres défilent, dans le noir de la forêt ou dans la lumière des hameaux. Il est minuit, 1h du matin ou plus mais qu’importe, les jambes avancent toutes seules quel que soit le relief et je ne suis pas pressé que cette aventure se termine. Je savoure ! Je sais qu’au pied de la dernière bosse de 800m et de 20% de pente (qui me rappelle celle de mes entraînements) la ligne d’arrivée ne sera plus très loin. Du moins psychologiquement, car il restera encore 10km ! Une fois cette difficulté franchie, l’ultime descente, celle qui nous mène à Lyon et permet de surplomber la ville, peut commencer. Toujours personne derrière ni dans les rues, sauf quelques individus saouls sortant d’une soirée un peu trop arrosée m’encourageant sans trop bien comprendre ce qu’ils voient.

Puis les quais déjà, le Parc de Gerland et ses magnifiques illuminations, et enfin le Palais des Sports avec son arrivée que je franchis après 3h08 d’effort. Le deuxième arrivera une douzaine de minutes plus tard. Et ainsi de suite jusque dans la matinée et même l’après-midi, puisque les moins rapides mettront près de 15h pour les 70km ! Nuit blanche pour les coureurs mais surtout pour tous les bénévoles qui ont assuré un travail exceptionnel !

Une course dans une ambiance unique, à découvrir !

Par Benoît Holzerny

Pour plus d’informations sur cette édition 2012 : les résultats de la SaintéLyon