Au cœur de la Saintéxpress 2012 avec Pierre, Yannick et Olivier

Les trois collègues sont allés au bout

La nuit, le froid, la neige, font partie du charme de la SaintéLyon. Avec les difficultés que cela implique. Plongée dans cette édition 2012, sur la Saintéxpress avec trois Lyonnais : Pierre, Yannick et Olivier.

Sainté Lyon 2012 Lepape Store

Ils ont tous les trois repris le travail ce lundi matin…  A peine plus de 24 heures après une nuit blanche passée entre Saint-Etienne et Lyon, par au mieux -5°C, à s’accrocher pour relever le défi décidé quelques mois plus tôt : boucler les 42 km de la Saintéxpress.

Ce lundi donc, Pierre, 28 ans, Yannick, 29 ans, et Olivier, 37 ans, avouent ressentir « un petit peu de faiblesse dans les jambes, parce c’est tout de même une épreuve assez traumatisante, notamment au niveau des chevilles, avec des plaques de verglas, de la neige ». Autant dire qu’il a fallu être « vigilants tout le temps. Le fait que ça se passe de nuit fait évidemment partie des attraits de l’épreuve, mais ça demande beaucoup de vigilance, qui plus est dans de telles conditions. C’est très fatigant ».

Pour ces trois collègues qui travaillent tous au Lepape Store de Lyon, cette aventure était une première. Yannick qui  « s’est vraiment mis à la course à pied il y a 6 mois », n’avait même jamais couru plus d’un semi-marathon. « Après le semi de Lyon et un trail de 13 km, c’était ma troisième course ».

Plus que d’une course, les trois sportifs préfèrent d’ailleurs parler d’une « épopée » qu’ils ont préparée en jonglant avec leurs emplois du temps respectifs. Trois à quatre entraînements par semaine, des séances de côtes, de montées de marches, des sorties en nocturne « parce que l’on s’entraînait souvent le soir après le travail ». De l’entraînement, donc, et aussi beaucoup de questions jusqu’au dernier moment quant à l’équipement idéal face à une météo annoncée glaciale. « Quand on a appris qu’il allait faire froid avec de la neige, on n’a pas eu de craintes particulières. Au contraire, ça nous a donné de la motivation, ça a rajouté du piment à l’événement, racontent-ils. Mais on a hésité notamment dans le choix des chaussures et sur le fait de partir avec deux ou trois couches ». Un dilemme auxquels tous les concurrents ont été confrontés, pour n’avoir ni trop froid, ni trop chaud, pendant l’épreuve.

Au final : un collant pour tous (« On ressemblait à des ballerines, on était mignons », blaguent-ils), des chaussures de running mais « avec un bon cramponnage », et trois couches de vêtements. Si Yannick ne se souvient pas « avoir trop souffert du froid », Olivier concède avoir eu froid « surtout sur la fin, parce qu’on a pas mal marché ».

Partis ensemble, les trois collègues se sont séparés à mi parcours. Yannick devant, Pierre et Olivier ensemble, un peu plus loin. « Je n’ai pris aucun plaisir sur la deuxième partie, regrette Yannick. J’aime bien pouvoir accélérer sur les parties roulantes. Là, je n’ai pas pu parce que la première partie m’a cassé les jambes. J’avais des picotements, j’ai fini en serrant les dents ». De leur côté, Pierre et Olivier racontent une fin de course « dans le dur, et un finish au mental ». D’autant que Pierre a souffert des adducteurs après une chute. « La chute en elle-même ne m’a pas fait mal, mais elle a fragilisé un endroit déjà sensible chez moi ». Ses deux compères, eux, ne sont pas tombés dans le parcours, mais se rappellent de « l’hécatombe » autour d’eux. « Même parmi les bons ! Il y a vraiment eu beaucoup de chutes. Mais une bonne ambiance, et des coureurs qui s’aidaient à se relever ».

Avec un peu de recul, les trois finishers (Yannick en à peu près 6 heures et Pierre et Olivier en 6h50 environ), s’accordent sur un point : ils n’étaient pas préparés à un effort aussi long. « On était près psychologiquement pour 5 heures, mais pas plus ». Autre constat pour leur première approche de la SaintéLyon : « On a été parfois surpris du peu d’encadrement. Sans demander évidemment qu’il y ait des personnes sur tout le parcours, on avait parfois l’impression que s’il nous arrivait quelque chose dans de telles conditions, on attendrait longtemps les secours. Mais on tire quand même notre chapeau aux bénévoles qui ont dû souffrir dans le froid ».

Alors que Yannick pense déjà à l’édition 2013 (la 60ème)  – « Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir, je suis revanchard, alors je compte revenir l’an prochain, mais sur 70 km. C’est la suite logique » – Pierre et Olivier, se dirigeront probablement vers un parcours plus trail, et non pas 50/50 comme c’est le cas sur la SaintéLyon. D’ici là, d’un commun accord et dans un franc éclat de rire, les trois compères s’accordent sur leur prochain défi : « Les Fêtes de fin d’année ! ».