Au coeur de la Grande Course des Templiers, le 28 octobre 2012

Les bons souvenirs de Jeff

Pour la douzième année consécutive, Jean-François Mathot a participé au Festival des Templiers, en prenant le départ de la Grande Course ce dimanche 28 octobre. Il nous raconte.

Jean François Mathot Templiers 2012

J’ai découvert cette course en 2001. C’était mon premier trail. L’épreuve se déroulait alors dans le petit village de Nant sur les bords de la Dourbie. C’était la 6ème édition. Depuis, l’organisation a bien grandi et a pris ses quartiers à Millau.

Pour ma part, c’est ma douzième édition de suite. Je ne peux pas concevoir une année de trail sans participer aux Templiers. J’aime ces Grands Causses et l’atmosphère qui se dégage de cette épreuve.

Cette année encore, j’ai la chance d’être dans le premier sas de départ, ce qui me permet d’arriver seulement une vingtaine de minutes avant, et également de m’échauffer un peu. Dans ce sas, je côtoie la crème du trail français et européen. C’est un plaisir et j’ai le sentiment de ne pas être tout à fait à ma place. Le vent est glacial et la température assez basse (-2° avec un ressenti d’environ -7°).

Gilles Bertrand le grand organisateur y va de son petit discours, puis la musique traditionnelle de la course (Ameno, d’Era) et les flambeaux rougeoyants mettent un peu plus d’émotion dans ce départ.

Ca part vite, très vite. Cependant, je me sens bien et je me laisse porter par ce rythme jusqu’à la première côte de Carbassas. C’est la première difficulté (2,695 km pour 473m de dénivelé positif). La marche est de rigueur. Arrivé en haut, je relance sans difficulté, je mets la lampe à pleine puissance et j’y vois comme en plein jour. Les sensations sont excellentes et les jambes tournent bien. Rapidement, j’arrive au premier ravitaillement de Peyreleau (1h56mn). Je fais le plein d’un bidon, range la frontale et sans perdre de temps, j’attaque la deuxième bosse de la journée (4,015 km et 450m de dénivelé positif). Celle-ci ne m’a pas paru très dure, en tout cas beaucoup moins que celle de l’an dernier qui était différente. Je suis toujours dans de très bonnes dispositions, très concentré sur ma prise de boisson (toutes les 10 minutes) et de gel (toutes les 45/50 minutes). C’est déjà le deuxième ravitaillement de Saint André de Vezines (1h10mn et 3h06mn de course) qui se profile. Je refais le plein d’un bidon et je repars sans perdre de temps. Je suis toujours bien en cannes et j’en suis même agréablement surpris.

La troisième ascension est un peu plus raide (1,560 km et 346m de dénivelé positif) et même si elle est moins longue, elle fait plus mal. Et puis, elle se situe au 46ème kilomètre. Juste derrière, c’est le ravitaillement de Pierrefiche (1h40mn et 4h45mn de course). Ca va encore, mais je sens que les jambes se durcissent. La fin est très dure et je me dis qu’il faudra sûrement serrer les dents. En plus de faire le plein habituel, je mange deux petits morceaux de banane car, « avec la banane, jamais en panne » ! Ce n’est pas de moi mais de Laurent Jalabert, l’ancien cycliste professionnel. Il s’en suit un long sentier qui alterne faux plats montants et descendants et qui se révèle au final assez usant. D’autant que l’on attaque une sévère côte, bien pentue et qui va me faire mal aux jambes, avec en plus une petite hypoglycémie à la clé. Avec la fatigue, je me suis un peu déconcentré et j’ai du louper quelques prises de boisson et tarder à prendre un gel, ce qui explique cet état. J’en prends un et j’essaie de gérer du mieux que je peux cette fin de montée. On bascule ensuite dans la descente qui nous amène à Massebiau.

C’est l’avant dernière bosse qui se dresse devant moi. On est au 61ème kilomètre et elle est terrible (2,895 km et 461m de dénivelé positif). Je suis maintenant rentré dans le dur et la fin de l’ascension est usante avec ce passage final dans les entrailles du Causse où c’est presque de l’escalade tant la pente est raide. Malgré tout, une fois arrivé sur le plateau, le quatrième ravitaillement est là. Il s’agit de La Ferme du Cade (2h19mn et 7h05mn de course). Pour moi, c’est le même rituel. Je fais le plein d’un bidon et j’attrape plusieurs morceaux de banane que je mange en repartant. On emprunte alors une piste à profil descendant, puis une descente assez raide avant de tourner sur la droite et d’embrayer sur un sentier plutôt à flanc du Causse et qui m’amène, en alternant marche et course lente, au pied de la dernière difficulté du jour. C’est la montée sur Le Puncho d’Agast. J’ai l’impression d’être sur le nez du Causse et c’est vraiment très raide. Je la passe « à l’arrache ». Je bascule dans une descente glissante et technique jusqu’ à l’entrée de La Grotte du Hibou. A sa sortie, c’est la descente finale sur l’arrivée. Elle est glissante et piégeuse au début, puis on rattrape une piste beaucoup plus roulante avant d’arriver sous la fameuse arche des Templiers.

 

Le bilan de ma couse est plutôt satisfaisant. J’ai eu des jambes de rêve pendant environ 50 kilomètres. La fin de course a bien sûr était plus dure, mais je m’y attendais. Je termine à une honorable 108ème place et je suis 4ème de ma catégorie (HV2), sans regret toutefois car le podium est à 20 minutes. J’ai encore vécu des moments fabuleux avec le public qui nous encourage partout, avec des vues magnifiques sur les différentes vallées que l’on surplombe. Maintenant, il me faut bien récupérer car dimanche prochain je m’envole pour le Népal et le Solukhumbu Trail de Dawa Sherpa.

JEFF