Au coeur de la CCC avec Pierre, le 31 Août 2012

Pierre Alzingre a participé à la CCC 2012. Sensations fortes

Que de souvenirs comme ces incroyables deux mamies de Praz le Fort offrent le thé et café à chacun.

Je ne pensais pas que la CCC allait me procurer autant de sensations fortes, autant que mon UTMB 2008… Avoir fait le grand tour peut laisser croire que le reste est facile.

Erreur. La météo, l’état des chemins, la boue, la pluie ont rendu cette CCC unique. Tout comme la peur d’échouer, après mon échec à l’UTMB 2011…

Avec mes amis Cédric et Patrick, nous sommes arrivés en 18h34, 682e, contents, aux anges, épuisés, mais en à peu près bon état. Ce qui compte finalement le plus.

Les courses de l’UTMB ne sont pas comme les autres. Oui, c’est cher, oui, c’est beaucoup de pub et de marketing, oui c’est des tentes de ravitos trop petits , oui…

Mais c’est unique, autour du Grand Blanc, qui a bien porté son nom. Et ce sont des bénévoles souriants, gentils, organisés, pros.

On s’est régalé. On a changé notre entrainement, qui jusqu’à présent était constitué de courses allant du 25 km en février, pour finir sur des marathons en juillet. Finalement, rien ne vaut un ultra, pour préparer un autre ultra. C’est ce que nous avons fait avec l’Ultrachampsaur début juillet ( 71km, 4000+ ), trail fabuleux pour les paysages et pour la qualité d’organisation. Puis en sortant 4 fois semaine, avec des côtes au menu (3 fois 150 à 200+ par sorties d’une heure ) et une longue avec 500+ .

C’est donc bien dans notre tête que nous avons entamé la première ascension sur Bertone, la Tête de Tronche ayant été retirée pour cause de météo. Le Grand Ferret n’est finalement pas très méchant, la descente vers la Fouly sensas, et la remontée vers Champex humide…c’est le moins que l’on puisse dire.

Une autre clé de notre course : nos suiveurs, dévoués, admirables à nous entendre sous l’eau, et nous permettant des changements intégraux à la Fouly, Champex, puis par surprise à Trient.

La cerise de la course sera la tempête de neige en haut de Bovine, qui fait oublier que cette montée reste redoutable, encore plus avec cette boue que nous avons eue. J’ai des souvenirs de frontale éclairant des sapins chargés de neige fraiche, des murs de blanche…géant !

Nous avons mis le turbo en montant Catogne, revigorés par nos vêtements secs. Et descendus en équilibristes les pistes de Vallorcine. Rejoindre l’arrivée a été long, surtout sans passer par Tête au Vent, le plat pays d’Argentière , et de nuit, c’était plutôt très long…

Je ne sais pas d’où sortaient encore tous ces gens à Chamonix, cette savoyarde avec sa lampe à 3 km de l’arrivée  (et à 3 h du matin) qui encourage tous les coureurs, comme les deux mamies de Praz le Fort qui offrent le thé et café à chacun.

L’énormité de l’organisation n’enlève rien à l’exploit individuel qu’il faut produire pour rester lucide sur cette course hors norme. Un œil dedans, un œil dehors, pour tout écouter, tout voir, et tout prévoir…sauf  les bas de contentions qui provoquent une tendinite aux extenseurs, et qui me rendent forcément la fin plus dure…

Les courses de l’UTMB et ses 73 nationalités , sa couverture média, son retentissement provoquent encore plus d’émotions au kilomètre que les autres courses. A faire, au moins une fois…pour y prendre goût…

Sportivement, et passionnément,

Pierre